Journal d’un vampire en pyjama, Mathias Malzieu

couv25880087.jpg Ce livre est le vaisseau spécial que j’ai dû me confectionner pour survivre à ma propre guerre des étoiles. Panne sèche de moelle osseuse. Bug biologique, risque de crash imminent. Quand la réalité dépasse la (science-) fiction, cela donne des rencontres fantastiques, des déceptions intersidérales et des révélations éblouissantes. Une histoire d’amour aussi. Ce journal est un duel de western avec moi-même où je n’ai rien eu à inventer. Si ce n’est le moyen de plonger en apnée dans les profondeurs de mon cœur. 

* * *

De Mathias Malzieu, j’avais presque tout lu : son premier, La Mécanique du cœur, une révélation, d’ailleurs vendue à plus d’un million d’exemplaires ; Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi, plus grave car sur le deuil de sa mère, le deuxième roman chroniqué sur le blog ; puis, de retour dans une légèreté poétique, Le plus petit baiser jamais recensé. Il ne me restait que le dernier, sans doute le plus intime, Journal d’un vampire en pyjama.

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Incontournable #3

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Le principe : chaque mois, je vous parle d’un livre que je considère comme un incontournable de la littérature, un de mes romans préférés, une oeuvre qui m’a marquée et qu’il faut absolument lire (ne serait-ce que pour me faire plaisir) !

C’est déjà le troisième incontournable ! Ce mois-ci, je vous présente un de mes auteurs phare. Sa marque de fabrique :

Des livres courts…

tout en douceur et en poésie…

portés par la tendresse, l’amour, l’émotion…

et une invitation à l’imagination…

….

Avez-vous trouvé de qui il s’agit ?

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Le plus petit baiser jamais recensé, de Mathias Malzieu

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Un inventeur-dépressif rencontre une fille qui disparaît quand on l’embrasse. Alors qu’ils échangent le plus petit baiser jamais recensé, elle se volatilise d’un coup. Aidé par un détective à la retraite et un perroquet hors du commun, l’inventeur se lance alors à la recherche de celle qui « fait pousser des roses dans le trou d’obus qui lui sert de cœur ». Ces deux grands brûlés de l’amour sauront-ils affronter leurs peurs pour vivre leur histoire ?

* * *

Le plus petit baiser jamais recensé ne surprendra pas les lecteurs de Mathias Malzieu. On y retrouve les éléments si propres à sa plume et qui assurent son succès : la poésie, les métaphores, l’humour, la tendresse. Il a le don de créer des images avec des mots et d’inventer les objets les plus farfelus. La trouvaille du chocolat qui a le goût de baiser est particulièrement géniale : la description des sensations qu’il procure nous le rend presque présent aux sens.

« Le plus petit baiser jamais recensé. Un millième de seconde, pulpe et duvet compris. A peine une effleure, un origami. Une esquisse de court-circuit. Un taux d’humidité incroyablement proche de zéro, quelque chose de l’ordre de la poussière d’ombre. Le plus petit baiser jamais recensé. »

La lecture est donc agréable, mais l’auteur ne prend pas trop de risques en proposant le même genre d’histoire. Le roman reste légèrement en-deça de La Mécanique du coeur. 

On est ravi de retrouver quelques références à La Mécanique du coeur et à Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toisans qu’il s’agisse réellement d’une suite (même s’il est présenté ainsi).

« Je suis un sous-doué du deuil. La peau à l’intérieur de mon cerveau est constellée de bleus qui ne s’effacent jamais. »

Les personnages sortis de l’imagination de Mathias Malzieu sont attachants, attendrissants : la timide pharmacienne, le détective à la retraite solitaire ravi que son perroquet retrouve du service, sans compter les deux principaux protagonistes.

Avec délicatesse et sensibilité, l’auteur nous parle de l’amour, de la rupture, des souffrances qu’ils peuvent engendrer. Il nous montre l’importance de se laisser une chance et de croire de nouveau en une histoire, y compris après une perte ou une séparation, y compris si on risque de laisser quelques plumes au passage. On sourit de la ténacité du personnage à retrouver cette fille invisible qu’il n’a aperçu qu’une seconde mais qu’il sait être sa chance de guérir ses blessures. La fin est assez prévisible, mais délivre un beau message.

« C’était à la fois effrayant et rassurant de se confronter à quelqu’un d’aussi extraordinairement abîmé par l’amour. Un monstre de mélancolie qui se fait peur au point d’accepter sa condition de fille invisible…
Ses souffrances résonnaient avec les miennes et je me blottissais dans cet écho. Comme elle, je présentais un terrain miné par l’explosion amoureuse. Peut-être que si elle savait à quel point nos angoisses se rejoignaient, elle se détendrait un peu. À moins que ça la fasse fuir encore plus vite. Nous avions en commun ces matériaux inflammables, cette prédisposition à la passion, pour le meilleur et pour le pire. »

Le petit plus : un petit recueil de poèmes à la fin de l’ouvrage !

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En bref, vous passerez un moment plaisant tout en images et en poésie. N’attendez cependant pas une lecture surprenante ou inoubliable !

Verdict Un bon moment