Persuasion, Jane Austen

On parle beaucoup de Persuasion en ce moment, avec la sortie de la nouvelle série Netflix. Il se trouve que j’avais justement prévu de lire le roman de Jane Austen cet été. J’avais l’intention d’enchaîner avec l’adaptation, mais je vous avoue que la bande-annonce m’a fait un peu peur ! (je crains un massacre de l’œuvre originale…)

Anne, une jeune aristocrate, a repoussé les avances de Frederick, un officier de marine qu’elle ne jugeait pas de sa condition.

Huit ans plus tard, sa famille connaît des revers de fortune.

Son père décide alors de louer le château familial à l’amiral Croft, qui n’est autre que le beau-frère de Frederick. Celui-ci, devenu riche, a conservé la conviction que la jeune Anne manquait de caractère et se laissait trop aisément persuader.

S’il sera question de mariage comme dans tous les romans de Jane Austen, Persuasion présente l’originalité de mettre l’accent sur les regrets d’une jeune fille, Anne, qui s’est laissée convaincre de renoncer à son amour de jeunesse. A l’époque, en effet, son entourage jugeait que Frédérick Wentworth, un officier de marine pauvre et sans titre, ne représentait pas un assez bon parti pour elle.

Des années plus tard, leurs chemins vont se recroiser alors que Wentworth est de retour en Angleterre. Devenu capitaine, ayant acquis une belle renommée et une certaine fortune, ce dernier cherche à s’installer et à se marier.

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Les liens du mariage, J. Courtney Sullivan

Depuis mon coup de cœur pour Les Débutantes il y a quelques années, j’avais en tête de lire les autres œuvres de J. Courtney Sullivan. C’est enfin chose faite avec Les liens du mariage.

De 1947 à 2013 : Frances, Evelyn, James, Delphine et Kate – cinq destins s’entrecroisent sans savoir ce qui les lie. De Frances, pionnière de la publicité dans les années 1940 qui a sacrifié sa vie amoureuse au profit de sa carrière, à Kate, jeune femme des années 2000 qui a arrêté de travailler pour s’occuper de sa fille, tout en fuyant le mariage, J. Courtney Sullivan retrace les évolutions du couple depuis soixante ans. Elle détaille avec minutie les variations de la vie à deux et nous plonge comme à son habitude dans les pensées de ses personnages.

Le roman est original en ce qu’il a pour thème l’industrie du mariage et plus largement l’évolution du mariage des années 50 à nos jours. Ainsi, son intérêt réside davantage dans le sujet traité que dans les personnages en eux-mêmes, puisque chaque personnage représente une époque ou une vision du mariage. Le roman est également très instructif sur la situation des femmes dans les années 50, 60 et 70.

Les liens du mariage est construit comme un roman choral, autour du point de vue de cinq personnages.

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Tout le bleu du ciel, Mélissa Da Costa

Les lendemains, choisi au hasard en librairie pendant mes vacances, a fait partie sans conteste de mes meilleures lectures de 2021. Presque un an après tout pile, je retrouve l’auteure avec son premier roman, Tout le bleu du ciel.

Petitesannonces.fr : Jeune homme de 26 ans, condamné à une espérance de vie de deux ans par un Alzheimer précoce, souhaite prendre le large pour un ultime voyage. Recherche compagnon(ne) pour partager avec moi ce dernier périple.
Émile a décidé de fuir l’hôpital, la compassion de sa famille et de ses amis. À son propre étonnement, il reçoit une réponse à cette annonce. Trois jours plus tard, devant le camping-car acheté secrètement, il retrouve Joanne, une jeune femme coiffée d’un grand chapeau noir qui a pour seul bagage un sac à dos, et qui ne donne aucune explication sur sa présence.
Ainsi commence un voyage stupéfiant de beauté. À chaque détour de ce périple naissent, à travers la rencontre avec les autres et la découverte de soi, la joie, la peur, l’amitié, l’amour qui peu à peu percent la carapace de douleurs d’Émile.

Mélissa Da Costa a encore frappé fort et juste.

