Et si on retombait en enfance ?

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Coline, de Déjeuner sous la pluie, a lancé un club de lecture un peu particulier : Relire son enfance. J’ai trouvé l’idée géniale, et même si le challenge a été lancé depuis des mois, j’ai décidé d’attraper le train en marche et d’y participer. Si vous souhaitez vous joindre à nous, un groupe Facebook a été créé spécialement pour l’occasion.

Pourquoi des lectures d’enfance ?

Pour moi, ce challenge lectures d’enfance, c’est un peu de nostalgie : parcourir les grandes sagas de mon enfance/adolescence, me replonger dans des titres que je me souviens avoir dévorés et retrouver des sensations d’alors. Bref, des livres que j’ai toujours eu envie de relire sans jamais sauter le pas !

C’est aussi de la curiosité, plus objective : j’ai envie de voir, avec mon regard d’adulte, à quoi ressemblait la littérature jeunesse/ado d’il y a quelques années (et d’éventuelles différences avec la littérature contemporaine). Je me réjouis aussi de pouvoir analyser le style des auteurs et les messages qu’ils font passer, des choses dont on n’est pas forcément conscient enfant.

Tout cela ne va pas sans un peu d’appréhension : Vais-je pouvoir retrouver l’enthousiasme du moi lecteur d’il y a quelques années ? Est-ce que je ne risque pas d’être trop critique et de gâcher de bons souvenirs de lecture parce que j’ai dépassé l’âge du lectorat visé ? On a tendance à avoir une vision un peu idéalisée de nos coups de cœur, et encore plus lorsque ce sont des lectures d’enfance/d’adolescence. Pour la plupart de ces livres, je ne les ai jamais relus, parce que je n’avais pas spécialement d’envie ni de temps à leur consacrer, mais surtout par peur d’être déçue.

Première étape : ma liste de lectures

Cela n’a pas été une mince affaire de concocter ma liste de lectures pour ce challenge. Il y a certes des sagas très connues auxquelles je suis encore attachée et qui étaient une évidence. Mais il y avait aussi beaucoup de romans dont je n’avais qu’un souvenir vague, une idée très sommaire de l’histoire, le visuel d’une couverture en tête….et le titre sur le bout de la langue ! Après plusieurs heures de recherche sur Livraddict à farfouiller dans les catalogues de maisons d’édition jeunesse et sur Babelio dans les divers tops de littérature jeunesse, j’ai retrouvé l’essentiel des romans que je cherchais (c’est hyper satisfaisant d’avoir tout à coup sous les yeux un titre dont vous vous souveniez tout en ayant oublié son existence, avec cette fameuse réaction « ah ouiiiiiiiii » !). Bien sûr, tout cela a eu lieu pendant le confinement, impossible donc d’aller farfouiller dans mes anciennes affaires chez mes parents.

Au total, une trentaine de romans composent ma liste de lectures. Je ne suis pas sûre de tous les lire, surtout que certains m’intéressent moins que d’autres et que les séries jeunesse peuvent avoir beaucoup de tomes, mais je souhaitais avoir quelque chose d’assez complet et représentatif de mes lectures d’enfance. Il s’agit pour la plupart de livres publiés entre 2003 et 2010, que j’ai lu autour de mes 10-15 ans (un peu plus jeune pour les romans très jeunesse, un peu plus âgé pour les séries ados que j’ai poursuivies jusqu’au lycée).

Les souvenirs que j’avais de mon enfance, c’étaient surtout :

– des noms d’auteurs jeunesse incontournables : Marie Desplechin, Marie-Aude Murail, Gudule, Meg Cabot…

– les grandes sagas de mon adolescence : Harry Potter, Artemis Fowl, Tara Duncan, Cherub…

– des maisons d’édition : l’Ecole des loisirs, le Livre de poche jeunesse, Gallimard Jeunesse…

– des styles : du fantastique, de la chick-lit pour jeunes filles avec des bandes de copines et les premiers amours, des romans du genre témoignage du quotidien d’un collégien/lycéen, des romans historiques avec pour cadre l’Antiquité ou la cour de Versailles…

