La mémoire des embruns, Karen Viggers

couv75007690 Mary est âgée, sa santé se dégrade. Elle décide de passer ses derniers jours à Bruny, île de Tasmanie balayée par les vents où elle a vécu ses plus belles années auprès de son mari, le gardien du phare. Les retrouvailles avec la terre aimée prennent des allures de pèlerinage. Entre souvenirs et regrets, Mary retourne sur les lieux de son ancienne vie pour tenter de réparer ses erreurs. Entourée de Tom, le seul de ses enfants à comprendre sa démarche, un homme solitaire depuis son retour d’Antarctique et le divorce qui l’a détruit, elle veut trouver la paix avant de mourir. Mais le secret qui l’a hantée durant des décennies menace d’être révélé et de mettre en péril son fragile équilibre.

* * *

La mémoire des embruns est une de mes dernières lectures en date. Il s’agit d’un roman d’une auteur australienne, Karen Viggers, dont on avait notamment entendu parler par le biais de Gérard Collard, le fameux libraire de La Griffe noire. C’est d’ailleurs pour cette raison que je l’ai reçu en cadeau d’anniversaire il y a deux ans.

Vous commencez à me connaitre, ça n’a pas loupé, je n’ai pu m’empêcher d’avoir une petite déception. Non que la lecture ait été désagréable –  simplement pas forcément à la hauteur des éloges.

Lire la suite

Les dieux du tango, Carolina De Robertis

couv69307513Février 1913. Leda a dix-sept ans. Elle quitte son petit village italien pour rejoindre en Argentine son cousin Dante, qu’elle vient d’épouser. Dans ses maigres bagages, le précieux violon de son père.
Mais à son arrivée, Dante est mort. Buenos Aires n’est pas un lieu pour une jeune femme seule, de surcroît veuve et sans ressources : elle doit rentrer en Italie. Pourtant, quelque chose la retient… Leda brûle d’envie de découvrir ce nouveau monde et la musique qui fait bouillonner les quartiers chauds de la ville, le tango, l’envoûte. Passionnée par ce violon interdit aux femmes, Leda décide de prendre son destin en main. Un soir, vêtue du costume de son mari, elle part, invisible, à travers la ville.

* * *

Me revoilà pour ma première chronique depuis des mois. Et même si ça commence à dater, il y a plusieurs de mes lectures sur lesquelles je tenais à revenir. Les Dieux du tango en fait partie.

J’avais repéré ce roman depuis longtemps. Beaucoup de blogueuses en parlaient en bien mais j’avais une petite réticence parce que le résumé, comme le sujet de la transsexualité/travestissement, ne me parlaient pas plus que ça. Pourtant, en réalité, on ne peut pas réduire Les dieux du tango à une histoire de travestissement ou de transsexualité, et je d’ailleurs je ne crois pas que c’est ainsi qu’il se revendique.

Lire la suite

Faux départ

Le 7 juillet, j’annonçais mon retour sur la blogo après deux mois d’absence. Un article plus tard et je disparaissais de nouveau, pour trois mois. Là encore, un malheureux article, puis plus rien. Pendant 4 mois. Poussif.

Bref, j’ai loupé mon départ. 

Ces mois pendant lesquels je n’ai pas écrit un mot m’ont fait prendre conscience qu’il ne s’agissait pas seulement de temps. Certes, j’ai un nouveau rythme depuis que j’ai démarré ma vie professionnelle. Les horaires de bureau et les transports font que la semaine il m’est impossible de bloguer (et je n’ai pas l’énergie de me remettre devant l’ordinateur à réfléchir en rentrant du travail le soir). Quant aux week-end, ils filent à toute allure. J’ai l’impression que les jours ont raccourci ! A plusieurs reprises, j’ai démarré un brouillon d’article en me disant que j’aurais bien le temps de le finir le week-end. Et rendu au dimanche soir, je n’avais pas passé 5 minutes dessus ! A plusieurs reprises, aussi, je me suis mise devant l’ordinateur et….rien. Pas d’inspiration, pas la concentration, pas l’énergie intellectuelle, pas envie de m’imposer ce « travail » supplémentaire.

