Le gang des rêves, Luca di Fulvio

couv61217419.jpg New York ! En ces tumultueuses années 1920, pour des milliers d’Européens, la ville est synonyme de  » rêve américain « . C’est le cas pour Cetta Luminata, une Italienne qui, du haut de son jeune âge, compte bien se tailler une place au soleil avec Christmas, son fils. Dans une cité en plein essor où la radio débute à peine et le cinéma se met à parler, Christmas grandit entre gangs adverses, violence et pauvreté, avec ses rêves et sa gouaille comme planche de salut. L’espoir d’une nouvelle existence s’esquisse lorsqu’il rencontre la belle et riche Ruth. Et si, à ses côtés, Christmas trouvait la liberté, et dans ses bras, l’amour ?

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J’ai acheté Le gang des rêves par hasard au Saint-Maur-en-poche l’année dernière, parce que l’auteur était présent. Connu en Italie, il a été publié en France récemment par Slatkine, une petite maison d’édition, et a connu pas mal de succès depuis sa sortie poche.

La taille de la bête, 900 pages, peut effrayer. Luca Di Fulvio n’est pas avare de mots et d’actions. Il nous offre une histoire riche et vivante, un voyage dans le temps et l’espace, de 1906 à 1929. L’intrigue met un peu de temps à démarrer, mais une fois lancé, je vous assure que vous ne pourrez plus vous arrêter. Pour ma part, je me suis sentie vraiment happée par l’histoire passées les 200 ou les 300 premières pages. La deuxième partie du roman marque un tournant pour Christmas et a renforcé encore mon attachement au personnage et à sa quête pour être le jeune homme qu’il souhaitait devenir.

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L’autre moitié du soleil, Chimamanda Ngozi Adichie

couv32144263.gif Lagos, début des années soixante. L’avenir paraît sourire aux sœurs jumelles : la ravissante Olanna est amoureuse d’Odenigbo, intellectuel engagé et idéaliste ; quant à Kainene, sarcastique et secrète, elle noue une liaison avec Richard, journaliste britannique fasciné par la culture locale. Le tout sous le regard intrigué d’Ugwu, treize ans, qui a quitté son village dans la brousse et qui découvre la vie en devenant le boy d’Odenigbo. Quelques années plus tard, le Biafra se proclame indépendant du Nigeria. Un demi-soleil jaune, cousu sur la manche des soldats, s’étalant sur les drapeaux : c’est le symbole du pays et de l’avenir. Mais une longue guerre va éclater, qui fera plus d’un million de victimes. 

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Warning : ce roman n’a rien à voir avec Americanah. Pour apprécier L’autre moitié du soleil, il faut indéniablement s’intéresser à l’histoire du Nigéria ou, si on ne la connaissait pas, être curieux. Le roman tient beaucoup de la leçon d’histoire, la dimension historique étant aussi importante, si ce n’est plus, que l’intrigue. Je regrette d’ailleurs que les personnages ne soient pas dépeints plus intiment, ou du moins davantage dans l’émotion, pour que l’on puisse plus s’attacher à leur histoire personnelle au lieu de les considérer simplement comme des personnages de la Grande histoire. La lecture en aurait été probablement plus fluide et l’intrigue plus poignante et captivante. Pour le dire simplement, l’histoire m’a intéressée mais je n’ai pas vibré pour les personnages.

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Room, d’Emma Donoghue

couv57550557.jpg Sur le point de fêter ses cinq ans, Jack a les préoccupations des petits garçons de son âge. Ou presque. Il ne pense qu’à jouer et à essayer de comprendre le monde qui l’entoure, comptant sur sa mère pour répondre à toutes ses questions. Cette mère occupe dans sa vie une place immense, d’autant plus qu’il habite seul avec elle dans une pièce unique, depuis sa naissance. Il y a bien les visites du Grand Méchant Nick, mais Ma fait tout pour éviter à Jack le moindre contact avec ce personnage. Jusqu’au jour où elle réalise que l’enfant grandit, et qu’elle ne va pouvoir continuer longtemps à entretenir l’illusion d’une vie ordinaire. 