Je ne sais pas encore si je vais être en mesure de trouver tous les livres de ma liste. Quand j’étais enfant, j’empruntais beaucoup à la bibliothèque plutôt que d’acheter, j’ai donc peu de livres en ma possession ou chez mes parents. Heureusement, depuis quelques années, ma part de nostalgie m’a fait racheter les sagas coups de cœur de mon enfance afin de reconstituer une petite collection souvenir. Mais ce sera plus compliqué pour les autres, moins connus et probablement plus édités. Il ne me reste plus qu’à farfouiller dans les bibliothèques municipales et sur les sites d’occasion ! Le must serait de les retrouver dans leur édition d’origine pour pousser le retour en enfance jusqu’au bout 😀 

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Les Accoucheuses – tome 1 : La fierté, Anne-Marie Sicotte

couv6758469 1845. Montréal s’étend au rythme des arrivées d’immigrants et des nombreuses naissances. Léonie, sage-femme, accompagnée de sa fille Flavie, met ses talents et son savoir au service de toutes les mères, riches ou pauvres, mariées ou non. Esprit moderne, elle aspire à changer les mentalités : faire évoluer le statut des femmes, permettre à chacune d’entreprendre les études qu’elle souhaite. Un nouveau monde se lève.
Mais pour que les accoucheuses y obtiennent la reconnaissance qu’elles méritent, il leur faudra lutter avec fierté contre le poids de l’Eglise conservatrice et l’emprise corporatiste des médecins.

* * *

Je vous retrouve pour vous parler de la saga Les Accoucheuses, parue en 2006. On est loin d’une nouveauté, mais je l’avais repérée en librairie depuis un petit moment. Préparez-vous car c’est un pavé, et ma chronique n’en est pas loin !

Le roman est consacré à l’histoire des sage-femmes québécoises dans la seconde moitié du XIXème siècle. Au départ, j’étais plutôt rebutée par l’aspect « documentaire » sur le Montréal des années 1850, les rapports du Québec avec l’Angleterre, les tensions entre anglophones et francophones et l’histoire de la médecine. En lisant la post-face on comprend mieux ce poids du récit historique en parallèle de la fiction : l’auteure a d’abord écrit pendant des années des livres historiques et des biographies. C’est donc la recherche documentaire que l’on entrevoit derrière le roman, d’où l’impression parfois de lire un ouvrage d’historien. A contrario, le roman est très bien documenté. Et au fil des pages, l’intrigue se lance et on s’attache aux personnages…de fiction ! Lire la suite

Le meilleur de mon année et (demie) en série (2019)

Bonjour à tous !

En janvier 2018, je vous avais fait un top des meilleures séries que j’avais vues. Je ne parle pas souvent de séries ici, alors je me suis dit que ce serait sympa de vous présenter mes séries chouchous du moment (et de l’année qui vient de s’écouler !).

A côté de celles dont je vais parler aujourd’hui, je poursuis le visionnage des séries que je vous avais présentées l’année dernière : Frontier, Peaky Blinders, Pretty Little Liars, Atypical, How I met your mother et Orange is the new black.

Mais voici les 7 séries qui ont fait mon année !

 

La casa de papel (saisons 1 à 4)

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Qui n’a pas entendu parler de La Casa de Papel ? Un mystérieux Professeur, dont on ne connait pas l’identité, réunit une troupe improbable pour mettre en œuvre le braquage parfait à la Fabrique de la monnaie. Au fil des épisodes, on s’attache énormément aux personnages et on se passionne pour leur plan ingénieux. La série est totalement addictive et maîtrise l’art du suspens et des retournements de situation à la perfection ! Une des clés de la réussite est qu’on ne connait pas toutes les ficelles du plan à l’avance, on se laisse donc prendre au jeu et on se fait avoir par les pièges tendus à la police. En parallèle, on en apprend plus sur l’histoire personnelle de chaque personnage, ce qui les rend plus humains et plus touchants. On suit aussi les avancées de la police : les échanges verbaux entre les inspecteurs et le Professeur sont savoureux, on frissonne de peur que les braqueurs se fassent attraper, on triomphe quand les enquêteurs se font berner. Bref, j’ai dévoré les 4 saisons (même si je ne me remets pas de la dernière…).