Il n’y avait donc pas que le temps, il y avait aussi l’envie.

Car bien sûr, il m’est arrivé, ces dernières années, d’avoir des périodes de rush qui m’ont forcée à ralentir le rythme sur le blog et à prendre une pause de quelques jours ou quelques semaines. Mais ces périodes là, je les vivais plutôt comme une contrainte et je n’attendais qu’une chose, c’était que les examens soient passés pour pouvoir m’y remettre à fond. Et même pendant cette absence, je gardais un contact avec la blogosphère, j’allais lire quelques articles sur le fil, je traînais sur Bookstagram.

C’est la première fois depuis la création de Petite Plume que je m’arrête aussi longtemps, et surtout que je coupe tout lien avec la blogosphère. 4 mois que je n’ai pas publié, que je n’ai pas posté de photos, que je n’ai pas ouvert Bookstagram, que je n’ai pas navigué sur les blogs de mes camarades blogueurs. Et cela ne me manquait pas ! Ou plutôt, le souvenir du plaisir que j’avais à bloguer me manquait, le fait d’avoir cette casquette de blogueuse me manquait, mais je ne ressentais pas l’envie réelle d’y revenir. Je l’ai compris après m’être dit une dizaine de fois : « ce week-end c’est le bon, je relance le  blog ». Ma motivation n’était pas sincère, sinon elle aurait été plus fructueuse. 

En réalité, cela fait 5 ans que je blogue, et il fallait que je fasse une pause. Car l’envie même de bloguer m’étais passée. J’avais perdu de vue la raison qui m’avait conduite à ouvrir ce blog. Je ne voyais plus pourquoi j’y avais consacré autant de temps, autant d’énergie, mis derrière mon écran et non à profit d’activités de la « vie réelle ». Je ne me sentais plus en phase avec celle que j’étais à 19 ans. Et, de fait, je n’en suis plus au même stade de ma vie, je n’ai plus les mêmes perspectives. Et donc ce blog me semblait appartenir aussi à un autre moi.

Bref, j’avais besoin de me reconnecter (sans mauvais jeu de mot)

Je me suis toujours dit que je ne me forcerai jamais à bloguer. Alors j’ai pris la distance dont j’avais besoin avec les réseaux sociaux, avec les blogs, avec mon propre blog. Et ça m’a fait un bien fou ! Mon rapport à la lecture aussi était différent. J’ai lu beaucoup moins, de manière moins assidue et sans penser à ce que j’allais en dire. Je me suis détachée, de peur que bloguer devienne une contrainte que je me serais imposée sans que personne ne me le demande.

Jusqu’à ce qu’on arrive à aujourd’hui et que je me dise que j’ai laissé passer suffisamment de temps. Jusqu’à ce que taper l’adresse du blog me titille et que je me rende compte que bloguer me manque. Et jusqu’à ce qu’ouvrir WordPress me rappelle que j’ai plein d’idées d’articles dans mes brouillons et que la pile de livres dont j’ai envie de vous parler déborde.

Alors je suis heureuse de vous retrouver, et si vous n’avez pas tous disparu, je vous dis à bientôt !

Il y a sûrement des choses qui vont bouger par ici, j’ai envie de changement, de nouvelles façons d’écrire, pourquoi pas de nouvelles catégories d’articles – de recréer un blog fidèle à mes envies.

Je ne sais pas si je serai aussi régulière qu’autrefois, mais j’ai au moins pris le soin de préparer plusieurs articles afin de ne pas laisser des pauses de plusieurs mois entre chaque post ! Commençons avec des objectifs atteignables haha. 

PS : Amis blogueurs, j’adorerais partager votre ressenti par rapport à votre blog. Avez-vous eu des périodes où vous avez eu le besoin de vous en détacher, de faire une pause ou de le faire évoluer ?

woman-2827304_1920

Mes lectures de l’été : un bilan sous forme de mini chroniques

Bonjour tout le monde !

Après avoir annoncé mon retour en juillet, j’ai honte d’avoir disparu de nouveau ! Clairement, je me suis laissée dépasser… Mais je suis heureuse de trouver enfin le temps de revenir vous écrire ici. J’ai également lâchement délaissé le reste de la blogosphère, et j’espère bien pouvoir retourner rapidement sur vos blogs respectifs !

