Changer l’eau des fleurs, Valérie Perrin

couv20034537 Violette Toussaint est garde-cimetière dans une petite ville de Bourgogne. Les gens de passage et les habitués viennent se réchauffer dans sa loge où rires et larmes se mélangent au café qu’elle leur offre. Son quotidien est rythmé par leurs confidences. Un jour, parce qu’un homme et une femme ont décidé de reposer ensemble dans son carré de terre, tout bascule. Des liens qui unissent vivants et morts sont exhumés, et certaines âmes que l’on croyait noires, se révèlent lumineuses.

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On commence à entendre pas mal parler de Valérie Perrin. Elle s’est fait connaitre par son précédent roman, Les oubliés du dimanche. D’ailleurs, je l’avais repéré en librairie et offert à ma mère, qui l’avait beaucoup aimé, même si je ne l’ai pas encore lu moi-même.

Cela dit, je dois avouer que je n’étais pas très inspirée par l’intrigue de Changer l’eau des fleurs, à l’origine. Il faut dire que le sujet, une garde-cimetière, a de quoi déconcerter, voire rebuter. Je pense même que je ne me serais pas tournée vers ce roman s’il n’avait fait partie de la Sélection du Prix littéraire des chroniqueurs Web. Et finalement, cette réticence de départ ne s’est pas tout à fait envolée à la lecture.

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La Maladroite, Alexandre Seurat

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Diana, huit ans, a disparu. Ceux qui l’ont approchée dans sa courte vie viennent prendre la parole et dire ce qui s’est noué sous leurs yeux : grand-mère, tante, demi-frère, instituteurs, directrices d’école, médecins, assistantes sociales, gendarmes, procureur… – tous impuissants à empêcher la répétition du pire.

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Ce sera une chronique courte pour roman court, que j’ai lu d’une seule traite.

Alexandre Seurat s’inspire d’un tragique fait divers, la mort d’une petite fille, battue par ses parents. Il se saisit du sujet de la maltraitance pour dénoncer l’horreur et interroger les mécanismes qui conduisent à de tels drames.

Le roman m’a rappelé Je me suis tue de Mathieu Menegaux, par la concision, la dureté du sujet, la proximité des thématiques, l’intérêt pour le système judiciaire. Comme ce dernier, c’est un roman choc, coup de poing.

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Eleanor Oliphant va très bien, Gail Honeyman

couv8808919 Eleanor Oliphant est un peu spéciale. Dotée d’une culture générale supérieure à la moyenne, peu soucieuse des bonnes manières et du vernis social, elle dit les choses telles qu’elle les pense, sans fard, sans ambages. Fidèle à sa devise  » Mieux vaut être seule que mal accompagnée « , Eleanor évite ses semblables et préfère passer ses samedis soir en compagnie d’une bouteille de vodka. Rien ne manque à sa vie minutieusement réglée et rythmée par ses conversations téléphoniques hebdomadaires avec  » maman « . Mais tout change le jour où elle s’éprend du chanteur d’un groupe de rock à la mode. Décidée à conquérir de l’objet de son désir, Eleanor se lance dans un véritable marathon de transformations. Sur son chemin, elle croise aussi Raymond, un collègue qui sous des airs négligés, va lui faire repousser ses limites. 

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Cette fois-ci, on met Noël de côté une bonne fois pour toutes, et je reviens avec une chronique de la Sélection du Prix des chroniqueurs Web. J’ai bien avancé dans ma découverte de la sélection, même si j’ai pris énormément de retard dans les chroniques.

Pour reprendre l’année du bon pied, j’ai choisi de vous partager un de mes coups de cœur. Eleanor Oliphant va très bien commence d’ailleurs à faire pas mal parler de lui. Je craignais que cette réputation gâche ma lecture (cf romans surcôtés). Pourtant, je dois bien avouer que je rejoints totalement les autres avis ! Je l’ai lu d’une traite. C’est clairement un roman qui sort du lot, en raison des sujets abordés, du ton employé et de la personnalité du personnage principal. Il vous réserve aussi des twists que je vous mets au défi d’anticiper !

