C’est le cœur qui lâche en dernier, Margaret Atwood

Je reviens aujourd’hui pour vous parler du dernier roman de Margaret Atwood, paru en 2017, soit près de 30 ans après le fameux Servante écarlate.

Stan et Charmaine ont été touchés de plein fouet par la crise économique qui consume les Etats-Unis. Réduits à vivre dans leur voiture, ils sont au bord du désespoir. Charmaine trouve alors la solution à tous leurs problèmes dans une étonnante publicité pour la ville de Consilience. Promesse d’une vie de rêve, Consilience leur assure un toit, à manger et du travail… Un mois sur deux. L’ autre mois, les habitants le passent en prison, nourris et blanchis, pendant que d’autres s’installent chez eux. Une règle absolue régit cette étrange utopie : ne jamais entrer en contact avec les « alternants ». Mais Stan tombe bientôt sur un mot qui va le rendre fou de désir pour celle qui se glisse entre ses draps quand lui n’y est pas : « Je suis affamée de toi ».

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L’hibiscus pourpre, Chimamanda Ngozi Adichie

Vous connaissez mon amour pour Chimamanda Ngozi Adichie. [Si ce n’est pas le cas, je vous redirige vers Americanah, L’autre moitié du soleil, et Chère Ijeawele.]
C’est une des premières auteures africaines que j’ai lues, et je ne suis jamais déçue par ses romans. D’ailleurs, il faut qu’elle en écrive d’autres car je crois que j’ai fait le tour ! L’hibiscus pourpre, paru en 2003, est son premier, pourtant je crois que c’est mon préféré.

Kambili vit dans une famille nigériane aisée avec son frère aîné Jaja. Leur père est un catholique fondamentaliste, très respecté par la communauté d’Enugu. Mais lorsqu’un coup d’État contraint Kambili et Jaja à trouver refuge chez Tatie Ifeoma, ils découvrent un foyer bruyant et plein de vie et leurs illusions sur l’autorité religieuse et paternelle tombent. Commence alors un douloureux combat pour s’affranchir du passé.

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Mes lectures printemps/été

A l’origine, j’avais l’intention de vous faire un bilan de mes lectures de confinement. Mais, comme vous avez pu le constater, je n’ai pas été très présente depuis le mois de mai (pour ma défense, j’avais un mariage à organiser et vu la période, ça n’a pas été de tout repos !).

Bref, maintenant que j’ai la bague au doigt et que je peux consacrer mes soirées et week-ends à autre chose que chercher des inspirations décos, faire des DIY, contacter des prestataires et gérer la logistique, je reviens tout doucement sur le blog.

Je n’ai pas énormément lu cet été, à la fois faute de temps et probablement aussi parce qu’après ces mois enfermés j’avais davantage envie de sortir que de me poser. L’automne devrait être une période plus propice à la lecture – j’avoue que depuis que les températures ont commencé à baisser et que les jours raccourcissent, je suis prise d’une envie folle d’hiberner sous un plaid avec un livre et une boisson chaude (et une assiette de cookies pas loin).

En vrai j’ai déjà bien commencé 🙈

Mais trêves de bavardages, passons au bilan de mes lectures printanières et estivales !

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Et si on retombait en enfance ?

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Coline, de Déjeuner sous la pluie, a lancé un club de lecture un peu particulier : Relire son enfance. J’ai trouvé l’idée géniale, et même si le challenge a été lancé depuis des mois, j’ai décidé d’attraper le train en marche et d’y participer. Si vous souhaitez vous joindre à nous, un groupe Facebook a été créé spécialement pour l’occasion.

Pourquoi des lectures d’enfance ?

Pour moi, ce challenge lectures d’enfance, c’est un peu de nostalgie : parcourir les grandes sagas de mon enfance/adolescence, me replonger dans des titres que je me souviens avoir dévorés et retrouver des sensations d’alors. Bref, des livres que j’ai toujours eu envie de relire sans jamais sauter le pas !

C’est aussi de la curiosité, plus objective : j’ai envie de voir, avec mon regard d’adulte, à quoi ressemblait la littérature jeunesse/ado d’il y a quelques années (et d’éventuelles différences avec la littérature contemporaine). Je me réjouis aussi de pouvoir analyser le style des auteurs et les messages qu’ils font passer, des choses dont on n’est pas forcément conscient enfant.