Certes, on est déjà en octobre, mais je tenais à faire avec vous le bilan de mes lectures de l’été. Il parait bien loin maintenant, lorsque l’on contemple le temps maussade que l’on doit se trainer depuis quelques semaines…. Cela dit, l’été s’est terminé il y a à peine un mois, je ne suis donc pas totalement décalée… Si ?

Pour tout vous dire, j’ai moi-même eu du mal à dresser la liste de mes lectures ! Comme je n’ai pas tenu à jour les romans lus sur Livraddict, je n’étais plus sûre de me souvenir de tous les titres… En même temps, vous allez vite vous rendre compte dans ce bilan que mes lectures n’ont pas été très folichonnes –  il valait sans doute mieux que je les oublie. Mauvaise pioche ou une panne de lecture qui m’a empêché d’en profiter ? Sûrement un peu des deux….

Quoi qu’il en soit, pour me faire pardonner, je vous ai fait un article bien fourni haha ! Installez-vous confortablement, vous allez avoir de quoi faire avec ce récap des derniers mois ! [eh oui, quand je m’y mets, ce n’est pas pour rien !]

* * * * * * * *

couv18275590.jpgUne histoire d’amour africaine : prolonger le voyage…

Cette lecture a accompagné mon voyage en Tanzanie au mois de juillet. C’était un voyage incroyable, j’ai pu voir des animaux sauvages de très près et admirer des paysages magnifiques. Ce sont mes lectures qui m’avaient donné envie de faire ce voyage, d’abord les romans tanzaniens de Katherine Scholes (dont La lionne), et ensuite l’expérience de Lawrence Anthony auprès des éléphants et autres animaux de sa réserve au Kenya. Il était donc naturel que je poursuive avec le témoignage de Daphné Sheldrick pour me mettre dans l’ambiance avant le départ et prolonger les vacances à mon retour… L’histoire a beaucoup de points communs avec le roman de Lawrence Anthony, dans la description de la gestion du parc, la proximité avec les animaux sauvages, le combat contre le braconnage. C’est toujours incroyable de voir comment des hommes arrivent à développer une relation affective avec les animaux qu’ils recueillent et soignent avant de les réinsérer dans leur milieu. Plus qu’un métier, c’est une vocation, l’œuvre d’une vie et un héritage qu’ils voudront transmettre par la suite. L’histoire de Daphné Sheldrick a ceci d’original qu’elle est, au départ, un hommage à son mari, son grand amour. Il est touchant de voir comment elle poursuit son combat pour la protection des espèces.

J’ai été un peu mal à l’aise, néanmoins, avec la façon dont l’auteure parle de la période coloniale et de sa situation de « Blanc d’Afrique ». De manière générale, la première partie du roman, jusqu’à son mariage, m’a moins intéressée, et je n’ai commencé à réellement apprécier le livre que lorsqu’on entre dans le quotidien au sein du parc.

 

couv16273864 Un peu beaucoup à la folie : un troisième roman en-deça des précédents

J’attendais beaucoup de ce roman de Liane Moriarty. Si vous avez suivi, j’avais beaucoup aimé les deux précédents, Petits secrets, grands mensonges et Le secret du mari. Or, j’ai eu le sentiment que l’auteur tournait un peu en rond au niveau des thématiques abordées et des profils de personnages. On retrouve encore des mères de famille, dans les quartiers résidentiels de Sidney. Il y est aussi question d’un secret, de relations de voisinage, d’apparences et de non-dits. Tout le roman tourne autour d’un secret qui nous est révélé au fil de l’eau. C’est là où réside le problème, car l’auteure tire un peu trop la pelote. La dynamique finit par s’essouffler, avec le risque d’agacer le lecteur qui a envie d’avoir le fin mot de l’histoire et s’ennuie de l’effet d’attente. Je n’ai pas adhéré à la construction de l’intrigue : le roman alterne un chapitre au présent et un chapitre flash back relatant une partie du fameux « jour du barbecue » qui a tout fait basculer. Comme toute l’histoire est basée sur un évènement passé, il ne se passe pas grand chose en réalité. J’ai eu aussi du mal à m’attacher aux personnages dans la mesure où le contexte de l’histoire nous les rend peu sympathiques.

