Brexit Romance, Clémentine Beauvais

Me revoilà, entre deux bilans, pour vous poster une chronique. Aujourd’hui, je veux vous parler de Brexit Romance, une de mes meilleures lectures du printemps.

Juillet 2017 : un an que  » Brexit means Brexit  » ! Ce qui n’empêche pas la rêveuse Marguerite Fiorel, 17 ans, jeune soprano française, de venir à Londres par l’Eurostar, pour chanter dans Les Noces de Figaro ! À ses côtés, son cher professeur, Pierre Kamenev. Leur chemin croise celui d’un flamboyant lord anglais, Cosmo Carraway, et de l’électrique Justine Dodgson, créatrice d’une start-up secrète, BREXIT ROMANCE. Son but ? Organiser des mariages blancs entre Français et Anglais… pour leur faire obtenir le passeport européen. Mais pas facile d’arranger ce genre d’alliances sans se faire des noeuds au cerveau ¿ et au coeur !

Une comédie romantique politique, c’est une première ! Mais c’est bien ce dont il s’agit : de l’humour, de l’amour et tout de même un sujet de fond résolument politique, résolument d’actualité (même si je l’ai lu bien après). Le résumé m’a tout de suite intrigué, et je ne m’y suis pas trompée, car Clémentine Beauvais réussit son pari d’une main de maître.

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Je suis ton soleil, Marie Pavlenko

Je reviens enfin pour une chronique, ça fait plaisir ! (et j’espère qu’à vous aussi !). Aujourd’hui, je viens vous parler de Je suis ton soleil, le fameux roman de Marie Pavlenko sorti en 2017.

Déborah démarre son année de terminale sans une paire de chaussures, rapport à Isidore le chien-clochard qui s’acharne à les dévorer. Mais ce n’est pas le pire, non.
Le pire, est-ce sa mère qui se met à découper frénétiquement des magazines ou son père au bras d’une inconnue aux longs cheveux bouclés?
Le bac est en ligne de mire, et il va falloir de l’aide, des amis, du courage et beaucoup d’humour à Déborah pour percer les nuages, comme un soleil.

Je poursuis ma découverte des romans de Marie Pavlenko après mon grand coup de cœur pour Un si petit oiseau. Si il n’a pas égalé ce dernier dans mon cœur, j’ai quand même aimé retrouver la plume et l’univers de l’auteure.

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Swimming-pool, Sarah Crossan

Kasienka vient d’arriver en Angleterre avec sa mère. Elle qui n’a jamais connu que la Pologne fait sa rentrée dans un pays qui n’est pas le sien, avec des gens qu’elle ne connaît pas, dans une langue qu’elle maîtrise mal. Et le soir venu, de quartier en quartier, elle cherche son père, qui a quitté le domicile familial sans laisser d’adresse. Bref, ce pays est gris, humide, et parfois assez inhospitalier. Heureusement, il y a la piscine, il y a l’eau. Et dans l’équipe de natation, il y a William…


Je n’avais pas relu Sarah Crossan depuis mon immense coup de cœur pour Inséparables il y a quelques années. Je ne sais pas pourquoi j’ai mis si longtemps à la retrouver alors que je savais pertinemment que serais conquise !

Finalement, il aura fallu la guerre en Ukraine et la médiatisation de ces milliers de déplacés et de réfugiés, et comme l’envie de trouver écho dans mes lectures aux questions de migrations.

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Nous les déviants, C.J. Skuse

Quand Ella Newhall avait seize ans, elle appartenait à une bande qui s’était donné le nom des « Cinq sans peur ». Max, Corey, Fallon, Zane et elle passaient leurs vacances à faire du vélo, explorer l’île de la baie et frissonner en écoutant les histoires terrifiantes que leur racontait Jessica, la sœur aînée de Max. Ils ne le savaient pas, mais c’était la plus belle époque de leur vie. Et puis Jessica est morte, renversée par un bus qui roulait trop vite. Quatre ans plus tard, Max est devenu un fils à papa fainéant et camé. Corey déprime dans son coin, prisonnier de ses pensées morbides. Fallon est enceinte de huit mois, à la suite d’une aventure d’un soir. Et Zane est devenu le voyou du coin. Ella, à présent plus connue sous le surnom « le Volcan », poursuit sous les encouragements de la presse locale le rêve d’une médaille olympique sur les pistes de course.

Je n’ai pas pour habitude de parler de l’éditeur dans mes chroniques, mais ici je trouve qu’il s’agit d’un marqueur déterminant de ce que vous allez trouver dans ce roman.