Tout cela ne va pas sans un peu d’appréhension : Vais-je pouvoir retrouver l’enthousiasme du moi lecteur d’il y a quelques années ? Est-ce que je ne risque pas d’être trop critique et de gâcher de bons souvenirs de lecture parce que j’ai dépassé l’âge du lectorat visé ? On a tendance à avoir une vision un peu idéalisée de nos coups de cœur, et encore plus lorsque ce sont des lectures d’enfance/d’adolescence. Pour la plupart de ces livres, je ne les ai jamais relus, parce que je n’avais pas spécialement d’envie ni de temps à leur consacrer, mais surtout par peur d’être déçue.

Première étape : ma liste de lectures

Cela n’a pas été une mince affaire de concocter ma liste de lectures pour ce challenge. Il y a certes des sagas très connues auxquelles je suis encore attachée et qui étaient une évidence. Mais il y avait aussi beaucoup de romans dont je n’avais qu’un souvenir vague, une idée très sommaire de l’histoire, le visuel d’une couverture en tête….et le titre sur le bout de la langue ! Après plusieurs heures de recherche sur Livraddict à farfouiller dans les catalogues de maisons d’édition jeunesse et sur Babelio dans les divers tops de littérature jeunesse, j’ai retrouvé l’essentiel des romans que je cherchais (c’est hyper satisfaisant d’avoir tout à coup sous les yeux un titre dont vous vous souveniez tout en ayant oublié son existence, avec cette fameuse réaction « ah ouiiiiiiiii » !). Bien sûr, tout cela a eu lieu pendant le confinement, impossible donc d’aller farfouiller dans mes anciennes affaires chez mes parents.

Au total, une trentaine de romans composent ma liste de lectures. Je ne suis pas sûre de tous les lire, surtout que certains m’intéressent moins que d’autres et que les séries jeunesse peuvent avoir beaucoup de tomes, mais je souhaitais avoir quelque chose d’assez complet et représentatif de mes lectures d’enfance. Il s’agit pour la plupart de livres publiés entre 2003 et 2010, que j’ai lu autour de mes 10-15 ans (un peu plus jeune pour les romans très jeunesse, un peu plus âgé pour les séries ados que j’ai poursuivies jusqu’au lycée).

Les souvenirs que j’avais de mon enfance, c’étaient surtout :

– des noms d’auteurs jeunesse incontournables : Marie Desplechin, Marie-Aude Murail, Gudule, Meg Cabot…

– les grandes sagas de mon adolescence : Harry Potter, Artemis Fowl, Tara Duncan, Cherub…

– des maisons d’édition : l’Ecole des loisirs, le Livre de poche jeunesse, Gallimard Jeunesse…

– des styles : du fantastique, de la chick-lit pour jeunes filles avec des bandes de copines et les premiers amours, des romans du genre témoignage du quotidien d’un collégien/lycéen, des romans historiques avec pour cadre l’Antiquité ou la cour de Versailles…

Je ne sais pas encore si je vais être en mesure de trouver tous les livres de ma liste. Quand j’étais enfant, j’empruntais beaucoup à la bibliothèque plutôt que d’acheter, j’ai donc peu de livres en ma possession ou chez mes parents. Heureusement, depuis quelques années, ma part de nostalgie m’a fait racheter les sagas coups de cœur de mon enfance afin de reconstituer une petite collection souvenir. Mais ce sera plus compliqué pour les autres, moins connus et probablement plus édités. Il ne me reste plus qu’à farfouiller dans les bibliothèques municipales et sur les sites d’occasion ! Le must serait de les retrouver dans leur édition d’origine pour pousser le retour en enfance jusqu’au bout 😀 

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Les Accoucheuses – tome 1 : La fierté, Anne-Marie Sicotte

couv6758469 1845. Montréal s’étend au rythme des arrivées d’immigrants et des nombreuses naissances. Léonie, sage-femme, accompagnée de sa fille Flavie, met ses talents et son savoir au service de toutes les mères, riches ou pauvres, mariées ou non. Esprit moderne, elle aspire à changer les mentalités : faire évoluer le statut des femmes, permettre à chacune d’entreprendre les études qu’elle souhaite. Un nouveau monde se lève.
Mais pour que les accoucheuses y obtiennent la reconnaissance qu’elles méritent, il leur faudra lutter avec fierté contre le poids de l’Eglise conservatrice et l’emprise corporatiste des médecins.