Cela dit, ma lecture n’était pas désagréable pour autant. Les sujets abordés – la jalousie entre amies, la mise en scène de la réussite sociale et la concurrence qu’elle entraine entre voisins ou cercles de connaissances, le désir ou non de maternité, les difficultés dans le couple – sont intéressants et finalement assez peu traités en littérature. J’aurais préféré simplement un autre angle. L’auteure aurait peut-être aussi gagné à traiter moins de sujets à la fois, et plus en profondeur – certains éléments apparaissent un peu comme un cheveu sur la soupe, à l’image du trouble d’accumulation compulsive ou de la fertilité, et ont par conséquent un traitement un peu léger.

 

couv59295543 Celle qui fuit et celle qui reste : toujours pas de révélation

Je poursuis la saga L’Amie prodigieuse, mais avec assez peu d’enthousiasme. Ce tome ne m’a pas particulièrement emballée. Je l’ai trouvé amer et assez négatif, puisqu’aucune des deux jeunes femmes n’est épanouie dans sa vie. Finalement, voir ce qu’elles sont devenues après avoir suivi leur enfance dans les tomes précédents est plutôt déprimant. Elena cherche à se faire reconnaitre comme écrivain, fait un mariage sans passion et vit mal sa maternité. Lina s’épuise dans son travail à l’usine et son quotidien de mère célibataire, découvre la lutte politique et sombre dans une mélancolie profonde. Encore une fois, j’ai beaucoup de mal à m’attacher aux personnages. Cela dit, le  contexte social et politique des années 70 apporte une toile de fond intéressante au roman.

 

couv18763351L’aube sera grandiose : le coup de foudre n’a pas eu lieu

J’attendais beaucoup de L’aube sera grandiose car j’en avais entendu parler partout et le résumé me paraissait fort alléchant : un secret de famille, un moment privilégié mère-fille, le cadre de la nature… Pourtant, je suis restée sur ma faim. Les deux figures de maternité m’ont dérangée, la première parce qu’elle a multiplié les déplacements et les changements de vie, n’offrant aucune stabilité à ses enfants, les faisant rompre brutalement à chaque fois avec la vie qu’ils se sont construits et les personnes auxquelles ils se sont attachés ; la deuxième parce qu’elle a caché à sa fille un pan énorme de sa vie. Même si l’on découvre une partie des raisons qui les ont chacune poussée à agir ainsi, il y a une part d’égoïsme dans ce comportement. De plus, la construction du roman ne m’a pas convaincue. La façon d’entre-couper le récit d’échanges mère-fille au présent pour tempérer les révélations n’était pas forcément pertinent à mon sens : ils n’ont que peu d’intérêt et ne font que retarder les passages vraiment intéressants. L’adolescente est dépeinte de manière trop caricaturale et les dialogues manquent de réalisme et de fluidité. Après tout ce suspens, on est encore plus déçu par les révélations finales de Rose-Aimée, abracadabrantesques. C’est dommage, l’auteure aurait pu trouver mieux et plus crédible. La fin est plutôt frustrante : on ferme le roman précisément quand ça devenait intéressant, sans que l’on ait la rencontre que l’on a attendue pendant 300 pages ! J’aurais aimé aussi que l’endroit où mère et fille se retrouvent, une cabane perdue au milieu de la forêt, aux abords d’un lac, joue un véritable rôle dans l’intrigue et que l’on sente davantage la présence de la nature. Néanmoins, pour ne pas dire que du mal du roman, je dois reconnaitre que le récit de l’enfance de Titania et de ses frères m’a plu. Je me suis attachée aux personnages enfants et l’auteure a su habilement jouer avec le contexte des années 70 et 80, glissant des références nostalgiques qui parleront aux adultes.

