Persuasion, Jane Austen

On parle beaucoup de Persuasion en ce moment, avec la sortie de la nouvelle série Netflix. Il se trouve que j’avais justement prévu de lire le roman de Jane Austen cet été. J’avais l’intention d’enchaîner avec l’adaptation, mais je vous avoue que la bande-annonce m’a fait un peu peur ! (je crains un massacre de l’œuvre originale…)

Anne, une jeune aristocrate, a repoussé les avances de Frederick, un officier de marine qu’elle ne jugeait pas de sa condition.

Huit ans plus tard, sa famille connaît des revers de fortune.

Son père décide alors de louer le château familial à l’amiral Croft, qui n’est autre que le beau-frère de Frederick. Celui-ci, devenu riche, a conservé la conviction que la jeune Anne manquait de caractère et se laissait trop aisément persuader.

S’il sera question de mariage comme dans tous les romans de Jane Austen, Persuasion présente l’originalité de mettre l’accent sur les regrets d’une jeune fille, Anne, qui s’est laissée convaincre de renoncer à son amour de jeunesse. A l’époque, en effet, son entourage jugeait que Frédérick Wentworth, un officier de marine pauvre et sans titre, ne représentait pas un assez bon parti pour elle.

Des années plus tard, leurs chemins vont se recroiser alors que Wentworth est de retour en Angleterre. Devenu capitaine, ayant acquis une belle renommée et une certaine fortune, ce dernier cherche à s’installer et à se marier.

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Un lieu à soi, Virginia Woolf

On ne présente plus cet essai de Virginia Woolf, qui est devenu un incontournable des bibliothèques féministes. Cela faisait longtemps que je voulais le lire à mon tour !

Pourquoi Hamlet n’a-t-il pas été écrit par une femme? À cette question, faussement naïve et vraiment provocante en 1929, Woolf répond : car une femme n’aurait pas eu «un lieu à elle» pour écrire. De quel lieu s’agit-il? Espace concret de la pièce de travail où s’isoler ; espace temporel où les femmes sont libérées des tâches domestiques ; espace mental où elles sont libres de penser. Espace de liberté économique, aussi, qui leur permette de s’assumer seules. C’est enfin l’espace qui reste à créer dans la tête des hommes (et des femmes) pour admettre que oui, les femmes peuvent travailler, penser et écrire à l’égal des hommes.

Je ressors mitigée de ma lecture, sans doute parce que j’en avais entendu trop d’éloges.

Bien sûr, je ne peux que reconnaître la pertinence et la modernité du propos pour l’époque, mais je n’y ai trouvé rien de révolutionnaire. En bref, les réflexions de Virginia Woolf m’ont semblée justes mais assez évidentes pour un lecteur du XXIème siècle. On conçoit aisément qu' »une femme [doive] avoir de l’argent et un lieu à elle pour écrire de la fiction ».

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Les classiques que j’aimerais découvrir en 2022

Il y a quelques semaines, je faisais le bilan de mon challenge/résolution de lire plus de classiques. J’ai décidé de poursuivre l’expérience cette année en me concoctant un nouveau programme de lecture.

Voici ma sélection de classiques pour 2022 !

[Comme l’année dernière, j’ai volontairement sélectionné un grand nombre de titres, probablement plus que je ne pourrai en lire, pour pouvoir y piocher selon mes envies au fil des mois.]

Au printemps

Avec le printemps vient l’envie de grand air et de voyage… Une saison parfaite pour se lancer dans le célèbre roman de Jack Kerouac, Sur la route.

Une chambre à soi (ou Un lieu à soi selon les éditions) est un classique de la littérature féministe que l’on ne présente plus.

On m’a offert 1984 à Noël, il est donc temps pour moi de me replonger dans les classiques de la science-fiction !

J’avais lu il y a quelques années Loin de la foule déchaînée, j’ai bien envie de poursuivre ma découverte de l’auteur avec Tess d’Uberville.