* * *

Je vous retrouve pour vous parler de la saga Les Accoucheuses, parue en 2006. On est loin d’une nouveauté, mais je l’avais repérée en librairie depuis un petit moment. Préparez-vous car c’est un pavé, et ma chronique n’en est pas loin !

Le roman est consacré à l’histoire des sage-femmes québécoises dans la seconde moitié du XIXème siècle. Au départ, j’étais plutôt rebutée par l’aspect « documentaire » sur le Montréal des années 1850, les rapports du Québec avec l’Angleterre, les tensions entre anglophones et francophones et l’histoire de la médecine. En lisant la post-face on comprend mieux ce poids du récit historique en parallèle de la fiction : l’auteure a d’abord écrit pendant des années des livres historiques et des biographies. C’est donc la recherche documentaire que l’on entrevoit derrière le roman, d’où l’impression parfois de lire un ouvrage d’historien. A contrario, le roman est très bien documenté. Et au fil des pages, l’intrigue se lance et on s’attache aux personnages…de fiction ! Lire la suite

Le meilleur de mon année et (demie) en série (2019)

Bonjour à tous !

En janvier 2018, je vous avais fait un top des meilleures séries que j’avais vues. Je ne parle pas souvent de séries ici, alors je me suis dit que ce serait sympa de vous présenter mes séries chouchous du moment (et de l’année qui vient de s’écouler !).

A côté de celles dont je vais parler aujourd’hui, je poursuis le visionnage des séries que je vous avais présentées l’année dernière : Frontier, Peaky Blinders, Pretty Little Liars, Atypical, How I met your mother et Orange is the new black.

Mais voici les 7 séries qui ont fait mon année !

 

La casa de papel (saisons 1 à 4)

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Qui n’a pas entendu parler de La Casa de Papel ? Un mystérieux Professeur, dont on ne connait pas l’identité, réunit une troupe improbable pour mettre en œuvre le braquage parfait à la Fabrique de la monnaie. Au fil des épisodes, on s’attache énormément aux personnages et on se passionne pour leur plan ingénieux. La série est totalement addictive et maîtrise l’art du suspens et des retournements de situation à la perfection ! Une des clés de la réussite est qu’on ne connait pas toutes les ficelles du plan à l’avance, on se laisse donc prendre au jeu et on se fait avoir par les pièges tendus à la police. En parallèle, on en apprend plus sur l’histoire personnelle de chaque personnage, ce qui les rend plus humains et plus touchants. On suit aussi les avancées de la police : les échanges verbaux entre les inspecteurs et le Professeur sont savoureux, on frissonne de peur que les braqueurs se fassent attraper, on triomphe quand les enquêteurs se font berner. Bref, j’ai dévoré les 4 saisons (même si je ne me remets pas de la dernière…).

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Un bilan de mes lectures hivernales

Ayant été absente du blog ces derniers mois, je n’ai pas pu honorer les fameux bilans mensuels. Et d’ailleurs, comme mon rythme de lecture a un peu diminué, il n’y aurait pas forcément eu de quoi les alimenter. Je profite donc du passage au printemps (c’était il y a un mois, je sais), pour revenir sur les lectures qui m’ont occupée entre décembre et mars. Vous verrez, quelques coups de cœur mais aussi beaucoup de déceptions dont je dirai quelques mots. Ce sera l’occasion de les citer sans pour autant en faire une chronique individuelle.

Alors, qu’a été mon hiver ?

Des coups de cœur

Je ne vous en dis pas trop sur Les règles d’usage car j’ai prévu de lui consacrer un article bientôt. Il le vaut bien !
Retrouvez ma chronique de Dans la forêt ici.

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Dans la forêt, Jean Hegland

couv15289186Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste , toujours présentes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, remplie d’inépuisables richesses.