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Un bilan de mes lectures hivernales

Ayant été absente du blog ces derniers mois, je n’ai pas pu honorer les fameux bilans mensuels. Et d’ailleurs, comme mon rythme de lecture a un peu diminué, il n’y aurait pas forcément eu de quoi les alimenter. Je profite donc du passage au printemps (c’était il y a un mois, je sais), pour revenir sur les lectures qui m’ont occupée entre décembre et mars. Vous verrez, quelques coups de cœur mais aussi beaucoup de déceptions dont je dirai quelques mots. Ce sera l’occasion de les citer sans pour autant en faire une chronique individuelle.

Alors, qu’a été mon hiver ?

Des coups de cœur

Je ne vous en dis pas trop sur Les règles d’usage car j’ai prévu de lui consacrer un article bientôt. Il le vaut bien !
Retrouvez ma chronique de Dans la forêt ici.

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Dans la forêt, Jean Hegland

couv15289186Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste , toujours présentes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, remplie d’inépuisables richesses.

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ALERTE : ÉNORME COUP DE CŒUR ♥♥♥

J’ai acheté Dans la forêt un peu par hasard. Même si j’en avais entendu du bien, j’étais passée à côté du phénomène. Et tant mieux, car je l’ai découvert sans avis préconçu, sans savoir trop de quoi ça parlait.

Et laissez-moi vous dire que c’est définitivement un de mes livres favoris de l’année !

Pour une fois, la quatrième de couverture est assez mystérieuse. Deux adolescentes qui vivent seules dans la forêt, aux Etats-Unis, dans une temporalité assez nébuleuse, un futur plus ou moins proche dans une ambiance post-apocalyptique (mais sans science-fiction). Autant dire que ça ouvre un tas de possibilités.

Dans la forêt est un savant mélange de nature-writing, de roman d’apprentissage et de critique sociale. Le roman s’ouvre comme un journal où Nell raconte leur quotidien. On comprend qu’elles sont seules dans leur maison au cœur de la forêt et que quelque chose ne tourne pas rond. On sent qu’on est dans un après, dans un monde où il n’y a plus d’électricité, plus d’essence, plus de transports, plus de supermarchés, plus de structures publiques, plus de médias – juste des rumeurs diffuses. Et on va suivre, comme dans un huis-clos – mais un huit-clos en plein air – le  combat de Nell et Eva pour la survie.

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La part des flammes, Gaëlle Nohant

couv3364727 Mai 1897. Pendant trois jours, le Tout-Paris se presse à la plus mondaine des ventes de charité. Les regards convergent vers la charismatique duchesse d’Alençon. Au mépris du qu’en-dira-t-on, la princesse de Bavière a accordé le privilège de l’assister à Violaine de Raezal, ravissante veuve à la réputation sulfureuse, et à Constance d’Estingel, qui vient de rompre brutalement ses fiançailles. Dans un monde d’une politesse exquise qui vous assassine sur l’autel des convenances, la bonté de Sophie d’Alençon leur permettra-t-elle d’échapper au scandale ? Mues par un même désir de rédemption, ces trois rebelles verront leurs destins scellés lors de l’incendie du Bazar de la Charité.
 

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Je repasse par là entre deux épisodes Netflix, un tour sur instagram et une session pâtisserie. Qui a dit que confinement = ennui ?

Bref, je voulais vous parler d’une de mes dernières lectures en date, La part des flammes, de Gaëlle Nohant. Le roman date de 2014 – depuis, l’auteure en a écrit 2 autres, mais je découvrais sa plume avec celui-ci.