Je termine par Le temps de l’innocence, que j’ai en réalité déjà lu à l’heure où j’écris ces lignes. Si j’étais curieuse de découvrir la littérature américaine féminine du début du XXème siècle, je n’ai pas été totalement convaincue par le sujet.

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En 2021 je lis des classiques – Bilan

L’année dernière, je prenais la résolution de lire davantage de classiques. Pour m’y aider, je m’étais concoctée un programme de lectures, avec l’idée d’en lire 1 ou 2 par mois.

Il est temps de faire le bilan de ce « challenge » !

Mes lectures classiques de 2021

En 2021, j’ai lu 9 classiques parmi ce programme (en trichant un peu avec Northanger Abbey que j’ai lu début 2022).

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Northanger Abbey, Jane Austen

On se retrouve aujourd’hui avec un classique signé de la seule et l’unique, Jane Austen.

À dix-sept ans, Catherine Morland est férue de romans gothiques. Lors d’un voyage à Bath, elle fait la rencontre de Henry Tilney et de sa famille qui l’invitent à séjourner dans leur mystérieux manoir. L’imagination débordante de la jeune fille va la mener au-delà de ses rêves en la guidant vers l’âge adulte et l’amour…

Bien qu’Orgueil et préjugés fasse partie de mes incontournables, il y avait bien longtemps que je ne m’étais pas plongée dans un roman de Jane Austen.

Northanger Abbey est très différent des autres romans de l’auteure, dans le style, le ton employé et la teneur du récit.

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Les quatre filles du docteur March, Louisa May Alcott

Dans une petite ville du Massachussetts, durant la guerre de Sécession, une famille modeste, quatre jeunes sœurs et leur mère, guette avec inquiétude chaque lettre du père parti au front. Mais rien ne peut arrêter la jeunesse, et la vie continue à façonner les destinées de Meg, l’aînée pragmatique et conformiste, Amy la frivole, Jo, la romancière en herbe et féministe avant l’heure, et la douce Beth, à la santé fragile. De l’enfance à l’âge adulte, confrontées à la découverte de soi, elles partagent une joie de vivre débordante apprenant la sororité, l’amitié mais aussi le sacrifice. Ensemble, ces quatre adolescentes impétueuses sauront réclamer à ce monde bien plus qu’il ne semble pouvoir leur offrir.

Heureusement que Gallmeister est là pour rééditer des classiques américains, qui n’étaient disponibles en français que dans des éditions abrégées pour la jeunesse. Car Les quatre filles du docteur March est bien plus qu’un livre à destination des jeunes filles.

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La pierre de lune, Wilkie Collins

Le mois dernier, j’ai dévoré La pierre de lune et ses quelques 600 pages. Il faisait partie de ma liste de classiques à lire en 2021, car je voulais absolument découvrir le fameux Wilkie Collins. Autant vous dire que je vais de ce pas ajouter une autre de ses œuvres pour mon programme de 2022 !

Je ne regrette pas mon choix car j’ai été très agréablement surprise par la modernité, le dynamisme et finalement la facilité d’accès de ce classique.

Voilà l’exemple parfait pour démontrer qu’un classique n’est pas forcément ennuyant, et qu’il peut même être carrément addictif !

Le colonel Herncastle, officier de l’armée des Indes, connaissait la malédiction de la pierre de lune, lorsqu’il déroba ce diamant au front d’un dieu hindou. C’est pourtant ce mystérieux bijou, ayant traversé les siècles sous la protection de trois brahmanes, qu’il va offrir à sa nièce, l’impétueuse Rachel Verinder, pour ses dix-huit ans… Lors de la soirée d’anniversaire, trois jongleurs indiens s’introduisent dans le parc. Dès le lendemain matin, on découvre que le joyau, enfermé dans un tiroir de la chambre de Rachel, a disparu. Un majordome insoupçonnable, une vieille fille, un usurier, des avoués, une voleuse repentie et des médecins trop bavards… Tous donnent le change au redoutable sergent Cuff, meilleur limier de la Met, tandis que les deux cousins de Rachel s’affrontent pour obtenir sa main…

Paru en 1868, La pierre de lune est considéré comme l’un des premiers romans policiers, pionnier du genre.

