Les Oiseaux se cachent pour mourir, Colleen McCullough

couv45084136L’histoire commence en 1915 et s’achève à la fin de la seconde guerre mondiale. La famille Cleary originaire de la Nouvelle Zélande émigre en Australie pour faire fructifier un domaine où se pratique l’élevage du mouton et qui appartient à la riche soeur de Paddy Cleary, le père de famille. Une épique superbement rendue où s’acharnent les passions des personnages avec comme fil conducteur les amours tragiques de l’héroine Maggie pour le magnifique prêtre Ralph de Bricassart lié à jamais au sort de l’exploitation du domaine.

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Au mois de février, j’ai lu Les quatre filles du révérend Latimer grâce à la masse critique de Babelio. J’ai ainsi découvert totalement par hasard Colleen McCullough, auteur australienne prolifique, qui a écrit le fameux best-seller Les oiseaux se cachent pour mourir, paru en 1977.

Bien que j’aie reproché certains défauts aux Quatre filles du révérend Latimer, la plume talentueuse de l’auteur m’avait marquée, et je m’étais promis de découvrir d’autres titres de sa bibliographie. Elle a ce je ne sais quoi qui différencie un roman ordinaire d’un classique.

– De quoi ça parle ?  –

Avec Les Oiseaux se cachent pour mourir, le dépaysement est assuré. L’auteur nous emmène en Nouvelle-Zélande, puis en Australie, sa contrée natale. La famille Cleary est une famille nombreuse et modeste de Nouvelle-Zélande. Contactés par la riche sœur de Paddy, ils la rejoignent dans sa propriété australienne de Drogheda afin d’aider à l’exploitation agricole, en échange de l’hébergement et de l’héritage promis. Débute pour eux une nouvelle vie, loin de la misère qu’ils ont connue, et la première étape de l’histoire qui les lie à Drogheda. C’est aussi là qu’ils feront la connaissance du père Ralph de Bricassart, curé de la paroisse, qui va devenir un proche de la famille.

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Anatomie d’un soldat, Harry Parker

Je suis de retour sur la blogo ! J’avais lâché un peu le blog ces derniers temps, prise par les révisions. Mais ça commençait à sérieusement me manquer et je suis contente de vous retrouver pour une nouvelle chronique !

parker-h-anatomie-dun-soldatLe jeune capitaine britannique Tom Barnes est envoyé en mission dans une zone de conflit. Au retour d’une patrouille nocturne, il marche sur un engin explosif improvisé et est immédiatement rapatrié en Angleterre. Débute alors un autre combat tant psychologique que physique durant lequel le héros va parvenir à surmonter « ce à quoi l’on ne pouvait survivre » grâce à l’aide non seulement des médecins, mais aussi de sa famille ainsi que de l’être aimé.

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Anatomie d’un soldat relate l’histoire du capitaine britannique Tom Barnes qui perd ses deux jambes en sautant sur un engin explosif improvisé lors d’une mission. La grande originalité du roman est qu’il est raconté à chaque chapitre par des objets : instruments médicaux, matériel militaire, vélo, baskets, sac…

Certes, le point de vue des objets et la construction éclatée du roman sont perturbants et il faut le temps au lecteur pour s’y faire. J’ai eu parfois du mal à m’y retrouver, à identifier précisément l’objet dont il était question ou la chronologie des évènements. D’ailleurs, tous les chapitres ne m’ont pas captivée. Mais contrairement à ce que l’on pourrait craindre, le récit est loin d’être neutre ni dénué de sentiments. En exposant les faits, les objets apportent une certaine distance qui rend l’histoire d’autant plus bouleversante, car ils nous décrivent la scène de l’extérieure comme si l’on y assistait. De plus, pour ne pas  tomber dans la froide objectivité, l’auteur a eu la bonne idée d’introduire beaucoup de dialogues et de faire dépeindre les pensées du personnage par ces objets qui l’accompagnent dans son quotidien de soldat et sa reconstruction. On le suit ainsi dans l’intimité de son vécu et de sa souffrance.

