Un enterrement et quatre saisons, Nathalie Prince

Quand on a tout construit ensemble, quand tout vous a liés, quand on a cherché à ce point la joie et l’exclusivité amoureuse, comment continuer après la disparition de l’homme de sa vie ? Sur quatre saisons, le deuil s’apprivoise à travers les petites et les grandes ironies de la vie. Ce sont ces infimes détails qui nous poussent à aller de l’avant.
Avec un ton mordant et un humour noir, Nathalie Prince nous fait rire de ce qu’elle traverse et partage sans ménagement le regard qu’elle pose sur les êtres et les choses. Pour le meilleur et pour le pire.

Je remercie les éditions Flammarion pour l’envoi de ce livre.

Lorsqu’on m’a proposé de découvrir Un enterrement et quatre saisons, j’ai un peu hésité car ce n’est pas un style que j’ai l’habitude de lire. Et puis je me suis dis que c’était l’occasion de sortir de ma zone de confort.

Surtout, je trouve que le thème du deuil est important en littérature, même s’il peut paraître rebutant [je lui avais d’ailleurs dédié un A la recherche…]. On est tous confronté à cette épreuve et je pense qu’on peut trouver du soutien dans un roman ou un témoignage abordant ce sujet. Surtout, parler du deuil est souvent l’occasion de célébrer l’amour et la vie.

J’étais assez curieuse de voir quel traitement Nathalie Prince allait en faire, puisque la quatrième de couverture mettait en avant l’humour – étonnant !

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Une terre promise, Barack Obama

C’est la première fois que je lis les mémoires d’un homme politique. Je me suis laissée tenter par celles de Barack Obama surtout en raison de sa personnalité et de la particularité de sa présidence qui a soulevé tant d’enthousiasme.

J’avais peur que ce soit aride, et j’ai été agréablement surprise par le style, plaisant à lire, et le mélange d’anecdotes, parfois drôles, et d’analyse politique.

Il se dégage de ses mots une grande humanité, ainsi qu’une certaine humilité. On sent que c’est un homme de convictions qui veut sincèrement œuvrer pour rendre la vie des gens meilleure. Loin de se mettre constamment sur le devant de la scène, il rend beaucoup hommage à ses équipes et à l’engagement de toutes les personnes qui l’ont accompagné pendant la campagne et après, en particulier ses proches conseillers qui ont mis de côté leur vie personnelle pour servir à ses côtés, mais aussi tous les agents qui font tourner la machine de l’Etat.

On retrouve ce trait de sa personnalité dans sa volonté de garder le contact avec le terrain et sa crainte que la présidence, isolée dans les hautes sphères, ne l’amène à perdre de vue les réalités quotidiennes des gens. Il a ainsi pris l’habitude de lire chaque jour quelques lettres de citoyens ordinaires (Fayard en a fait un livre, qui m’attend dans ma PAL), une façon de mesurer l’impact de ses décisions et de prendre le pouls de la population. Il se faisait aussi un devoir de rendre des visites régulières aux militaires blessés, afin de garder conscience du coût de la guerre et des répercussions des opérations qu’il serait amené à engager. Cette volonté de garder les pieds sur terre est aussi valable pour l’éducation de ses filles, puisque qu’avec Michelle ils ont tout fait pour qu’elles aient un cadre de vie le plus normal possible, ne voulant pas les élever comme des privilégiées.

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Le Consentement, Vanessa Springora

J’ai lu Le consentement il y a quelques mois, peu de temps après sa sortie. Je n’avais pas encore eu le temps de vous en parler ici, mais même si l’emballement médiatique autour de Gabriel Matzneff s’est tassé, je tenais à revenir sur cette lecture.

Je me souviens avoir vu le passage de Vanessa Springora dans Quotidien et avoir été marquée par son témoignage particulièrement révoltant et fort en émotion. On était encore aux débuts de la médiatisation de l’affaire, et l’autrice sortait pour la première fois du silence pour évoquer son vécu derrière le livre. C’est à ce moment que je me suis dit qu’il fallait que je le lise.