La Part des Flammes est inspiré d’un fait divers s’étant déroulé à Paris en 1897 durant le Bazar de la Charité, un événement mondain très prisé dans la capitale. Alors que toutes les femmes de l’aristocratie sont rassemblées dans les halles pour une grande vente de charité, un effroyable incendie se déclenche, faisant des centaines de victimes, essentiellement féminines, parmi la haute société.

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La mémoire des embruns, Karen Viggers

couv75007690 Mary est âgée, sa santé se dégrade. Elle décide de passer ses derniers jours à Bruny, île de Tasmanie balayée par les vents où elle a vécu ses plus belles années auprès de son mari, le gardien du phare. Les retrouvailles avec la terre aimée prennent des allures de pèlerinage. Entre souvenirs et regrets, Mary retourne sur les lieux de son ancienne vie pour tenter de réparer ses erreurs. Entourée de Tom, le seul de ses enfants à comprendre sa démarche, un homme solitaire depuis son retour d’Antarctique et le divorce qui l’a détruit, elle veut trouver la paix avant de mourir. Mais le secret qui l’a hantée durant des décennies menace d’être révélé et de mettre en péril son fragile équilibre.

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La mémoire des embruns est une de mes dernières lectures en date. Il s’agit d’un roman d’une auteur australienne, Karen Viggers, dont on avait notamment entendu parler par le biais de Gérard Collard, le fameux libraire de La Griffe noire. C’est d’ailleurs pour cette raison que je l’ai reçu en cadeau d’anniversaire il y a deux ans.

Vous commencez à me connaitre, ça n’a pas loupé, je n’ai pu m’empêcher d’avoir une petite déception. Non que la lecture ait été désagréable –  simplement pas forcément à la hauteur des éloges.

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Les dieux du tango, Carolina De Robertis

couv69307513Février 1913. Leda a dix-sept ans. Elle quitte son petit village italien pour rejoindre en Argentine son cousin Dante, qu’elle vient d’épouser. Dans ses maigres bagages, le précieux violon de son père.
Mais à son arrivée, Dante est mort. Buenos Aires n’est pas un lieu pour une jeune femme seule, de surcroît veuve et sans ressources : elle doit rentrer en Italie. Pourtant, quelque chose la retient… Leda brûle d’envie de découvrir ce nouveau monde et la musique qui fait bouillonner les quartiers chauds de la ville, le tango, l’envoûte. Passionnée par ce violon interdit aux femmes, Leda décide de prendre son destin en main. Un soir, vêtue du costume de son mari, elle part, invisible, à travers la ville.

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Me revoilà pour ma première chronique depuis des mois. Et même si ça commence à dater, il y a plusieurs de mes lectures sur lesquelles je tenais à revenir. Les Dieux du tango en fait partie.

J’avais repéré ce roman depuis longtemps. Beaucoup de blogueuses en parlaient en bien mais j’avais une petite réticence parce que le résumé, comme le sujet de la transsexualité/travestissement, ne me parlaient pas plus que ça. Pourtant, en réalité, on ne peut pas réduire Les dieux du tango à une histoire de travestissement ou de transsexualité, et je d’ailleurs je ne crois pas que c’est ainsi qu’il se revendique.

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Faux départ

Le 7 juillet, j’annonçais mon retour sur la blogo après deux mois d’absence. Un article plus tard et je disparaissais de nouveau, pour trois mois. Là encore, un malheureux article, puis plus rien. Pendant 4 mois. Poussif.

Bref, j’ai loupé mon départ. 

Ces mois pendant lesquels je n’ai pas écrit un mot m’ont fait prendre conscience qu’il ne s’agissait pas seulement de temps. Certes, j’ai un nouveau rythme depuis que j’ai démarré ma vie professionnelle. Les horaires de bureau et les transports font que la semaine il m’est impossible de bloguer (et je n’ai pas l’énergie de me remettre devant l’ordinateur à réfléchir en rentrant du travail le soir). Quant aux week-end, ils filent à toute allure. J’ai l’impression que les jours ont raccourci ! A plusieurs reprises, j’ai démarré un brouillon d’article en me disant que j’aurais bien le temps de le finir le week-end. Et rendu au dimanche soir, je n’avais pas passé 5 minutes dessus ! A plusieurs reprises, aussi, je me suis mise devant l’ordinateur et….rien. Pas d’inspiration, pas la concentration, pas l’énergie intellectuelle, pas envie de m’imposer ce « travail » supplémentaire.