Il suffit de lire le résumé pour comprendre que l’histoire s’annonce bouleversante. Mais encore s’agit-il de mener cette histoire sans tomber dans le pathos ni assommer le lecteur par un récit trop déprimant. L’auteure réussit son pari avec brio en nous entraînant dans un road-trip de la dernière chance.

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Le bilan non livresque du mois #19

Je sais qu’on est déjà en septembre, que c’est la rentrée et que l’on sera bientôt en automne, mais profitons encore un peu de l’été et faisons ensemble le bilan non livresque du mois d’août !

Le visionnage du mois

Ce mois-ci, j’ai commencé la série Ginny and Georgia, l’histoire d’une mère et ses deux enfants qui s’installent dans le Massachusetts pour un nouveau départ, à la suite de la mort de son mari. Après des années d’errance et de fuite en avant, cette fois-ci semble être la bonne.

On comprend rapidement que Georgia n’est pas une mère comme les autres et qu’elle a un lourd passé. La série est à la fois très classique dans son aspect intrigues romantiques, quotidien d’une adolescente, et totalement déjantée avec le personnage de Georgia, sa relation particulière avec sa fille qu’elle a eu à quinze ans et la manière décalée de traiter avec légèreté des sujets dramatiques. Elle est accompagnée d’une bande-son qui bouge, et ça fait du bien ! (je vous en reparle plus bas)

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Un lieu à soi, Virginia Woolf

On ne présente plus cet essai de Virginia Woolf, qui est devenu un incontournable des bibliothèques féministes. Cela faisait longtemps que je voulais le lire à mon tour !

Pourquoi Hamlet n’a-t-il pas été écrit par une femme? À cette question, faussement naïve et vraiment provocante en 1929, Woolf répond : car une femme n’aurait pas eu «un lieu à elle» pour écrire. De quel lieu s’agit-il? Espace concret de la pièce de travail où s’isoler ; espace temporel où les femmes sont libérées des tâches domestiques ; espace mental où elles sont libres de penser. Espace de liberté économique, aussi, qui leur permette de s’assumer seules. C’est enfin l’espace qui reste à créer dans la tête des hommes (et des femmes) pour admettre que oui, les femmes peuvent travailler, penser et écrire à l’égal des hommes.

Je ressors mitigée de ma lecture, sans doute parce que j’en avais entendu trop d’éloges.

Bien sûr, je ne peux que reconnaître la pertinence et la modernité du propos pour l’époque, mais je n’y ai trouvé rien de révolutionnaire. En bref, les réflexions de Virginia Woolf m’ont semblée justes mais assez évidentes pour un lecteur du XXIème siècle. On conçoit aisément qu' »une femme [doive] avoir de l’argent et un lieu à elle pour écrire de la fiction ».

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Neuf parfaits étrangers, Liane Moriarty

Bien que cela fasse longtemps que je n’ai pas posté d’avis sur ses livres ici, j’aime beaucoup ce que fait Liane Moriarty et je lis ses différents romans au fil des sorties. Vous pouvez retrouver deux chroniques sur le blog : Petits secrets, grands mensonges et Le secret du mari.

Je dois avouer que j’ai bien du mal à suivre le rythme de parution, quasi un nouveau roman par an ! [En réalité, il s’agit du rythme des parutions françaises : après le succès des premiers livres sortis ici, les éditeurs se rattrapent et publient toute sa bibliographie, les « nouveautés » sont donc pour certains en réalité des livres écrits au début des années 2000.] J’en suis à mon quatrième roman de l’auteure avec Neuf parfaits étrangers, paru en poche en 2021.

Neuf citadins stressés, prêts pour un break dans une sublime station thermale. Le Tranquillum House leur propose, grâce à une approche révolutionnaire, de renouer avec l’énergie positive pour prendre un nouveau départ. Coupés du monde extérieur, délestés de leurs portables, tous s’attendent avec impatience à une transformation totale.
Au fur et à mesure de la cure, entre méditation, tai-chi et techniques de bien-être, les langues se délient, les secrets enfouis resurgissent, les animosités aussi. On leur avait promis la quiétude et le renouveau, c’est le lâcher-prise qui s’installe… mais pas celui auquel ils s’attendaient.