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La véritable histoire de Moby Dick, Nathaniel Philbrick

couv26658102.jpg Le 20 novembre 1820, le baleinier Essex est coulé par un immense cachalot. Pendant dix-huit semaines, à bord de trois petites embarcations, avec des instruments de navigation rudimentaires, un minimum de vivres et d’eau, vingt hommes vont errer, souffrir et mourir, à la dérive sur l’océan Pacifique. Cette histoire a secoué l’Amérique de l’époque et a surtout inspiré l’un des plus grands chefs-d’œuvre de la littérature mondiale : Moby Dick d’Herman Melville. 

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Vous le savez peut-être (ou pas), je m’intéresse au mythe de Moby Dick. Une fascination qui remonte peut-être au dessin-animé, Moby Dick et le secret de Mü ? (les vrais s’en souviendront 😉 ). Pourtant, j’avais eu du mal avec le Moby Dick d’Herman Melville, peu digeste et très scientifique. J’avais été déçue de voir si peu apparaitre le fameux cachalot (la rencontre entre le bateau du capitaine Achab et le Moby Dick n’ayant lieu que sur quelques pages à la fin). C’est le film Au cœur de l’océan qui a relancé mon intérêt pour cette histoire, lui-même inspiré du livre de Nathaniel Phillbrick, que je me devais donc absolument de lire.

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Journal d’un vampire en pyjama, Mathias Malzieu

couv25880087.jpg Ce livre est le vaisseau spécial que j’ai dû me confectionner pour survivre à ma propre guerre des étoiles. Panne sèche de moelle osseuse. Bug biologique, risque de crash imminent. Quand la réalité dépasse la (science-) fiction, cela donne des rencontres fantastiques, des déceptions intersidérales et des révélations éblouissantes. Une histoire d’amour aussi. Ce journal est un duel de western avec moi-même où je n’ai rien eu à inventer. Si ce n’est le moyen de plonger en apnée dans les profondeurs de mon cœur. 

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De Mathias Malzieu, j’avais presque tout lu : son premier, La Mécanique du cœur, une révélation, d’ailleurs vendue à plus d’un million d’exemplaires ; Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi, plus grave car sur le deuil de sa mère, le deuxième roman chroniqué sur le blog ; puis, de retour dans une légèreté poétique, Le plus petit baiser jamais recensé. Il ne me restait que le dernier, sans doute le plus intime, Journal d’un vampire en pyjama.

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Anatomie d’un soldat, Harry Parker

Je suis de retour sur la blogo ! J’avais lâché un peu le blog ces derniers temps, prise par les révisions. Mais ça commençait à sérieusement me manquer et je suis contente de vous retrouver pour une nouvelle chronique !

parker-h-anatomie-dun-soldatLe jeune capitaine britannique Tom Barnes est envoyé en mission dans une zone de conflit. Au retour d’une patrouille nocturne, il marche sur un engin explosif improvisé et est immédiatement rapatrié en Angleterre. Débute alors un autre combat tant psychologique que physique durant lequel le héros va parvenir à surmonter « ce à quoi l’on ne pouvait survivre » grâce à l’aide non seulement des médecins, mais aussi de sa famille ainsi que de l’être aimé.

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Anatomie d’un soldat relate l’histoire du capitaine britannique Tom Barnes qui perd ses deux jambes en sautant sur un engin explosif improvisé lors d’une mission. La grande originalité du roman est qu’il est raconté à chaque chapitre par des objets : instruments médicaux, matériel militaire, vélo, baskets, sac…

Certes, le point de vue des objets et la construction éclatée du roman sont perturbants et il faut le temps au lecteur pour s’y faire. J’ai eu parfois du mal à m’y retrouver, à identifier précisément l’objet dont il était question ou la chronologie des évènements. D’ailleurs, tous les chapitres ne m’ont pas captivée. Mais contrairement à ce que l’on pourrait craindre, le récit est loin d’être neutre ni dénué de sentiments. En exposant les faits, les objets apportent une certaine distance qui rend l’histoire d’autant plus bouleversante, car ils nous décrivent la scène de l’extérieure comme si l’on y assistait. De plus, pour ne pas  tomber dans la froide objectivité, l’auteur a eu la bonne idée d’introduire beaucoup de dialogues et de faire dépeindre les pensées du personnage par ces objets qui l’accompagnent dans son quotidien de soldat et sa reconstruction. On le suit ainsi dans l’intimité de son vécu et de sa souffrance.