Il n’y avait donc pas que le temps, il y avait aussi l’envie.

Car bien sûr, il m’est arrivé, ces dernières années, d’avoir des périodes de rush qui m’ont forcée à ralentir le rythme sur le blog et à prendre une pause de quelques jours ou quelques semaines. Mais ces périodes là, je les vivais plutôt comme une contrainte et je n’attendais qu’une chose, c’était que les examens soient passés pour pouvoir m’y remettre à fond. Et même pendant cette absence, je gardais un contact avec la blogosphère, j’allais lire quelques articles sur le fil, je traînais sur Bookstagram.

C’est la première fois depuis la création de Petite Plume que je m’arrête aussi longtemps, et surtout que je coupe tout lien avec la blogosphère. 4 mois que je n’ai pas publié, que je n’ai pas posté de photos, que je n’ai pas ouvert Bookstagram, que je n’ai pas navigué sur les blogs de mes camarades blogueurs. Et cela ne me manquait pas ! Ou plutôt, le souvenir du plaisir que j’avais à bloguer me manquait, le fait d’avoir cette casquette de blogueuse me manquait, mais je ne ressentais pas l’envie réelle d’y revenir. Je l’ai compris après m’être dit une dizaine de fois : « ce week-end c’est le bon, je relance le  blog ». Ma motivation n’était pas sincère, sinon elle aurait été plus fructueuse. 

En réalité, cela fait 5 ans que je blogue, et il fallait que je fasse une pause. Car l’envie même de bloguer m’étais passée. J’avais perdu de vue la raison qui m’avait conduite à ouvrir ce blog. Je ne voyais plus pourquoi j’y avais consacré autant de temps, autant d’énergie, mis derrière mon écran et non à profit d’activités de la « vie réelle ». Je ne me sentais plus en phase avec celle que j’étais à 19 ans. Et, de fait, je n’en suis plus au même stade de ma vie, je n’ai plus les mêmes perspectives. Et donc ce blog me semblait appartenir aussi à un autre moi.

Bref, j’avais besoin de me reconnecter (sans mauvais jeu de mot)

Je me suis toujours dit que je ne me forcerai jamais à bloguer. Alors j’ai pris la distance dont j’avais besoin avec les réseaux sociaux, avec les blogs, avec mon propre blog. Et ça m’a fait un bien fou ! Mon rapport à la lecture aussi était différent. J’ai lu beaucoup moins, de manière moins assidue et sans penser à ce que j’allais en dire. Je me suis détachée, de peur que bloguer devienne une contrainte que je me serais imposée sans que personne ne me le demande.

Jusqu’à ce qu’on arrive à aujourd’hui et que je me dise que j’ai laissé passer suffisamment de temps. Jusqu’à ce que taper l’adresse du blog me titille et que je me rende compte que bloguer me manque. Et jusqu’à ce qu’ouvrir WordPress me rappelle que j’ai plein d’idées d’articles dans mes brouillons et que la pile de livres dont j’ai envie de vous parler déborde.

Alors je suis heureuse de vous retrouver, et si vous n’avez pas tous disparu, je vous dis à bientôt !

Il y a sûrement des choses qui vont bouger par ici, j’ai envie de changement, de nouvelles façons d’écrire, pourquoi pas de nouvelles catégories d’articles – de recréer un blog fidèle à mes envies.

Je ne sais pas si je serai aussi régulière qu’autrefois, mais j’ai au moins pris le soin de préparer plusieurs articles afin de ne pas laisser des pauses de plusieurs mois entre chaque post ! Commençons avec des objectifs atteignables haha. 