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No et moi, Delphine de Vigan

couv57650532Adolescente surdouée, Lou Bertignac rêve d’amour, observe les gens, collectionne les mots, multiplie les expériences domestiques et les théories fantaisistes. Jusqu’au jour où elle rencontre No, une jeune fille à peine plus âgée qu’elle. No, ses vêtements sales, son visage fatigué, No dont la solitude et l’errance questionnent le monde. Pour la sauver, Lou se lance alors dans une expérience de grande envergure menée contre le destin. Mais nul n’est à l’abri…

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Pour mon premier Delphine de Vigan, je me suis tournée vers un de ses succès qui date d’il y a quelques années déjà. Assez court, le roman se lit à toute vitesse, et on en ressort marqué, chamboulé.

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La fille de l’hiver, Eowyn Ivey

couv4294234Alaska, 1920. Pour Mabel et Jack, venir s’installer dans ces contrées sauvages représentait à la fois un nouveau départ et leur dernière chance. Depuis la mort de leur bébé des années auparavant, leur douleur les avait isolés des autres et avait entamé petit à petit leur amour. Mais créer un foyer au milieu de cette immensité n’est pas simple, et tandis que Jack s’échine toute la journée aux champs, Mabel dépérit de solitude et de chagrin. Et puis, dans un moment d’insouciance, aux premiers jours de l’hiver, le couple sculpte une petite fille de neige. Le lendemain, ils la retrouvent fondue, les moufles et l’écharpe que Mabel lui avait enfilées, et de petites empreintes de pas partent en direction de la forêt. A compter de ce jour, Mabel et Jack surprennent de temps en temps une petite fille près de leur cabane. Qui est-elle ? Que fait-elle dans la forêt avec son renard roux aussi farouche qu’elle ? Hallucination ? Miracle ? Et si cette fillette était la clé d’un miracle qu’ils n’attendaient plus ?

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La fille de l’hiver faisait partie de ma PAL spéciale hiver. Il est grand temps de vous le chroniquer avant que le printemps ne s’installe !

L’ambiance du roman est particulière. Le rythme est parfois un peu lent, dans la description du quotidien, mais l’ensemble a quelque chose d’envoûtant. Avec La fille de l’hiver, on entre dans un univers à part. D’abord, à cause du cadre : l’Alaska. Contrée froide, inhospitalière, où le couple vit isolé dans une cabane qu’il peine à chauffer. Lorsque l’hiver s’installe, les doutes ressurgissent face aux températures glaciales, aux maigres récoltes et à la peur de ne pas s’en sortir.

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Les quatre filles du révérend Latimer, Colleen McCullough

couv42549533.gifAustralie, début du XXe siècle. Les sœurs Latimer sont au nombre de quatre : Edda et Grace, les aînées, sœurs jumelles nées de la première union de leur père, un pasteur dont l’épouse est morte en couches ; Heather et Kitty, des jumelles également, filles de l’ancienne gouvernante du presbytère qui a épousé le révérend en secondes noces. En 1925, les sœurs âgées de 18 et 19 ans fuient l’austérité du presbytère et l’autorité maternelle pour se former au métier d’infirmière dans l’hôpital de leur ville natale, en Nouvelle-Galles du Sud. Elles pourront dès lors laisser libre cours à leurs aspirations – une soif d’indépendance et la recherche de l’amour. Mais la Grande Dépression pourrait balayer leurs rêves…