 

couv29014849.jpg La salle de bal : un roman fort au cœur de la folie

Je termine par le positif. Après, Le chagrin des vivants, Anna Hope m’aura une nouvelle fois conquise. Elle a choisi ici de nous plonger dans l’asile de Sharston, dans le Yorkshire, en 1911. Avec ce sujet rarement abordé, elle met en lumière un pan méconnu de l’histoire de la médecine et de la réalité sociale du début du XXème siècle et rend hommage à ceux qui y ont été enfermés. Passée la première réticence liée à la psychiatrie et à la singularité du lieu et de son ambiance, on s’attache réellement aux personnages, en particulier Ella, le personnage principal, Clem, qui deviendra son amie, et John.

Le roman donne tout son sens au désir de liberté et à la quête d’identité. La salle de bal, lieu central, paradoxal dans ce milieu de contrainte et de séparation stricte entre hommes et femmes, va être à l’origine des changements qui s’opèrent chez les personnages et cristalliser les enjeux. Le personnage du Dr Fuller est aussi intéressant, non seulement parce qu’il apporte le point de vue des soignants, mais aussi parce qu’il est complexe. Alors qu’il semble au départ assez moderne, prêt à l’innovation pour le bien-être des patients, un glissement s’opère au fur et à mesure et il va tomber dans une radicalité d’opinion sur le « contrôle des faibles d’esprit » et la castration des « dégénérés ». L’auteure a pris le parti pris de développer également sa vie personnelle pour ne pas le réduire au rôle du méchant psychiatre. Une place difficile à se faire dans sa profession, une famille avec laquelle il est en rupture, une sexualité non assumée, une passion pour la musique qu’il ne peut assouvir…sont autant de pistes pour expliquer son extrémisme. A tel point que l’on finit par se dire que c’est lui que la folie a gagné. 

Loin des stéréotypes, Anna Hope montre que les parcours qui ont mené à l’asile sont souvent faits de hasard, de malchance, de misère, et que les raisons d’y demeurer sont complexes. Elle interroge la perception de la folie. Et certes, on est horrifié de la manière dont les patients de l’asile étaient traités à l’époque, mais je  crois que l’auteure nous invite, au-delà, à reconsidérer nos propres pratiques contemporaines.  Elle insiste sur la dimension sociale et politique de l’asile. Les théories s’affrontent entre ceux qui veulent isoler les malades mentaux et ceux qui veulent s’en débarrasser et empêcher leur reproduction pour préserver la viabilité de la société. Le traitement des fous est aussi celui des pauvres puisqu’une partie d’entre eux sont indigents et ont terminé à l’asile à défaut d’avoir quelque part où aller. La volonté de l’auteure d’apporter une visée pédagogique, historique, est d’ailleurs louable mais ne se fond pas toujours très subtilement avec l’intrigue. A mon goût, elle consacre un peu trop de temps à la montée de l’eugénisme, à la description des théories et des différents courants de la psychiatrie, perdant par moment le caractère de fiction. Cela aura néanmoins le mérite de nous faire découvrir une partie peu reluisante de l’histoire politique de la Grande-Bretagne….et notamment que Churchill lui-même adhérait à ces théories !

* * * * * * * *

Je vous laisse sur ses bonnes paroles, en m’excusant du ton finalement assez pessimiste de cet article. Mon bilan de l’été n’a pas été terrible, comme vous avez pu le voir ! Mais n’hésitez pas à me dire si vous en avez lu certains, même si votre avis diverge !

Et vous, quelles ont été vos lectures de l’été ?

 

 

Le Goût du bonheur – tome 1 : Gabrielle, Marie Laberge

couv35280389 Réunis dans leur résidence estivale de l’île d’Orléans, non loin de Québec, les Miller et leurs six enfants offrent l’image de l’harmonie et de l’aisance. La crise des années trente les a épargnés. Chez eux, le goût du bonheur l’emporte sur les conventions et les préjugés d’une société paroissiale et étouffante.
Comblée par un mari intelligent et sensuel, Gabrielle aspire a encore plus de liberté, prête à la révolte. Alors que la rumeur de la guerre enfle en Europe, s’annoncent des orages du cœur, des menaces, des trahisons, la maladie. Mais rien ne semble pouvoir briser le courage et l’énergie vitale des Miller.

