Hhhh, Laurent Binet

41g2mc7knl-_sx307_bo1204203200_ Prague, 1942, opération « Anthropoïde » : deux parachutistes tchèques sont chargés par Londres d’assassiner Reinhard Heydrich, le chef de la Gestapo et des services secrets nazis, le planificateur de la Solution finale, le « bourreau de Prague ». Heydrich, le bras droit d’Himmler. Chez les SS, on dit de lui : « HHhH ». Himmlers Hirn heiβt Heydrich le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich. Dans ce livre, les faits relatés comme les personnages sont authentiques. Pourtant, une autre guerre se fait jour, celle que livre la fiction romanesque à la vérité historique. L’auteur doit résister à la tentation de romancer. Il faut bien, cependant, mener l’histoire à son terme…

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Je n’avais pas gardé un très bon souvenir de La Septième fonction du langage, le dernier roman de Laurent Binet, que j’avais abandonné. J’ai décidé cependant de lui redonner une chance avec HHhH, Prix des lecteurs du Livre de Poche en 2011 et Prix Goncourt du 1er roman en 2010, vendu à 250 000 exemplaires. Rien que ça ! Je peux maintenant dire que ce qui m’avait déplu dans La Septième fonction du langage était certainement le sujet et non le style de l’auteur, qui a totalement su me convaincre cette fois.

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Le chagrin des vivants, Anna Hope

couv18907196Durant les cinq premiers jours de novembre 1920, l’Angleterre attend l’arrivée du Soldat inconnu, rapatrié depuis la France. Alors que le pays est en deuil et que tant d’hommes ont disparu, cette cérémonie d’hommage est bien plus qu’un simple symbole, elle recueille la peine d’une nation entière. À Londres, trois femmes vont vivre ces journées à leur manière. Evelyn, dont le fiancé a été tué et qui travaille au bureau des pensions de l’armée ; Ada, qui ne cesse d’apercevoir son fils pourtant tombé au front ; et Hettie, qui accompagne tous les soirs d’anciens soldats sur la piste du Hammer-smith Palais pour six pence la danse. Dans une ville peuplée d’hommes incapables de retrouver leur place au sein d’une société qui ne les comprend pas, rongés par les horreurs vécues, souvent mutiques, ces femmes cherchent l’équilibre entre la mémoire et la vie. Et lorsque les langues se délient, les cœurs s’apaisent.

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Alors que son second roman, La salle de bal, est paru en France il y a quelques mois, j’ai découvert Anna Hope avec Le Chagrin des vivants. Il plaira sans conteste aux amateurs de romans historiques !

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Les filles au lion, Jessie Burton

couv27039131.jpgEn 1967, cela fait déjà quelques années qu’Odelle, originaire des Caraïbes, vit à Londres. Elle travaille dans un magasin de chaussures mais elle s’y ennuie, et rêve de devenir écrivain. Et voilà que sa candidature à un poste de dactylo dans une galerie d’art est acceptée ; un emploi qui pourrait bien changer sa vie. Dès lors, elle se met au service de Marjorie Quick, un personnage haut en couleur qui la pousse à écrire. Elle rencontre aussi Lawrie Scott, un jeune homme charmant qui possède un magnifique tableau représentant deux jeunes femmes et un lion. De ce tableau il ne sait rien, si ce n’est qu’il appartenait à sa mère. Marjorie Quick, à qui il soumet la mystérieuse toile, a l’air d’en savoir plus qu’elle ne veut bien le dire, ce qui pique la curiosité d’Odelle. La jeune femme décide de déchiffrer l’énigme des Filles au lion. Sa quête va révéler une histoire d’amour et d’ambition enfouie au cœur de l’Andalousie des années trente, alors que la guerre d’Espagne s’apprête à faire rage.

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Comme souvent, j’ai démarré ma lecture sans savoir du tout de quoi elle parlait. J’avais lu Miniaturiste du même auteur et j’étais curieuse de découvrir son nouveau roman. J’en ressors assez mitigée, mais sans doute est-ce moins lié au roman qu’à mon expérience de lecture. Peut-être parce que le sujet n’était pas fait pour moi ou que j’en attendais trop.

Dans Les filles au lion, on reste dans l’historique mais on se place dans un tout autre cadre que celui du roman précédent. On quitte les Provinces-Unies (Pays-Bas) du XVIIème pour l’Angleterre et l’Espagne du XXème.

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Brooklyn, de Colm Toibin

couv6615318Enniscorthy, sud-est de l’Irlande, années 1950. Comme de nombreux jeunes de sa génération, Eilis Lacey, diplôme de comptabilité en poche, ne parvient pas à trouver du travail. Par l’entremise d’un prêtre, sa sœur Rose obtient pour elle un emploi aux États-Unis. En poussant sa jeune sœur à partir, Rose se sacrifie : elle sera seule désormais pour s’occuper de leur mère veuve et aura peu de chance de se marier. Terrorisée à l’idée de quitter le cocon familial, mais contrainte de se plier à la décision de Rose, Eilis quitte l’Irlande. À Brooklyn, elle loue une chambre dans une pension de famille irlandaise et commence son existence américaine sous la surveillance insistante de la logeuse et des autres locataires.

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[J’ai coupé le résumé de la quatrième de couverture parce qu’il dévoile tout le roman !]

Je reviens ce soir pour chroniquer avec pas mal de retard Brooklyn, un de mes coups de cœur du mois d’octobre. J’avais entendu beaucoup de bien de ce roman, comme de d’autres de Colm Toibin, et j’ai été ravie de partager ce ressenti !