PS : Amis blogueurs, j’adorerais partager votre ressenti par rapport à votre blog. Avez-vous eu des périodes où vous avez eu le besoin de vous en détacher, de faire une pause ou de le faire évoluer ?

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Mes lectures de l’été : un bilan sous forme de mini chroniques

Bonjour tout le monde !

Après avoir annoncé mon retour en juillet, j’ai honte d’avoir disparu de nouveau ! Clairement, je me suis laissée dépasser… Mais je suis heureuse de trouver enfin le temps de revenir vous écrire ici. J’ai également lâchement délaissé le reste de la blogosphère, et j’espère bien pouvoir retourner rapidement sur vos blogs respectifs !

Certes, on est déjà en octobre, mais je tenais à faire avec vous le bilan de mes lectures de l’été. Il parait bien loin maintenant, lorsque l’on contemple le temps maussade que l’on doit se trainer depuis quelques semaines…. Cela dit, l’été s’est terminé il y a à peine un mois, je ne suis donc pas totalement décalée… Si ?

Pour tout vous dire, j’ai moi-même eu du mal à dresser la liste de mes lectures ! Comme je n’ai pas tenu à jour les romans lus sur Livraddict, je n’étais plus sûre de me souvenir de tous les titres… En même temps, vous allez vite vous rendre compte dans ce bilan que mes lectures n’ont pas été très folichonnes –  il valait sans doute mieux que je les oublie. Mauvaise pioche ou une panne de lecture qui m’a empêché d’en profiter ? Sûrement un peu des deux….

Quoi qu’il en soit, pour me faire pardonner, je vous ai fait un article bien fourni haha ! Installez-vous confortablement, vous allez avoir de quoi faire avec ce récap des derniers mois ! [eh oui, quand je m’y mets, ce n’est pas pour rien !]

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couv18275590.jpgUne histoire d’amour africaine : prolonger le voyage…

Cette lecture a accompagné mon voyage en Tanzanie au mois de juillet. C’était un voyage incroyable, j’ai pu voir des animaux sauvages de très près et admirer des paysages magnifiques. Ce sont mes lectures qui m’avaient donné envie de faire ce voyage, d’abord les romans tanzaniens de Katherine Scholes (dont La lionne), et ensuite l’expérience de Lawrence Anthony auprès des éléphants et autres animaux de sa réserve au Kenya. Il était donc naturel que je poursuive avec le témoignage de Daphné Sheldrick pour me mettre dans l’ambiance avant le départ et prolonger les vacances à mon retour… L’histoire a beaucoup de points communs avec le roman de Lawrence Anthony, dans la description de la gestion du parc, la proximité avec les animaux sauvages, le combat contre le braconnage. C’est toujours incroyable de voir comment des hommes arrivent à développer une relation affective avec les animaux qu’ils recueillent et soignent avant de les réinsérer dans leur milieu. Plus qu’un métier, c’est une vocation, l’œuvre d’une vie et un héritage qu’ils voudront transmettre par la suite. L’histoire de Daphné Sheldrick a ceci d’original qu’elle est, au départ, un hommage à son mari, son grand amour. Il est touchant de voir comment elle poursuit son combat pour la protection des espèces.

J’ai été un peu mal à l’aise, néanmoins, avec la façon dont l’auteure parle de la période coloniale et de sa situation de « Blanc d’Afrique ». De manière générale, la première partie du roman, jusqu’à son mariage, m’a moins intéressée, et je n’ai commencé à réellement apprécier le livre que lorsqu’on entre dans le quotidien au sein du parc.