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Room a eu son petit succès sur la blogo il y a quelques années. J’avais volontairement laissé passer la vague pour le découvrir plus sereinement. Mon verdict : un roman atypique qui mérite sa réputation !

Room est inclassable. Contrairement à ce que le sujet pourrait laisser penser, il ne s’agit ni d’un policier, ni d’un thriller. Ici, l’important n’est pas de mener l’enquête pour arrêter le ravisseur, d’explorer les ressorts psychologiques d’un psychopathe ou encore de suivre l’évasion. Emma Donoghue a choisi de ne pas écrire une histoire de séquestration, mais d’écrire sur l’amour d’une mère pour son fils et la rééducation sociale et psychologique d’un enfant après le traumatisme. Le résultat est bouleversant.

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Les délices de Tokyo, de Durian Sukegawa

couv26130469«  Écouter la voix des haricots  »  : tel est le secret de Tokue, une vieille dame aux doigts mystérieusement déformés, pour réussir le an, la pâte de haricots rouges qui accompagne les dorayaki, des pâtisseries japonaises. Sentarô, qui a accepté d’embaucher Tokue dans son échoppe, voit sa clientèle doubler du jour au lendemain, conquise par ses talents de pâtissière. Mais la vieille dame cache un secret moins avouable et disparaît comme elle était apparue, laissant Sentarô interpréter à sa façon la leçon qu’elle lui a fait partager.

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Puisqu’on parlait récemment de salons du livre, voilà un livre que j’ai acheté au Saint-Maur en poche l’année dernière. Il était donc temps de découvrir ce court roman qui a pas mal fait parler de lui sur la blogosphère.

J’ai souvent du mal avec les romans de 200 pages, qui peuvent être insuffisamment développés. Pourtant, Les Délices de Tokyo m’a semblé avoir la longueur parfaite pour raconter son histoire. C’est comme une parenthèse, un conte que l’on écouterait assis en cercle dans le salon.

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Les Oiseaux se cachent pour mourir, Colleen McCullough

couv45084136L’histoire commence en 1915 et s’achève à la fin de la seconde guerre mondiale. La famille Cleary originaire de la Nouvelle Zélande émigre en Australie pour faire fructifier un domaine où se pratique l’élevage du mouton et qui appartient à la riche soeur de Paddy Cleary, le père de famille. Une épique superbement rendue où s’acharnent les passions des personnages avec comme fil conducteur les amours tragiques de l’héroine Maggie pour le magnifique prêtre Ralph de Bricassart lié à jamais au sort de l’exploitation du domaine.

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Au mois de février, j’ai lu Les quatre filles du révérend Latimer grâce à la masse critique de Babelio. J’ai ainsi découvert totalement par hasard Colleen McCullough, auteur australienne prolifique, qui a écrit le fameux best-seller Les oiseaux se cachent pour mourir, paru en 1977.

Bien que j’aie reproché certains défauts aux Quatre filles du révérend Latimer, la plume talentueuse de l’auteur m’avait marquée, et je m’étais promis de découvrir d’autres titres de sa bibliographie. Elle a ce je ne sais quoi qui différencie un roman ordinaire d’un classique.

– De quoi ça parle ?  –

Avec Les Oiseaux se cachent pour mourir, le dépaysement est assuré. L’auteur nous emmène en Nouvelle-Zélande, puis en Australie, sa contrée natale. La famille Cleary est une famille nombreuse et modeste de Nouvelle-Zélande. Contactés par la riche sœur de Paddy, ils la rejoignent dans sa propriété australienne de Drogheda afin d’aider à l’exploitation agricole, en échange de l’hébergement et de l’héritage promis. Débute pour eux une nouvelle vie, loin de la misère qu’ils ont connue, et la première étape de l’histoire qui les lie à Drogheda. C’est aussi là qu’ils feront la connaissance du père Ralph de Bricassart, curé de la paroisse, qui va devenir un proche de la famille.