Un des reproches que je faisais aux romans de Liane Moriarty, surtout après en avoir lu plusieurs, était qu’ils se ressemblaient un peu tous, avec le même style de personnages, les mêmes thèmes : des mères de famille, des secrets, la pression sociale, les apparences que chacun préserve en société, les relations familiales ou de voisinage… Je finissais par être un peu déçue de lire des histoires qui réutilisaient les mêmes ingrédients.

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Le bilan non livresque du mois #18

Avec comme toujours un peu de retard, revenons sur le bilan non livresque du mois de juillet !

Le visionnage du mois

Mon mari ayant été absent pour plusieurs semaines, j’en ai clairement profité pour me gaver sans aucun remords de comédies romantiques sur Netflix. J’ai notamment regardé le cultissime Coup de foudre à Notting Hill, que je n’avais encore jamais vu (shame on me !). Et alors Hugh Grant dans son personnage de libraire timide…je valide !

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Mid-year book-tag [2022]

J’ai vu ce tag début juillet chez La tournée de livres, et cela m’a donné envie de me prêter de nouveau à l’exercice ! (bon, comme d’habitude, le temps que je m’y mette on est déjà en août ^^)

[Pour la version de l’année dernière, c’est par ici]

1) Combien de livres lus depuis ce début d’année ?

Au 31 juillet, j’ai lu 29 romans (je ne compte pas les BD). Cela correspond peu ou prou à mon rythme de lecture de l’année dernière.

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Brexit Romance, Clémentine Beauvais

Me revoilà, entre deux bilans, pour vous poster une chronique. Aujourd’hui, je veux vous parler de Brexit Romance, une de mes meilleures lectures du printemps.

Juillet 2017 : un an que  » Brexit means Brexit  » ! Ce qui n’empêche pas la rêveuse Marguerite Fiorel, 17 ans, jeune soprano française, de venir à Londres par l’Eurostar, pour chanter dans Les Noces de Figaro ! À ses côtés, son cher professeur, Pierre Kamenev. Leur chemin croise celui d’un flamboyant lord anglais, Cosmo Carraway, et de l’électrique Justine Dodgson, créatrice d’une start-up secrète, BREXIT ROMANCE. Son but ? Organiser des mariages blancs entre Français et Anglais… pour leur faire obtenir le passeport européen. Mais pas facile d’arranger ce genre d’alliances sans se faire des noeuds au cerveau ¿ et au coeur !

Une comédie romantique politique, c’est une première ! Mais c’est bien ce dont il s’agit : de l’humour, de l’amour et tout de même un sujet de fond résolument politique, résolument d’actualité (même si je l’ai lu bien après). Le résumé m’a tout de suite intrigué, et je ne m’y suis pas trompée, car Clémentine Beauvais réussit son pari d’une main de maître.

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Bilan de mes lectures printanières

Ce printemps, je comptabilise 14 romans lus, ce qui représente pour moi de bons mois de lectures. « Bons » surtout en volume car à vrai dire j’ai eu pas mal de lectures mitigées ou de petites déceptions. D’ailleurs, il y a eu peu de chroniques ou de posts instagram cette saison – certaines sont clairement très en retard, dû à mes vacances, pour les autres je n’étais pas franchement inspirée pour vous partager mon avis !

Pour mes lectures du printemps, j’ai fait la part belle aux romans adolescents/young adult, même si vous verrez que certains sont à la frontière entre les genres… Une bonne démonstration de la richesse que la littérature « jeunesse » a à offrir !

Du jeunesse/young adult

J’ai lu mon premier Marie Vareille grâce au Syndrome du spaghetti, un roman touchant sur les rêves brisés et l’enjeu de retrouver un sens à sa vie quand elle ne prend pas le chemin qu’on attendait.

Sarah Crossan est toujours une valeur sûre, et Swimming-pool n’a pas dérogé à la règle. Elle y aborde, avec tout son talent pour les vers libres, des sujets de société importants.

Marie Pavlenko, c’est de l’humour et des personnages un peu loufoques, pour aborder des sujets forts. Je pense que cela résume bien Je suis ton soleil !

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