* * *

Je suis heureuse de vous retrouver avec ma première chronique depuis deux long mois. Histoire de revenir dans la bonne humeur, j’ai choisi de vous parler de mon dernier coup de cœur, Gabrielle, de Marie Laberge. J’ai découvert cette trilogie grâce à Margaud liseuse, que j’ai entendu parler de la série avec enthousiasme des dizaines de fois.

Totalement par hasard, j’ai commencé Le Goût du bonheur quand mon copain et mon frère sont partis en vacances au Québec. J’aurais adoré visualiser les paysages pendant ma lecture ! Je pense que connaître la région aide à entrer plus rapidement dans le roman.

Lire la suite

I’m baaack – retour sur ces deux derniers mois

Ami blogueur, Ami lecteur,

Je ne savais pas si je devais commencer par un mea culpa ou simplement revenir comme si de rien n’était avec une chronique. J’ai donc choisi de faire ce billet, plus personnel, pour expliquer mon absence et revenir sur la période charnière dans laquelle je me situe et mon passage de remise en question pour le blog.

Il s’agit de ma plus longue absence depuis la création du blog en 2015. Durant ces quatre dernières années, il m’est arrivé de poster peu, de manière irrégulière, mais jamais d’arrêter totalement plus d’une quinzaine de jours. Or, jusqu’à aujourd’hui, cela faisait près de deux mois que je n’avais pas écrit.

Honnêtement, je n’ai absolument pas vu le temps passer. Certes, j’avais le sentiment d’avoir un peu laissé le blog de côté ces derniers temps, d’être peu présente. Et puis 1 mois et demi est passé, à ma grande surprise. Ensuite, puisque je n’étais plus à quelques jours près, j’ai décidé de prendre mon temps pour être certaine de revenir avec un contenu régulier et de la motivation. J’ai préféré laisser passer toutes les grosses échéances dans ma vie pro/perso pour revenir lorsque je sentirais réellement le besoin et l’envie d’écrire. D’une certaine façon, le fait que bloguer ne m’ait pas du tout manqué pendant  cette période est assez révélateur. J’étais tellement prise par le « réel » que je ne me sentais ni l’envie ni l’inspiration pour replonger dans le virtuel, que ce soit à travers la lecture, le blog ou instagram. Entre mon stage, assez court mais intense, mon retour en région parisienne qui a signé le retour en force de ma vie sociale et culturelle pour voir tous ceux et ce que je n’avais pas pu voir ces derniers mois, un oral important à préparer et à passer, ma recherche d’appart, la préparation de mon déménagement et toutes les démarches administratives qui l’accompagnent…j’étais bien trop occupée.

Le début de l’été m’a donc semblé la bonne période pour reprendre mes marques de blogueuse. C’est une année qui s’achève et qui marque une pause avant le démarrage effectif de ma vie professionnelle en septembre. Je me suis occupée de toutes les choses que j’avais à régler et je vais donc pouvoir aborder sereinement le mois de juillet. Ce calme va me permettre de retrouver une organisation et un fonctionnement plus stable pour le blog.

Je crois que cette pause m’a fait du bien. Peut être aussi parce que je suis à un tournant important de ma vie personnelle et professionnelle, j’ai eu besoin de prendre mes distances avec le blog et les réseaux sociaux. Cela doit être que je vieillis –  j’ai réalisé qu’ils prenaient parfois une place trop importante dans mon quotidien, au détriment de choses ou de personnes qui comptent et qui devraient être ma priorité. En arrêtant pendant près d’un mois de consulter mon fil instagram pour le blog, plus au départ par lassitude que par réel choix, j’ai réalisé le temps passé dessus chaque jour. Non seulement c’est chronophage, mais cela représente une pollution numérique assez malsaine. J’avais aussi le sentiment que le blog pouvait me couper du réel et que l’écriture des articles devenait un travail et une contrainte plus qu’un plaisir. Quant aux livres, j’ai vécu ma première « panne » de lecture, chose que je ne pensais pas possible (je vous en reparlerai dans un prochain article). Pourtant, mes centres d’intérêt n’ont pas changé du jour au lendemain. Lire et bloguer restent une passion et je tiens à leur garder une place.