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Anatomie d’un soldat, Harry Parker

Je suis de retour sur la blogo ! J’avais lâché un peu le blog ces derniers temps, prise par les révisions. Mais ça commençait à sérieusement me manquer et je suis contente de vous retrouver pour une nouvelle chronique !

parker-h-anatomie-dun-soldatLe jeune capitaine britannique Tom Barnes est envoyé en mission dans une zone de conflit. Au retour d’une patrouille nocturne, il marche sur un engin explosif improvisé et est immédiatement rapatrié en Angleterre. Débute alors un autre combat tant psychologique que physique durant lequel le héros va parvenir à surmonter « ce à quoi l’on ne pouvait survivre » grâce à l’aide non seulement des médecins, mais aussi de sa famille ainsi que de l’être aimé.

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Anatomie d’un soldat relate l’histoire du capitaine britannique Tom Barnes qui perd ses deux jambes en sautant sur un engin explosif improvisé lors d’une mission. La grande originalité du roman est qu’il est raconté à chaque chapitre par des objets : instruments médicaux, matériel militaire, vélo, baskets, sac…

Certes, le point de vue des objets et la construction éclatée du roman sont perturbants et il faut le temps au lecteur pour s’y faire. J’ai eu parfois du mal à m’y retrouver, à identifier précisément l’objet dont il était question ou la chronologie des évènements. D’ailleurs, tous les chapitres ne m’ont pas captivée. Mais contrairement à ce que l’on pourrait craindre, le récit est loin d’être neutre ni dénué de sentiments. En exposant les faits, les objets apportent une certaine distance qui rend l’histoire d’autant plus bouleversante, car ils nous décrivent la scène de l’extérieure comme si l’on y assistait. De plus, pour ne pas  tomber dans la froide objectivité, l’auteur a eu la bonne idée d’introduire beaucoup de dialogues et de faire dépeindre les pensées du personnage par ces objets qui l’accompagnent dans son quotidien de soldat et sa reconstruction. On le suit ainsi dans l’intimité de son vécu et de sa souffrance.

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No et moi, Delphine de Vigan

couv57650532Adolescente surdouée, Lou Bertignac rêve d’amour, observe les gens, collectionne les mots, multiplie les expériences domestiques et les théories fantaisistes. Jusqu’au jour où elle rencontre No, une jeune fille à peine plus âgée qu’elle. No, ses vêtements sales, son visage fatigué, No dont la solitude et l’errance questionnent le monde. Pour la sauver, Lou se lance alors dans une expérience de grande envergure menée contre le destin. Mais nul n’est à l’abri…

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Pour mon premier Delphine de Vigan, je me suis tournée vers un de ses succès qui date d’il y a quelques années déjà. Assez court, le roman se lit à toute vitesse, et on en ressort marqué, chamboulé.

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La fille de l’hiver, Eowyn Ivey

couv4294234Alaska, 1920. Pour Mabel et Jack, venir s’installer dans ces contrées sauvages représentait à la fois un nouveau départ et leur dernière chance. Depuis la mort de leur bébé des années auparavant, leur douleur les avait isolés des autres et avait entamé petit à petit leur amour. Mais créer un foyer au milieu de cette immensité n’est pas simple, et tandis que Jack s’échine toute la journée aux champs, Mabel dépérit de solitude et de chagrin. Et puis, dans un moment d’insouciance, aux premiers jours de l’hiver, le couple sculpte une petite fille de neige. Le lendemain, ils la retrouvent fondue, les moufles et l’écharpe que Mabel lui avait enfilées, et de petites empreintes de pas partent en direction de la forêt. A compter de ce jour, Mabel et Jack surprennent de temps en temps une petite fille près de leur cabane. Qui est-elle ? Que fait-elle dans la forêt avec son renard roux aussi farouche qu’elle ? Hallucination ? Miracle ? Et si cette fillette était la clé d’un miracle qu’ils n’attendaient plus ?