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ALERTE : ÉNORME COUP DE CŒUR ♥♥♥

J’ai acheté Dans la forêt un peu par hasard. Même si j’en avais entendu du bien, j’étais passée à côté du phénomène. Et tant mieux, car je l’ai découvert sans avis préconçu, sans savoir trop de quoi ça parlait.

Et laissez-moi vous dire que c’est définitivement un de mes livres favoris de l’année !

Pour une fois, la quatrième de couverture est assez mystérieuse. Deux adolescentes qui vivent seules dans la forêt, aux Etats-Unis, dans une temporalité assez nébuleuse, un futur plus ou moins proche dans une ambiance post-apocalyptique (mais sans science-fiction). Autant dire que ça ouvre un tas de possibilités.

Dans la forêt est un savant mélange de nature-writing, de roman d’apprentissage et de critique sociale. Le roman s’ouvre comme un journal où Nell raconte leur quotidien. On comprend qu’elles sont seules dans leur maison au cœur de la forêt et que quelque chose ne tourne pas rond. On sent qu’on est dans un après, dans un monde où il n’y a plus d’électricité, plus d’essence, plus de transports, plus de supermarchés, plus de structures publiques, plus de médias – juste des rumeurs diffuses. Et on va suivre, comme dans un huis-clos – mais un huit-clos en plein air – le  combat de Nell et Eva pour la survie.

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La part des flammes, Gaëlle Nohant

couv3364727 Mai 1897. Pendant trois jours, le Tout-Paris se presse à la plus mondaine des ventes de charité. Les regards convergent vers la charismatique duchesse d’Alençon. Au mépris du qu’en-dira-t-on, la princesse de Bavière a accordé le privilège de l’assister à Violaine de Raezal, ravissante veuve à la réputation sulfureuse, et à Constance d’Estingel, qui vient de rompre brutalement ses fiançailles. Dans un monde d’une politesse exquise qui vous assassine sur l’autel des convenances, la bonté de Sophie d’Alençon leur permettra-t-elle d’échapper au scandale ? Mues par un même désir de rédemption, ces trois rebelles verront leurs destins scellés lors de l’incendie du Bazar de la Charité.
 

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Je repasse par là entre deux épisodes Netflix, un tour sur instagram et une session pâtisserie. Qui a dit que confinement = ennui ?

Bref, je voulais vous parler d’une de mes dernières lectures en date, La part des flammes, de Gaëlle Nohant. Le roman date de 2014 – depuis, l’auteure en a écrit 2 autres, mais je découvrais sa plume avec celui-ci.

La Part des Flammes est inspiré d’un fait divers s’étant déroulé à Paris en 1897 durant le Bazar de la Charité, un événement mondain très prisé dans la capitale. Alors que toutes les femmes de l’aristocratie sont rassemblées dans les halles pour une grande vente de charité, un effroyable incendie se déclenche, faisant des centaines de victimes, essentiellement féminines, parmi la haute société.

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La mémoire des embruns, Karen Viggers

couv75007690 Mary est âgée, sa santé se dégrade. Elle décide de passer ses derniers jours à Bruny, île de Tasmanie balayée par les vents où elle a vécu ses plus belles années auprès de son mari, le gardien du phare. Les retrouvailles avec la terre aimée prennent des allures de pèlerinage. Entre souvenirs et regrets, Mary retourne sur les lieux de son ancienne vie pour tenter de réparer ses erreurs. Entourée de Tom, le seul de ses enfants à comprendre sa démarche, un homme solitaire depuis son retour d’Antarctique et le divorce qui l’a détruit, elle veut trouver la paix avant de mourir. Mais le secret qui l’a hantée durant des décennies menace d’être révélé et de mettre en péril son fragile équilibre.

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La mémoire des embruns est une de mes dernières lectures en date. Il s’agit d’un roman d’une auteur australienne, Karen Viggers, dont on avait notamment entendu parler par le biais de Gérard Collard, le fameux libraire de La Griffe noire. C’est d’ailleurs pour cette raison que je l’ai reçu en cadeau d’anniversaire il y a deux ans.

Vous commencez à me connaitre, ça n’a pas loupé, je n’ai pu m’empêcher d’avoir une petite déception. Non que la lecture ait été désagréable –  simplement pas forcément à la hauteur des éloges.

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