J’ai donc commencé à m’interroger sur la manière dont je pourrais concilier mon activité de blogueuse et les exigences de la vie professionnelle. Jusqu’à présent, j’étais étudiante, j’avais donc une certaine liberté d’emploi du temps qui me permettait de m’organiser pour consacrer du temps au blog. Or, j’ai réalisé lors de mon stage que le fait d’être entrée dans une routine de travail, avec des horaires assez denses et des temps de trajets importants, rend impossible le fait de bloguer en semaine. Après avoir travaillé sur ordi toute la journée, je suis juste incapable de me remettre devant un écran en rentrant. J’ai envie de me reposer l’esprit, pas de me concentrer sur un article à rédiger. Le week-end passe aussi terriblement vite et j’ai tendance à privilégier les sorties et les moments passés en couple ou en famille, plutôt que de m’enfermer et m’isoler devant mon ordinateur.

Cette prise de conscience m’a fait beaucoup réfléchir à l’avenir du blog. Je doutais d’être capable de continuer, et en même temps cela m’aurait attristée d’abandonner ce projet et cette passion. Je suis arrivée à la conclusion que la solution réside dans 1) le lâcher prise et 2) un rythme adapté. Je dois me faire à l’idée que je ne pourrai pas conserver le rythme soutenu que j’avais adopté ces quatre dernières années. Pour que bloguer reste un plaisir, il ne doit pas prendre une place démesurée dans mon quotidien. Il faut que je puisse me sentir libre d’adapter le rythme de publication, de publier moins souvent, à des périodes non fixes, pour pouvoir ajuster selon la fatigue ou les week-ends plus ou moins chargés. Il faut surtout que je ne me lance pas des objectifs qui soient impossibles à tenir, en terme de rythme ou de fréquence de publication, au risque que ce soit contre-productif et que cela aboutisse à un abandon de plusieurs mois comme je viens de le vivre.

Bref, me voilà prête à repartir sur de nouvelles bases. Alors bien sûr, le changement ne sera pas radical. J’essaierai au maximum de planifier les articles pour lisser la fréquence de publication. Il y aura aussi sans doute des périodes plus productives, où j’aurai envie d’écrire plein d’articles ou de me mettre à jour sur toutes les chroniques des derniers romans lus. Mais de manière générale, les publications devraient se faire un peu plus espacées et moins cadencées.

Quoi qu’il en soit, le plaisir de bloguer est toujours là, cela me semble le plus important. J’ai hâte de retrouver la blogo et d’échanger avec vous dans les commentaires. N’hésitez pas à partager vos expériences sur des réflexions similaires ou la façon dont vous gérez votre blog et votre vie pro/perso.

A très bientôt,

 

Juliette

Petite Plume

 

SAMSUNG CSC

Les orphelins du bout du monde, Harmony Verna

couv7851141.jpg Début du XXème siècle. Abandonnée par sa famille dans le désert australien, Leonora est une miraculée. Confiée à un orphelinat, la fillette tisse une amitié aussi forte qu’éphémère avec un petit irlandais rebelle, James O’Reilly. Mais leurs chemins se séparent lorsque Leonora est adoptée par les Fairfield, un couple d’industriels américains.

* * *

J’avais très envie de lire Les orphelins du bout du monde depuis sa parution. Il promettait une belle aventure en Australie, un cadre plutôt inhabituel en littérature et un côté historique qui me plaisait. Mais je dois dire que j’y ai trouvé une histoire assez commune, qui fait la part belle aux clichés et est plutôt prévisible.

Lire la suite

Au bord de la terre glacée, Eowyn Ivey

couv33754006 Hiver 1885.
Les terres de l’Alaska demeurent inexplorées. Le colonel Allen Forrester, héros de guerre décoré, remonte la Wolverine River pour en cartographier les abords. Il consigne son expédition dans un journal à l’intention de sa femme Sophie, dans l’espoir qu’elle puisse le lire s’il ne revenait pas.
Sophie est restée à Vancouver après avoir découvert qu’elle était enceinte. Elle vivra seule sa grossesse, au sein d’une société peu apte à lui reconnaître la liberté à laquelle elle aspire. C’est l’art naissant de la photographie qui lui permettra de s’émanciper et de célébrer la beauté de la vie sauvage qui l’entoure.