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Quatre lectures de Noël [2018]

Bonjour à tous !

Je vous retrouve avec un article plus très à jour. Ce n’est pas grave, on va dire qu’ici, Noël, c’est toute l’année 😀 En réalité, j’ai pris un peu de retard dans l’écriture de mes chroniques, mais je tenais à vous sortir cet article pour vous présenter les lectures qui m’ont accompagnée pendant les fêtes. Et, quoi qu’on dise, ça fait du bien de prolonger un peu la magie de Noël, même si l’on a repris les cours ou le travail !

Un Noël dans ses bras, Sarah Morgan

couv24297560 Coup de foudre sous la neige est constitué de deux histoires, je dirais presque deux nouvelles. Je n’en ai lu qu’une : Un Noël dans ses bras. A la veille de Noël, Evie est au fond du gouffre? Plaquée par son fiancée, virée de son appart, elle manque se faire virer et est rétrogradée en femme de chambre dans un hôtel de luxe. Elle se retrouve, par un concours de circonstances, dans les bras de Rio, homme d’affaire italien, patron de l’hôtel à la réputation sulfureuse, piégée par un paparazzi. Pour sauver les apparences, Rio et Evie vont devoir jouer le couple parfait aux yeux de tous.

Vous l’aurez compris, on reste dans un schéma classique de romance. J’ai eu du mal avec le cliché du mec viril, riche, macho collectionnant les conquêtes, incapable d’éprouver des sentiments amoureux. Et évidemment, on voit le coup de foudre  venir. Mais j’avoue que l’histoire est plutôt agréable à suivre, même si l’intrigue est un poil trop rapide. C’est mignon et gentil, parfait pour la période. Un peu comme un téléfilm de Noël tout doux.

Verdict Une bonne suprise

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Un clafoutis aux tomates cerises, Véronique De Bure

couv58820792.jpg Au soir de sa vie, Jeanne, quatre-vingt-dix ans, décide d’écrire son journal intime. Sur une année, du premier jour du printemps au dernier jour de l’hiver, d’événements minuscules en réflexions désopilantes, elle consigne ses humeurs, ses souvenirs, sa petite vie de Parisienne exilée depuis plus de soixante ans dans l’Allier, dans sa maison posée au milieu des prés, des bois et des vaches. La liberté de vie et de ton est l’un des privilèges du très grand âge, aussi Jeanne fait-elle ce qu’elle veut et ce qu’elle peut : regarder pousser ses fleurs, boire du vin blanc avec ses amies, s’amuser des mésaventures de Fernand et Marcelle, le couple haut en couleurs de la ferme d’à côté, accueillir pas trop souvent ses petits-enfants, remplir son congélateur de petits choux au fromage, déplier un transat pour se perdre dans les étoiles en espérant les voir toujours à la saison prochaine…

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J’avais offert ce roman à ma mère l’année dernière et elle m’en avait d’ailleurs dit du bien. Pourtant, ce n’est qu’en le voyant dans la sélection du Prix des chroniqueurs Web 2018 que je me suis enfin décidée de le lire.

Que ce soit dans la vraie vie ou dans la littérature, on s’intéresse rarement aux personnes âgées. Alors faire d’une nonagénaire le personnage principal d’un roman, c’est plus qu’un pari pour un auteur, c’est une démarche volontaire, une occasion de passer un message.

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Mille petits riens, Jodie Picoult

couv57479865 Ruth Jefferson est sage-femme depuis plus de vingt ans. C’est une employée modèle. Une collègue appréciée et respectée de tous. La mère dévouée d’un adolescent qu’elle élève seule. C’est aussi la seule afro-américaine de son service. Le jour où un couple de suprémacistes blancs demande à ce qu’on lui interdise tout contact avec leur bébé, Ruth est choquée de voir sa hiérarchie accéder à leur requête. Quand le nourrisson décède quelques jours plus tard, c’est elle qui est pointée du doigt. Accusée de meurtre, Ruth va devoir répondre de ses actes devant la justice. Mais sa couleur de peau ne la condamne-t-elle pas d’avance ?