 

couv16273864 Un peu beaucoup à la folie : un troisième roman en-deça des précédents

J’attendais beaucoup de ce roman de Liane Moriarty. Si vous avez suivi, j’avais beaucoup aimé les deux précédents, Petits secrets, grands mensonges et Le secret du mari. Or, j’ai eu le sentiment que l’auteur tournait un peu en rond au niveau des thématiques abordées et des profils de personnages. On retrouve encore des mères de famille, dans les quartiers résidentiels de Sidney. Il y est aussi question d’un secret, de relations de voisinage, d’apparences et de non-dits. Tout le roman tourne autour d’un secret qui nous est révélé au fil de l’eau. C’est là où réside le problème, car l’auteure tire un peu trop la pelote. La dynamique finit par s’essouffler, avec le risque d’agacer le lecteur qui a envie d’avoir le fin mot de l’histoire et s’ennuie de l’effet d’attente. Je n’ai pas adhéré à la construction de l’intrigue : le roman alterne un chapitre au présent et un chapitre flash back relatant une partie du fameux « jour du barbecue » qui a tout fait basculer. Comme toute l’histoire est basée sur un évènement passé, il ne se passe pas grand chose en réalité. J’ai eu aussi du mal à m’attacher aux personnages dans la mesure où le contexte de l’histoire nous les rend peu sympathiques.

Cela dit, ma lecture n’était pas désagréable pour autant. Les sujets abordés – la jalousie entre amies, la mise en scène de la réussite sociale et la concurrence qu’elle entraine entre voisins ou cercles de connaissances, le désir ou non de maternité, les difficultés dans le couple – sont intéressants et finalement assez peu traités en littérature. J’aurais préféré simplement un autre angle. L’auteure aurait peut-être aussi gagné à traiter moins de sujets à la fois, et plus en profondeur – certains éléments apparaissent un peu comme un cheveu sur la soupe, à l’image du trouble d’accumulation compulsive ou de la fertilité, et ont par conséquent un traitement un peu léger.

 

couv59295543 Celle qui fuit et celle qui reste : toujours pas de révélation

Je poursuis la saga L’Amie prodigieuse, mais avec assez peu d’enthousiasme. Ce tome ne m’a pas particulièrement emballée. Je l’ai trouvé amer et assez négatif, puisqu’aucune des deux jeunes femmes n’est épanouie dans sa vie. Finalement, voir ce qu’elles sont devenues après avoir suivi leur enfance dans les tomes précédents est plutôt déprimant. Elena cherche à se faire reconnaitre comme écrivain, fait un mariage sans passion et vit mal sa maternité. Lina s’épuise dans son travail à l’usine et son quotidien de mère célibataire, découvre la lutte politique et sombre dans une mélancolie profonde. Encore une fois, j’ai beaucoup de mal à m’attacher aux personnages. Cela dit, le  contexte social et politique des années 70 apporte une toile de fond intéressante au roman.

 

couv18763351L’aube sera grandiose : le coup de foudre n’a pas eu lieu

J’attendais beaucoup de L’aube sera grandiose car j’en avais entendu parler partout et le résumé me paraissait fort alléchant : un secret de famille, un moment privilégié mère-fille, le cadre de la nature… Pourtant, je suis restée sur ma faim. Les deux figures de maternité m’ont dérangée, la première parce qu’elle a multiplié les déplacements et les changements de vie, n’offrant aucune stabilité à ses enfants, les faisant rompre brutalement à chaque fois avec la vie qu’ils se sont construits et les personnes auxquelles ils se sont attachés ; la deuxième parce qu’elle a caché à sa fille un pan énorme de sa vie. Même si l’on découvre une partie des raisons qui les ont chacune poussée à agir ainsi, il y a une part d’égoïsme dans ce comportement. De plus, la construction du roman ne m’a pas convaincue. La façon d’entre-couper le récit d’échanges mère-fille au présent pour tempérer les révélations n’était pas forcément pertinent à mon sens : ils n’ont que peu d’intérêt et ne font que retarder les passages vraiment intéressants. L’adolescente est dépeinte de manière trop caricaturale et les dialogues manquent de réalisme et de fluidité. Après tout ce suspens, on est encore plus déçu par les révélations finales de Rose-Aimée, abracadabrantesques. C’est dommage, l’auteure aurait pu trouver mieux et plus crédible. La fin est plutôt frustrante : on ferme le roman précisément quand ça devenait intéressant, sans que l’on ait la rencontre que l’on a attendue pendant 300 pages ! J’aurais aimé aussi que l’endroit où mère et fille se retrouvent, une cabane perdue au milieu de la forêt, aux abords d’un lac, joue un véritable rôle dans l’intrigue et que l’on sente davantage la présence de la nature. Néanmoins, pour ne pas dire que du mal du roman, je dois reconnaitre que le récit de l’enfance de Titania et de ses frères m’a plu. Je me suis attachée aux personnages enfants et l’auteure a su habilement jouer avec le contexte des années 70 et 80, glissant des références nostalgiques qui parleront aux adultes.