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J’ai lu ce livre un peu par hasard grâce à la Masse critique Babelio. Je les remercie au passage et m’excuse pour le retard de ma chronique ! J’avais entendu parler des Oiseaux se cachent pour mourir, le roman le plus célèbre de l’auteur, sans avoir lu le livre ni vu la série. Et j’avoue avoir pris un peu peur en voyant la note très moyenne des Quatre filles du révérend Latimer sur Livraddict. Mais vous me connaissez, cela ne m’a pas empêché de me lancer car je suis partisane du « Chacun doit se faire son avis ». Je pousserai même le vice à dire qu’il vaut peut-être même mieux partir avec un a priori négatif ou l’éventualité que le livre ne nous plaise pas, plutôt que de débuter plein d’espoir un livre précédé par sa réputation et être finalement déçu car on s’attendait à mieux. Précisément, je ne m’attendais à rien, et j’ai été heureuse de la découverte.

[Attention : longue chronique en perspective !]

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Si la lune éclaire nos pas, Nadia Hashimi

couv5504509.jpgKaboul est entre les mains des talibans. Depuis que son mari, considéré comme un ennemi du régime, a été assassiné, Fereiba est livrée à elle-même. Si elle ne veut pas connaître le même sort que son mari, elle doit fuir. Après avoir vendu le peu qu’elle possède, elle entreprend un voyage périlleux avec ses trois enfants, dans l’espoir de trouver refuge chez sa sœur, à Londres. Comme des milliers d’autres, elle traverse l’Iran, la Turquie, la Grèce, l’Italie et la France. Hélas, les routes de l’exil sont semées d’embûches : que devra-t-elle sacrifier pour de meilleurs lendemains ?

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Nadia Hashimi commence à se faire un petit nom sur la blogo. L’auteur, dont les parents ont quitté l’Afghanistan dans les années 1970, nous fait découvrir le pays de ses origines dans ses romans. J’ai vu en elle l’alter ego féminin de Khaled Hosseini : Si la lune éclaire nos pas m’a autant touchée que Mille soleils splendides.

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Miss Cyclone, Laurence Peyrin

couv46013205.jpgConey Island, là où New York se jette dans la mer, est un endroit enchanteur l’été, avec sa fête foraine légendaire, et fantomatique l’hiver quand les manèges sont à l’arrêt. C’est là qu’Angela et June, 16 ans, ont grandi ensemble. Deux jeunes filles vives et joyeuses, que rien ne destinait à s’entendre, et que rien ne peut séparer. Mais une nuit, la nuit où toute la jeunesse new-yorkaise pleure la mort de John Lennon, leur vie prend un tour inattendu. Leur destin à toutes les deux en sera changé à jamais. 

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J’ai découvert Laurence Peyrin l’année dernière avec La drôle de vie de Zelda Zonk dont j’étais ressortie un peu mitigée car je ne m’attendais pas à une romance. Cela dit, on restait dans du feel-good. J’ai de nouveau entendu beaucoup de bien de Miss Cyclone, et, de nouveau, je n’ai pu m’empêcher d’être un peu déçue. C’est toujours le risque lorsqu’un roman est précédé par sa réputation. Attention, ça ne m’a pas pour autant empêché de passer un agréable moment de lecture.

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Je me suis tue, Mathieu Menegaux

couv52648557.png.jpgDu fond de sa cellule de la maison d’arrêt des femmes à Fresnes, Claire nous livre l’enchaînement des faits qui l’ont conduite en prison : l’histoire d’une femme victime d’un crime odieux. Elle a choisi de porter seule ce fardeau. Les conséquences de cette décision vont se révéler dramatiques. Enfermée dans sa solitude, Claire va commettre l’irréparable. Le mutisme sera sa seule ligne de défense, et personne, ni son mari, ni ses proches, ni la justice ne saisira ses motivations.
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J’ai découvert Je me suis tue dans le cadre de la sélection du Prix des chroniqueurs Web. C’est un roman très court, un livre coup de poing qu’on lit d’une traite car il est impossible à lâcher.