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Je crois pouvoir dire que Jodie Picoult fait partie de mes auteurs préférées. J’ai adoré A l’intérieur et La tristesse des éléphants. C’est donc avec hâte que j’ai découvert son dernier titre, Mille petits riens.

L’auteur a choisi de traiter le thème du racisme à travers un feuilleton judiciaire. Ruth, sage-femme expérimentée, voit sa vie basculer lorsqu’elle est accusée d’être responsable du décès d’un bébé pendant son service. L’histoire aurait pu être celle d’une erreur médicale, si il n’y avait le facteur raciste. En effet, quelque jours auparavant, les parents du nouveau-né refusent que Ruth s’occupe de leur fils en raison de sa couleur de peau. Scandalisée, elle se plaint à sa hiérarchie, qui étouffe ses protestations. Lorsque la santé du bébé se dégrade rapidement, la sage-femme se retrouve dans une situation impossible : obéir aux ordres de ses supérieurs et aux souhaits des parents en ne s’approchant pas du bébé, ou lui porter secours comme le veut la déontologie des soignants ?

Finalement, je m’attendais presque à ce que l’aspect médical soit plus présent. La thématique de l’erreur médicale aurait pu faire l’objet d’une intrigue à part entière, au-delà de la question du racisme. On entrevoit, même si le sujet n’est pas complètement développé, le problème de la responsabilité médicale, des drames qui se jouent lorsque les équipes médicales sont impuissantes ou ne réagissent pas assez rapidement ni efficacement. Car oui, les soignants sont humains, faillibles, sujets au stress et à la fatigue. Ils peuvent se tromper, hésiter un instant de trop, et un ensemble de mauvaises circonstances peut aboutir à des conséquences tragiques. Et c’est d’autant plus terrible que l’on comprend la douleur et la colère des parents (et plus généralement des proches des victimes), mais elle n’a aucune cible – du moins aucune cible légitime – sur laquelle se porter. D’où le besoin de désigner un bouc-émissaire.

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Le gang des rêves, Luca di Fulvio

couv61217419.jpg New York ! En ces tumultueuses années 1920, pour des milliers d’Européens, la ville est synonyme de  » rêve américain « . C’est le cas pour Cetta Luminata, une Italienne qui, du haut de son jeune âge, compte bien se tailler une place au soleil avec Christmas, son fils. Dans une cité en plein essor où la radio débute à peine et le cinéma se met à parler, Christmas grandit entre gangs adverses, violence et pauvreté, avec ses rêves et sa gouaille comme planche de salut. L’espoir d’une nouvelle existence s’esquisse lorsqu’il rencontre la belle et riche Ruth. Et si, à ses côtés, Christmas trouvait la liberté, et dans ses bras, l’amour ?

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J’ai acheté Le gang des rêves par hasard au Saint-Maur-en-poche l’année dernière, parce que l’auteur était présent. Connu en Italie, il a été publié en France récemment par Slatkine, une petite maison d’édition, et a connu pas mal de succès depuis sa sortie poche.

La taille de la bête, 900 pages, peut effrayer. Luca Di Fulvio n’est pas avare de mots et d’actions. Il nous offre une histoire riche et vivante, un voyage dans le temps et l’espace, de 1906 à 1929. L’intrigue met un peu de temps à démarrer, mais une fois lancé, je vous assure que vous ne pourrez plus vous arrêter. Pour ma part, je me suis sentie vraiment happée par l’histoire passées les 200 ou les 300 premières pages. La deuxième partie du roman marque un tournant pour Christmas et a renforcé encore mon attachement au personnage et à sa quête pour être le jeune homme qu’il souhaitait devenir.