Il y a quelques années, j’avais entendu parler des éditions La Belle Colère, qui avaient piqué ma curiosité. Label éditorial spécialisé dans la littérature adulte dont les héros sont des adolescents, ils ont publié une quinzaine de titres entre 2014 et 2020. D’ailleurs, je crois qu’il n’existe plus aujourd’hui. Reconnaissable à leur couverture grise sur laquelle se détache le titre dans une police particulière, c’est surtout leurs thématiques fortes, souvent dures, qui les caractérisent. La présentation par l’éditeur lui-même est particulièrement éclairante : La belle colère c’est des romans peuplés d’ados, bruts, pleins de bruit, de fureur, de tensions sexuelles, de questions, de vertiges, de non-dits, de peurs et de folies, sur le fil, des livres qui luttent contre le blizzard. L’adolescence est un âge de bruit et de fureur, de violence et de sexe, d’exaltation et de dépression, d’amour et de colère. 

Vous verrez que Nous les déviants répond tout à fait à cette définition.

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Winterwood, Shea Ernshaw

Je reviens pour vous parler de Winterwood, un roman fantasy young adult. J’en avais peu entendu parler, je l’ai surtout choisi pour son ambiance hivernale. Et en effet, il est parfait pour la saison !

Certains disent que les Wicker Woods sont magiques. Hantés, mêmes.
Nora Walker, héritière d’une longue lignée de sorcière, sait à quoi s’en tenir  : toutes les femmes de sa famille partagent un lien particulier avec la forêt. Et c’est ce lien qui met Oliver Huntsman sur sa route. Oliver qui a disparu du Camp de Redressement il y a plusieurs semaines, en pleine tempête, et qui devrait être mort. Elle comprend qu’il ache un secret. Oliver, de son côté, est prêt à tout pour ne pas se souvenir. Car il n’est pas le seul à avoir disparu cette nuit-là…

Nora Walker vit seule au cœur de la forêt, comme toutes les femmes de sa famille avant elle. Les nuits de pleine lune, elle s’aventure dans les Wicker Woods, des bois que l’on dit hantés, maléfiques, pour y récupérer des objets perdus. Mais une nuit, ce n’est pas un objet mais un garçon qu’elle trouve, inconscient, gelé. Il s’agit d’Oliver, un garçon du camp de redressement qui a disparu il y a quelques semaines. Elle le ramène chez elle pour le mettre à l’abri et tente de percer le mystère de sa disparition…

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Un si petit oiseau, Marie Pavlenko

C’est le premier roman que je lis de Marie Pavlenko, une auteure française reconnue en littérature jeunesse/ado, notamment depuis Je suis ton soleil.

Après un accident de voiture qui l’a laissée meurtrie, Abigail rentre chez elle. Elle ne voit plus personne. Son corps mutilé bouleverse son quotidien, sa vie d’avant lui est insupportable. Comment se définir quand on a perdu ses repères, qu’on ne sait plus qui on est, que la douleur est toujours embusquée, prête à exploser ? Grâce à l’amour des siens. Grâce aux livres. Grâce à la nature, au rire, aux oiseaux. Avec beaucoup de patience, peu à peu, Abi va réapprendre à vivre.

Outre sa jolie couverture verte, j’ai choisi Un si petit oiseau en raison de la thématique du handicap, assez rarement abordée en littérature ado (ou adulte d’ailleurs).

Agée de 20 ans, Abi a été victime d’un accident de voiture qui lui a fait perdre un bras. Elle partage ses angoisses, sa colère, sa frustration, sa peur du regard des autres, ses difficultés à effectuer des gestes de la vie quotidienne. A un âge où les jeunes sortent, s’amusent et préparent leurs études supérieures, l’accident a remis en cause toutes les certitudes et les projets d’avenir d’Abi. Elle n’arrive plus à se projeter et s’enferme dans sa solitude, pleine de dégoût d’elle-même, submergée par le sentiment d’être hors course.

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Les mille visages de notre histoire, Jennifer Niven

couv54345167 Tout le monde croit connaître Libby Groby, pourtant, personne ne s’est jamais intéressé qu’à son obésité. Elle a longtemps vécu recluse dans sa chambre, cachant son corps et ses angoisses. Cette année, sa vie peut changer : Libby s’est inscrite au lycée.
Tout le monde croit connaître Jack Masselin : étudiant rebelle, sexy… aux réactions imprévisibles. Sous son arrogance, Jack a enfoui un secret douloureux.

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Je suis heureuse de vous retrouver pour une chronique Young adult. ça fait du bien, entre des classiques et des drames !