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L’adieu aux armes, Ernest Hemingway

Je vous ai partagé il y a quelques temps mon avis sur Les racines du ciel, je reviens aujourd’hui pour vous parler d’un autre classique du XXème siècle, L’Adieu aux armes.

Il y aurait très certainement beaucoup à dire sur ce roman. Malheureusement, il ne m’a pas vraiment marqué. Les puristes me pardonneront donc de ne lui consacrer que quelques lignes !

Frédéric Henry, jeune Américain volontaire dans les ambulances sur le front d’Italie, pendant la Première Guerre mondiale, est blessé et s’éprend de son infirmière, Catherine Barkley. Ils tentent alors de fuir la guerre.

Après voir eu un coup de cœur pour Pour qui sonne le glas, je dois avouer que j’ai été déçue par L’Adieu aux armes. Je pensais y retrouver ce qui m’avait fait aimer Hemingway : une histoire d’amour forte dans un contexte de guerre, des personnages passionnés, portés par leurs convictions.

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Les racines du ciel, Romain Gary

En début d’année, je me suis décidée à lire davantage de classiques, me concoctant à cet effet une liste assez ambitieuse. Et j’ai enfin tenu ma résolution puisque j’ai découvert trois classiques en quelques mois.

Aujourd’hui, je m’arrête sur Les racines du ciel, une lecture dont je suis ressortie un peu mitigée.

Avant toute chose, je dois rendre hommage à Gary qui est un de mes auteurs préférés, même si Les racines du ciel n’est pas mon favori. Je ne peux que vous conseiller et vous reconseiller La promesse de l’aube et La vie devant soi.

En ouvrant le roman, j’ai été étonnée du choix de la thématique, je n’attendais pas l’auteur dans ce registre. Ce n’était pas pour me déplaire puisque j’ai une passion pour les éléphants, et encore plus depuis que j’ai eu la chance de les voir dans leur milieu naturel en Tanzanie.

Paru en 1956 (et prix Goncourt !), Les racines du ciel est résolument moderne dans ses considérations et son engagement en faveur de la protection de l’environnement et des espèces menacées. Malheureusement, la question est tristement d’actualité – même si la législation a évolué, on n’en a pas fini avec le braconnage et le commerce de l’ivoire.

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Lolita, Vladimir Nabokov

J’ai longtemps hésité à lire ce classique en raison de son sujet et des polémiques qu’il a suscitées. Finalement, la curiosité et l’envie de me faire mon propre avis l’ont emporté !

« Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-lii-ta : le bout de la langue fait trois petits pas le long du palais pour taper, à trois reprises, contre les dents. Lo. Lii. Ta.
Le matin, elle était Lo, simplement Lo, avec son mètre quarante-six et son unique chaussette. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l’école. Elle était Dolorès sur les pointillés. Mais dans mes bras, elle était toujours Lolita. »

Je ressors de ma lecture assez perplexe, j’avoue que je ne sais pas trop quoi en penser. En fait, j’ai eu du mal à saisir où l’auteur voulait en venir, quelle était son intention en mettant en scène ce personnage abject. J’avais eu la même sensation en lisant My Absolute Darling, dont la violence m’avait d’abord heurtée. J’ai ce besoin de comprendre la démarche de l’auteur, et ici elle reste pour moi assez floue. De ce fait, j’ai gardé une certaine distance avec le roman et je n’ai pas été totalement convaincue.

En même temps, l’auteur revendique lui-même l’absence de démarche. Dans la postface, il explique se refuser à écrire « une fiction didactique », privilégiant avant tout l’esthétique de l’écriture. Il ne cherche ni à faire l’apologie de la pédophilie, ni à la dénoncer. En somme, la morale ne l’intéresse pas.

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