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L’autre moitié du soleil, Chimamanda Ngozi Adichie

couv32144263.gif Lagos, début des années soixante. L’avenir paraît sourire aux sœurs jumelles : la ravissante Olanna est amoureuse d’Odenigbo, intellectuel engagé et idéaliste ; quant à Kainene, sarcastique et secrète, elle noue une liaison avec Richard, journaliste britannique fasciné par la culture locale. Le tout sous le regard intrigué d’Ugwu, treize ans, qui a quitté son village dans la brousse et qui découvre la vie en devenant le boy d’Odenigbo. Quelques années plus tard, le Biafra se proclame indépendant du Nigeria. Un demi-soleil jaune, cousu sur la manche des soldats, s’étalant sur les drapeaux : c’est le symbole du pays et de l’avenir. Mais une longue guerre va éclater, qui fera plus d’un million de victimes. 

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Warning : ce roman n’a rien à voir avec Americanah. Pour apprécier L’autre moitié du soleil, il faut indéniablement s’intéresser à l’histoire du Nigéria ou, si on ne la connaissait pas, être curieux. Le roman tient beaucoup de la leçon d’histoire, la dimension historique étant aussi importante, si ce n’est plus, que l’intrigue. Je regrette d’ailleurs que les personnages ne soient pas dépeints plus intiment, ou du moins davantage dans l’émotion, pour que l’on puisse plus s’attacher à leur histoire personnelle au lieu de les considérer simplement comme des personnages de la Grande histoire. La lecture en aurait été probablement plus fluide et l’intrigue plus poignante et captivante. Pour le dire simplement, l’histoire m’a intéressée mais je n’ai pas vibré pour les personnages.

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Room, d’Emma Donoghue

couv57550557.jpg Sur le point de fêter ses cinq ans, Jack a les préoccupations des petits garçons de son âge. Ou presque. Il ne pense qu’à jouer et à essayer de comprendre le monde qui l’entoure, comptant sur sa mère pour répondre à toutes ses questions. Cette mère occupe dans sa vie une place immense, d’autant plus qu’il habite seul avec elle dans une pièce unique, depuis sa naissance. Il y a bien les visites du Grand Méchant Nick, mais Ma fait tout pour éviter à Jack le moindre contact avec ce personnage. Jusqu’au jour où elle réalise que l’enfant grandit, et qu’elle ne va pouvoir continuer longtemps à entretenir l’illusion d’une vie ordinaire. 

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Room a eu son petit succès sur la blogo il y a quelques années. J’avais volontairement laissé passer la vague pour le découvrir plus sereinement. Mon verdict : un roman atypique qui mérite sa réputation !

Room est inclassable. Contrairement à ce que le sujet pourrait laisser penser, il ne s’agit ni d’un policier, ni d’un thriller. Ici, l’important n’est pas de mener l’enquête pour arrêter le ravisseur, d’explorer les ressorts psychologiques d’un psychopathe ou encore de suivre l’évasion. Emma Donoghue a choisi de ne pas écrire une histoire de séquestration, mais d’écrire sur l’amour d’une mère pour son fils et la rééducation sociale et psychologique d’un enfant après le traumatisme. Le résultat est bouleversant.

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Les délices de Tokyo, de Durian Sukegawa

couv26130469«  Écouter la voix des haricots  »  : tel est le secret de Tokue, une vieille dame aux doigts mystérieusement déformés, pour réussir le an, la pâte de haricots rouges qui accompagne les dorayaki, des pâtisseries japonaises. Sentarô, qui a accepté d’embaucher Tokue dans son échoppe, voit sa clientèle doubler du jour au lendemain, conquise par ses talents de pâtissière. Mais la vieille dame cache un secret moins avouable et disparaît comme elle était apparue, laissant Sentarô interpréter à sa façon la leçon qu’elle lui a fait partager.

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Puisqu’on parlait récemment de salons du livre, voilà un livre que j’ai acheté au Saint-Maur en poche l’année dernière. Il était donc temps de découvrir ce court roman qui a pas mal fait parler de lui sur la blogosphère.

J’ai souvent du mal avec les romans de 200 pages, qui peuvent être insuffisamment développés. Pourtant, Les Délices de Tokyo m’a semblé avoir la longueur parfaite pour raconter son histoire. C’est comme une parenthèse, un conte que l’on écouterait assis en cercle dans le salon.

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