Malheureusement, je dois avouer que j’ai un avis assez mitigé sur Les milles visages de notre histoire. Je crois simplement que j’ai été déçue après tous les avis très positifs que j’avais entendus. Je n’ai pas lu Tous nos jours parfaits, premier best-seller de l’auteur, mais pour celui-là, je m’attendais à mieux.

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Les optimistes meurent en premier, Susin Nielsen

couv24297560 Depuis la tragédie qui a anéanti sa famille, Petula a de nombreuses phobies, et prétend qu’une prudence et un hygiène extrêmes lui permettront de parer à la moindre catastrophe. Mais est-ce bien réaliste ?… Au lycée, contrainte et forcée, elle fait partie d’un atelier d’art-thérapie. Les adolescents « à problèmes » qui y assistent se supportent tout juste. Arrive Jacob, « l’homme bionique. Appareillé depuis qu’il a perdu son avant-bras, le jeune homme, grand cinéphile, est aussi moqueur qu’attentif aux autres…

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Seulement 19 chroniques sur Livraddict pour Les optimistes meurent en premier, ce n’est clairement pas possible ! Je compte sur vous pour vous précipitez en librairie à la fin de cet article et changer ça !!!

Cela dit, je suis prête à vous pardonner. Ce roman ne m’inspirait pas non plus des masses lorsque je l’ai vu passer en librairie. Cela vient peut-être du titre, qui est volontairement provoquant ? Quoi qu’il en soit, on aurait tort de s’arrêter à ça. C’est ainsi que j’ai commencé ma lecture sans n’avoir aucune idée de quoi il parlait, grâce au Prix littéraire des chroniqueurs du Web.

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La fourmi rouge, Emilie Chazerand

couv2786783.jpg Vania Strudel a 15 ans, un œil qui part en vrille et une vie qui prend à peu près la même direction. Et ce, à cause de :
– Sa mère, qui est morte quand elle avait huit ans.
– Son père, un taxidermiste farfelu.
– Pierre-Rachid, son pote de toujours, qui risque de ne plus le rester…
– Son ennemie jurée, Charlotte Kramer, la star du lycée.
– Sa rentrée en Seconde, proprement catastrophique.

Pour Vania, c’est clair : l’existence est une succession de vacheries, et elle est condamnée à n’être personne. Une fourmi parmi d’autres. Mais un soir, elle reçoit un mail anonyme, qui lui explique en détail que non, elle n’est pas une banale fourmi noire sans apérités. Elle serait même plutôt du genre fourmi rouge.

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La Fourmi rouge, c’est la preuve que la littérature jeunesse est de qualité et que le young adult n’est pas que normé, n’est pas que dystopie ou romance pleine de stéréotypes. Ce roman a été un vrai coup de cœur. J’aurais adoré le découvrir en tant qu’adolescente. Mais même adulte, maintenant que j’ai un regard un peu différent sur la vie et d’autres préoccupations, Emilie Chazerand a su me faire rire et me toucher par l’histoire de Vania.

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54 minutes, Marieke Nijkamp

couv73025086Opportunity School, Alabama. Les élèves sont réunis pour écouter leur directrice. Mais lorsque le discours s’achève, l’un d’entre eux, Tyler Browne, verrouille les portes et tire sur la foule. Commencent alors cinquante-quatre minutes de massacre, cinquante-quatre minutes glaçantes racontées dans les messages des victimes à leurs proches et par quatre élèves, à l’intérieur et à l’extérieur de la salle. Tous ont un lien avec Tyler : Claire, son ex-petite amie, Autumn, sa propre sœur, Sylvia, la petite amie d’Autumn et le frère de celle-ci, Thomas.

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J’avais repéré 54 minutes depuis sa sortie. Il faut dire que le roman s’annonçait choc. Marieke Nijkamp nous propose de passer 54 minutes dans la peau d’une victime d’une fusillade. 54 minutes coincés dans un amphithéâtre avec un tireur prêt à en finir.

Je crois que c’est la première fois que j’entends parler d’un roman young adult qui aborde ce sujet. Et en effet, l’exercice n’est pas facile, car c’est un thème sensible, dur, qui peut marquer les plus jeunes. Et pourtant, il est à mon sens nécessaire que la littérature adolescente s’en empare, de la même manière qu’en France il fallait parler des attentats. L’actualité de ces dernières années nous a démontré que ce genre d’évènements tragiques n’est pas « rare ». On ne compte plus le nombre de fusillades de masse aux Etats-Unis, dont un certain nombre se déroule dans des lycées, des universités ou des écoles. 54 minutes est donc un livre important, surtout dans le contexte américain, et il tient un rôle – presque pédagogique – qu’il faut défendre, même si je lui ai trouvé quelques défauts.

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