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Quatre lectures sur le terrorisme

Aujourd’hui, je vous retrouve avec un ensemble de mini-chroniques un peu particulières. Parmi la sélection du Prix des chroniqueurs Web se trouvaient deux romans ayant pour thème les attentats et le djihadisme. J’ai lu le premier en novembre mais je ne l’avais pas chroniqué, faute de matière suffisante. A la lecture du deuxième, je me suis dit que ce serait bien de les regrouper pour vous faire un article thématique. J’ai donc complété ces lectures par deux autres, et me voilà !

couv21139034A la place du cœur, Arnaud Cathrine

Depuis que la France est frappée par le terrorisme, beaucoup de romans, en particulier jeunesse, se sont emparés du sujet. A la place du cœur en fait partie. On suit Côme et ses amis à la période des premiers émois adolescents et du choix de l’orientation en Terminale. L’attentat de Charlie Hebdo puis de l’Hypercacher vont provoquer de nouveaux bouleversements à gérer. Le roman m’a ému en me replongeant dans les jours suivant les attentats de janvier 2015. J’y ai retrouvé mes réactions et sentiments, le choc, les craintes pour l’avenir et la situation de notre pays, tout comme l’envie de se mobiliser lors des rassemblements qui ont suivi. J’ai par contre beaucoup moins accroché à l’histoire d’amour naissante entre les deux ados et le contexte lycéen. Le côté « jeunesse » m’a empêché de l’apprécier pleinement. Quoi qu’il en soit, il me semble important que la littérature puisse, à son niveau, aider les jeunesse à affronter ce traumatisme.

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L’homme qui murmurait à l’oreille des éléphants, Lawrence Anthony

couv61674392.gifLorsque l’on demanda à Lawrence Anthony, grand défenseur de la nature, de recueillir un troupeau d’éléphants sauvages et traumatisés dans sa réserve de Thula Thula en Afrique du Sud, son bon sens l’incita tout d’abord à refuser. Quand il sut que les éléphants seraient abattus s’il ne changeait pas d’avis, il décida finalement de les sauver. Au cours des années qui suivirent, Lawrence Anthony devint petit à petit un membre de leur famille, créant des liens inaliénables avec les membres du troupeau. Il comprit alors que ces créatures exceptionnelles avaient beaucoup à lui apprendre sur la vie, la loyauté et la liberté. 

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Ma lecture de La tristesse des éléphants, a éveillé mon intérêt pour ces grands mammifères et j’ai eu envie d’en savoir plus. Mon choix s’est porté sur le livre d’Anthony Lawrence parmi la liste de sources indiquées par Jodi Picoult. Il n’est malheureusement plus édité mais j’ai pu me le procurer à la bibliothèque.

Lawrence Anthony est connu pour son engagement envers les animaux. Après son opération au zoo de Bagdad, c’est une nouvelle fois son expérience personnelle qu’il nous raconte dans L’homme qui murmurait à l’oreille des éléphants. Et quelle histoire !

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La vie selon Juan Salvador, palmipède d’Uruguay, de Tom Michell

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En 1975, Tom Michell, un jeune Anglais, décide de prendre un aller simple pour l’Argentine et trouve une place confortable en tant qu’enseignant dans une école huppée. A lui le changement de vie, les voyages, et la découverte de l’Amérique du Sud. Alors que ses vacances en Uruguay s’achèvent, il secourt un manchot piégé dans une nappe de pétrole sur une plage. Cette rencontre inattendue est le début d’une longue amitié avec celui qu’il baptise Juan Salvador.

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Voilà un livre plutôt inhabituel que mon chéri m’a offert pour Noël et que je me suis empressée de découvrir. Avant toute chose, je dois dire que j’ai totalement flashé sur cette magnifique couverture : elle justifie presque à elle seule d’acheter le roman ! Il faut croire que Monsieur me connait bien car j’ai été charmée par l’histoire originale d’un manchot particulièrement attachant.

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