* * *

J’avais lu Au bord de la terre glacée, dans le cadre de mon challenge d’hiver, ce qui parait bien plus logique… Mais même si la saison est passée depuis longtemps, je tenais à vous parler de ce roman, le deuxième d’Eowyn Ivey après La fille de l’hiver. Dépaysement assuré !

Lire la suite

C’est l’heure du bilan ! [avril 2019]

cest-lheure-du

 

Ce mois-ci, j’ai lu… 

5 romans et 2230 pages. Je ressors plutôt contente de ce mois d’avril. J’ai fait de belles découvertes et des lectures variées. Pas de classique pour ce mois-ci, je n’étais pas vraiment dans l’humeur et je ne voulais surtout pas me forcer, de peur de gâcher la lecture. Mais j’ai déjà entamé celui de mai !

Un coup de cœur

couv9543380

J’ai pris une grosse claque avec Un fils parfait ! Mathieu Menegaux confirme son talent pour écrire des romans forts et puissants qui traitent de sujets tabous et porte une analyse intéressante sur le système judiciaire.

Une lecture mitigée

couv54345167

Lecture en demi-teinte avec Les mille visages de notre histoire, qui aborde le sujet de la grossophobie et de l’acceptation de soi, mais traine parfois en longueur et cède à certains clichés et facilités.

 

Deux bonnes surprises

J’ai été très agréablement surprise par mon premier Grimaldi. Je me méfiais après tous les échos que j’en entendais, mais finalement je comprends ce qui plait dans ses romans. Je vous en reparle bientôt !

Je m’attendais à mieux pour Les orphelins du bout du monde, par contre. L’histoire est sympa mais ne fera pas date dans mon esprit.

Une lecture non chroniquée

couv37640778.png

La suite de la saga du Nightingale a encore été un gros coup de cœur ❤ Je n’attends qu’une chose : le troisième tome !

 

Ce mois-ci, j’ai vu…

 

 

Les Whaouh du Web

Je voulais vous partager deux articles au sujet du Zéro déchet. Pour ceux qui ne connaissent pas, ce mode de vie consiste à essayer de réduire au maximum les déchets que l’on produit dans la vie quotidienne. Je m’y intéresse depuis quelques temps et j’attends d’être bien installée dans mon chez moi pour démarrer pleinement la démarche, même si bien entendu c’est un processus long et par étapes.

Et justement, cela peut vite devenir une pression et une source d’insatisfaction permanente. Sur le blog Zero Waste chef, Anne-Marie Bonneau nous parle de la culpabilité que l’on peut entretenir et nous rappelle surtout que nul n’est parfait et que l’important est de commencer quelque part. Dans un autre article, elle répond aussi à l’éternelle question : pourquoi je ferais des efforts si personne n’en fait ? C’est sûr qu’il y a de quoi se décourager en se disant qu’on ne changera pas le monde tout seul. Mais ça vaut le coup, pour soi et pour les autres !

 

Ce mois-ci, j’ai écrit…

5 articles dont 3 chroniques. Je débute tout juste mon stage, j’espère que j’aurai plus de courage pour alimenter le blog durant cette période que la dernière fois ! Croisons les doigts haha 😀

Bon mois de mai à tous et toutes !

 

Un fils parfait, Mathieu Menegaux

couv9543380 Quand on épouse le prince charmant, beau et brillant, qu’on a avec lui deux petites filles adorables, comment imaginer un seul instant que le pire puisse arriver ? Qu’il a menti sur tout, tout le temps ? Qu’il va falloir se résoudre à affronter celui qu’on a tant aimé dans une lutte sans merci ?

* * *

Une fois encore, il est difficile de vous parler du roman de Mathieu Menegaux sans trop vous en révéler et vous gâcher l’histoire. Je vais donc essayer dans cette chronique de parler simplement des thèmes généraux abordés, qui semblent tenir à l’auteur puisqu’ils sont ont assez communs à Je me suis tue. D’ailleurs, plus que l’intrigue en elle-même, c’est le message qui est important. La fiction n’est ici qu’un moyen de réveiller les consciences et de dénoncer les failles du système judiciaire.

Lire la suite