 

couv29014849.jpg La salle de bal : un roman fort au cœur de la folie

Je termine par le positif. Après, Le chagrin des vivants, Anna Hope m’aura une nouvelle fois conquise. Elle a choisi ici de nous plonger dans l’asile de Sharston, dans le Yorkshire, en 1911. Avec ce sujet rarement abordé, elle met en lumière un pan méconnu de l’histoire de la médecine et de la réalité sociale du début du XXème siècle et rend hommage à ceux qui y ont été enfermés. Passée la première réticence liée à la psychiatrie et à la singularité du lieu et de son ambiance, on s’attache réellement aux personnages, en particulier Ella, le personnage principal, Clem, qui deviendra son amie, et John.

Le roman donne tout son sens au désir de liberté et à la quête d’identité. La salle de bal, lieu central, paradoxal dans ce milieu de contrainte et de séparation stricte entre hommes et femmes, va être à l’origine des changements qui s’opèrent chez les personnages et cristalliser les enjeux. Le personnage du Dr Fuller est aussi intéressant, non seulement parce qu’il apporte le point de vue des soignants, mais aussi parce qu’il est complexe. Alors qu’il semble au départ assez moderne, prêt à l’innovation pour le bien-être des patients, un glissement s’opère au fur et à mesure et il va tomber dans une radicalité d’opinion sur le « contrôle des faibles d’esprit » et la castration des « dégénérés ». L’auteure a pris le parti pris de développer également sa vie personnelle pour ne pas le réduire au rôle du méchant psychiatre. Une place difficile à se faire dans sa profession, une famille avec laquelle il est en rupture, une sexualité non assumée, une passion pour la musique qu’il ne peut assouvir…sont autant de pistes pour expliquer son extrémisme. A tel point que l’on finit par se dire que c’est lui que la folie a gagné. 

Loin des stéréotypes, Anna Hope montre que les parcours qui ont mené à l’asile sont souvent faits de hasard, de malchance, de misère, et que les raisons d’y demeurer sont complexes. Elle interroge la perception de la folie. Et certes, on est horrifié de la manière dont les patients de l’asile étaient traités à l’époque, mais je  crois que l’auteure nous invite, au-delà, à reconsidérer nos propres pratiques contemporaines.  Elle insiste sur la dimension sociale et politique de l’asile. Les théories s’affrontent entre ceux qui veulent isoler les malades mentaux et ceux qui veulent s’en débarrasser et empêcher leur reproduction pour préserver la viabilité de la société. Le traitement des fous est aussi celui des pauvres puisqu’une partie d’entre eux sont indigents et ont terminé à l’asile à défaut d’avoir quelque part où aller. La volonté de l’auteure d’apporter une visée pédagogique, historique, est d’ailleurs louable mais ne se fond pas toujours très subtilement avec l’intrigue. A mon goût, elle consacre un peu trop de temps à la montée de l’eugénisme, à la description des théories et des différents courants de la psychiatrie, perdant par moment le caractère de fiction. Cela aura néanmoins le mérite de nous faire découvrir une partie peu reluisante de l’histoire politique de la Grande-Bretagne….et notamment que Churchill lui-même adhérait à ces théories !

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Je vous laisse sur ses bonnes paroles, en m’excusant du ton finalement assez pessimiste de cet article. Mon bilan de l’été n’a pas été terrible, comme vous avez pu le voir ! Mais n’hésitez pas à me dire si vous en avez lu certains, même si votre avis diverge !

Et vous, quelles ont été vos lectures de l’été ?