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No home, Yaa Gyasi

couv48732364Maama, esclave Ashanti, s’enfuit de la maison de ses maîtres Fantis durant un incendie, laissant derrière elle son bébé, Effia. Plus tard, elle épouse un Ashanti, et donne naissance à une autre fille, Esi. Ainsi commence l’histoire de ces deux demi-sœurs, Effia et Esi, nées dans deux villages du Ghana à l’époque du commerce triangulaire au XVIIIe siècle. Effia épouse un Anglais et mène une existence confortable dans le fort de Cape Coast, sans savoir que Esi, qu’elle n’a jamais connue, est emprisonnée dans les cachots du fort, vendue avec des centaines d’autres victimes d’un commerce d’esclaves florissant avant d’être expédiée en Amérique où ses enfants et petits-enfants seront eux aussi esclaves. Grâce à un collier transmis de génération en génération, l’histoire se tisse d’un chapitre à l’autre : un fil suit les descendants d’Effia au Ghana à travers les siècles, l’autre suit Esi et ses enfants en Amérique.

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J’avais repéré No home depuis un petit moment, grâce aux avis positifs que j’avais vu sur la blogo et parce que le thème m’intéressait (cf ma sélection de récits afro-américains). Cela tombait bien puisqu’il faisait partie de la sélection du Prix des chroniqueurs Web. Malheureusement, le roman n’a pas répondu à mes attentes.

Je pense que ma déception vient du fait que j’avais mal anticipé le contenu. Je m’attendais à un roman sur le thème de l’esclavage à travers une famille (parents – enfants – petits-enfants). Or, en réalité, No home se place dans une perspective beaucoup plus large : du XVIIIème siècle à nos jours, il suit les descendants d’esclaves et de marchands d’esclaves, un peu à la manière d’un arbre généalogique. J’ai trouvé le projet de l’auteur intéressant. Il montre ce qu’ont subi les Africains et Afro-Américains au fil des siècles, de l’esclavage à la ségrégation, puis au racisme, aux inégalités socio-économiques et aux problèmes de drogue dans les banlieues nord-américaines. On voit l’impact de la vie d’une personne sur les générations suivantes, mais aussi la manière dont la mémoire d’une famille se construit et le souvenir des ancêtres demeure. Le roman aborde aussi les thèmes du mariage forcé, de la maternité et de l’exclusion. D’un point de vue plus politique, il questionne les alliances militaires et les rapports de force entre Blancs et Noirs en Afrique.

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Quatre lectures sur le terrorisme

Aujourd’hui, je vous retrouve avec un ensemble de mini-chroniques un peu particulières. Parmi la sélection du Prix des chroniqueurs Web se trouvaient deux romans ayant pour thème les attentats et le djihadisme. J’ai lu le premier en novembre mais je ne l’avais pas chroniqué, faute de matière suffisante. A la lecture du deuxième, je me suis dit que ce serait bien de les regrouper pour vous faire un article thématique. J’ai donc complété ces lectures par deux autres, et me voilà !

couv21139034A la place du cœur, Arnaud Cathrine

Depuis que la France est frappée par le terrorisme, beaucoup de romans, en particulier jeunesse, se sont emparés du sujet. A la place du cœur en fait partie. On suit Côme et ses amis à la période des premiers émois adolescents et du choix de l’orientation en Terminale. L’attentat de Charlie Hebdo puis de l’Hypercacher vont provoquer de nouveaux bouleversements à gérer. Le roman m’a ému en me replongeant dans les jours suivant les attentats de janvier 2015. J’y ai retrouvé mes réactions et sentiments, le choc, les craintes pour l’avenir et la situation de notre pays, tout comme l’envie de se mobiliser lors des rassemblements qui ont suivi. J’ai par contre beaucoup moins accroché à l’histoire d’amour naissante entre les deux ados et le contexte lycéen. Le côté « jeunesse » m’a empêché de l’apprécier pleinement. Quoi qu’il en soit, il me semble important que la littérature puisse, à son niveau, aider les jeunesse à affronter ce traumatisme.

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