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La fille de l’hiver faisait partie de ma PAL spéciale hiver. Il est grand temps de vous le chroniquer avant que le printemps ne s’installe !

L’ambiance du roman est particulière. Le rythme est parfois un peu lent, dans la description du quotidien, mais l’ensemble a quelque chose d’envoûtant. Avec La fille de l’hiver, on entre dans un univers à part. D’abord, à cause du cadre : l’Alaska. Contrée froide, inhospitalière, où le couple vit isolé dans une cabane qu’il peine à chauffer. Lorsque l’hiver s’installe, les doutes ressurgissent face aux températures glaciales, aux maigres récoltes et à la peur de ne pas s’en sortir.

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Les quatre filles du révérend Latimer, Colleen McCullough

couv42549533.gifAustralie, début du XXe siècle. Les sœurs Latimer sont au nombre de quatre : Edda et Grace, les aînées, sœurs jumelles nées de la première union de leur père, un pasteur dont l’épouse est morte en couches ; Heather et Kitty, des jumelles également, filles de l’ancienne gouvernante du presbytère qui a épousé le révérend en secondes noces. En 1925, les sœurs âgées de 18 et 19 ans fuient l’austérité du presbytère et l’autorité maternelle pour se former au métier d’infirmière dans l’hôpital de leur ville natale, en Nouvelle-Galles du Sud. Elles pourront dès lors laisser libre cours à leurs aspirations – une soif d’indépendance et la recherche de l’amour. Mais la Grande Dépression pourrait balayer leurs rêves…

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J’ai lu ce livre un peu par hasard grâce à la Masse critique Babelio. Je les remercie au passage et m’excuse pour le retard de ma chronique ! J’avais entendu parler des Oiseaux se cachent pour mourir, le roman le plus célèbre de l’auteur, sans avoir lu le livre ni vu la série. Et j’avoue avoir pris un peu peur en voyant la note très moyenne des Quatre filles du révérend Latimer sur Livraddict. Mais vous me connaissez, cela ne m’a pas empêché de me lancer car je suis partisane du « Chacun doit se faire son avis ». Je pousserai même le vice à dire qu’il vaut peut-être même mieux partir avec un a priori négatif ou l’éventualité que le livre ne nous plaise pas, plutôt que de débuter plein d’espoir un livre précédé par sa réputation et être finalement déçu car on s’attendait à mieux. Précisément, je ne m’attendais à rien, et j’ai été heureuse de la découverte.

[Attention : longue chronique en perspective !]

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Si la lune éclaire nos pas, Nadia Hashimi

couv5504509.jpgKaboul est entre les mains des talibans. Depuis que son mari, considéré comme un ennemi du régime, a été assassiné, Fereiba est livrée à elle-même. Si elle ne veut pas connaître le même sort que son mari, elle doit fuir. Après avoir vendu le peu qu’elle possède, elle entreprend un voyage périlleux avec ses trois enfants, dans l’espoir de trouver refuge chez sa sœur, à Londres. Comme des milliers d’autres, elle traverse l’Iran, la Turquie, la Grèce, l’Italie et la France. Hélas, les routes de l’exil sont semées d’embûches : que devra-t-elle sacrifier pour de meilleurs lendemains ?

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Nadia Hashimi commence à se faire un petit nom sur la blogo. L’auteur, dont les parents ont quitté l’Afghanistan dans les années 1970, nous fait découvrir le pays de ses origines dans ses romans. J’ai vu en elle l’alter ego féminin de Khaled Hosseini : Si la lune éclaire nos pas m’a autant touchée que Mille soleils splendides.

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