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La voix des vagues, Jackie Copleton

couv18545368.pngLorsqu’un homme horriblement défiguré frappe à la porte d’Amaterasu Takahashi et qu’il prétend être son petit-fils disparu depuis des années, Amaterasu est bouleversée. Elle aimerait tellement le croire, mais comment savoir s’il dit la vérité ? Ce qu’elle sait c’est que sa fille et son petit-fils sont forcément morts le 9 août 1945, le jour où les Américains ont bombardé Nagasaki ; elle sait aussi qu’elle a fouillé sa ville en ruine à la recherche des siens pendant des semaines. Avec l’arrivée de cet homme, Amaterasu doit se replonger dans un passé douloureux dominé par le chagrin, la perte et le remord. Elle qui a quitté son pays natal, le Japon, pour les États-Unis se remémore ce qu’elle a voulu oublier : son pays, sa jeunesse et sa relation compliquée avec sa fille.

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Je reviens pour la chronique hebdomadaire avec un roman historique dont j’avais entendu beaucoup de bien….à raison.

Amaterasu est une vieille dame japonaise qui a quitté son pays et ses souvenirs douloureux pour les Etats-Unis après avoir perdu sa fille Yuko et son petit fils Hideo dans le bombardement nucléaire de Nagasaki le 9 août 1945. Or, des années plus tard, un jeune homme défiguré fait irruption dans son quotidien en prétendant être Hideo et affirme avoir perdu la mémoire de son enfance. Dès lors, comment savoir s’il dit vrai ?

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Nora ou le paradis perdu, Cecilia Samartin

couv45593080Cuba, 1956. Nora et Alicia, deux cousines très proches et complices, vivent une enfance heureuse et insouciante. Mais la révolution éclate, et Fidel Castro accède au pouvoir. Un climat de peur, nourri par la répression, s’installe peu à peu. Nora émigre alors aux États-Unis, laissant Alicia derrière elle, qui s’apprête à vivre des heures sombres à La Havane. Tandis que Nora, bien nostalgique de son pays natal, s’accommode peu à peu de cet environnement nouveau, Alicia subit les coups durs, dans un Cuba où la situation se détériore. Grâce aux lettres qu’elles continuent d’échanger, Nora comprend que la vie d’Alicia est devenu un enfer. Elle décide alors de retourner à la Havane pour lui venir en aide. Mais ce qu’elle va découvrir à Cuba est bien loin de tout ce qu’elle pouvait imaginer.

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Nora ou le paradis perdu mêle la petite histoire et la grande. A travers ses personnages, il nous emmène à Cuba et nous fait percevoir la vie sous le régime castriste.

Le roman s’ouvre sur l’enfance de Nora et Alicia à Cuba : les couleurs, la plage, la musique, la cuisine, la famille, les traditions, la religion. La parenthèse enchantée s’interrompt brutalement lorsqu’éclatent les troubles militaires et politiques. Nora quitte Cuba avec sa famille en 1962. A cette époque, elle ne sait pas encore qu’elle ne reviendra pas avant 1981. Elle ne verra pas non plus à quel point la situation se dégrade à Cuba et la lente plongée d’Alicia dans la misère et la souffrance. Jusqu’au moment où, des années plus tard, elle retournera dans un Cuba qu’elle ne reconnaît plus, pour venir en aide à sa cousine.

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Les Suprêmes, Edward Kelsey Moore

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Elles se sont rencontrées dans les années 1960 et ne se sont plus jamais quittées : tout le monde les appelle « les Suprêmes », en hommage au célèbre groupe des années 1970. Complices dans le bonheur comme dans l’adversité, ces trois irrésistibles « quinquas » afro-américaines aussi puissantes que fragiles ont fait d’un des restaurants de leur petite ville de l’Indiana longtemps marquée par la ségrégation leur quartier général où, tous les dimanches, entre commérages et confidences, rire et larmes, elles élaborent leurs stratégies de survie et se gavent de poulet frit.

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Voilà un roman dont je vous avais parlé lors de ma présentation de récits afro-américains. A bien des égards, il m’a rappelé La couleur des sentiments : des femmes noires d’âge mûr, une amitié forte, l’Amérique des années 60, la ségrégation et le racisme, une pointe d’humour et d’émotion. Et en même temps, il n’a rien à voir et je dois dire que je l’ai trouvé bien en-dessous, même si j’ai finalement passé un moment sympathique.

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Mille femmes blanches,Jim Fergus

couv58377174.jpgEn 1874, à Washington, le président américain Grant accepte dans le plus grand secret la proposition incroyable du chef indien Little Wolf: troquer mille femmes blanches contre chevaux et bisons pour favoriser l’intégration du peuple indien. Si quelques femmes se portent volontaires, la plupart des « Mille femmes » viennent en réalité des pénitenciers et des asiles de tous les États-Unis d’Amérique… Parvenue dans les contrées reculées du Nebraska, l’une d’entre elles, May Dodd, apprend alors sa nouvelle vie de squaw et les rites inconnus des Indiens. 

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Voilà un des romans incontournables sur les Amérindiens. Après en avoir tant entendu parler, je l’ai enfin lu ! L’auteur a récemment écrit une suite, plus de 15 ans après la sortie du premier tome. Dans les faits, même si la façon dont le roman se termine peut avoir quelque chose de frustrant, il n’appelait pas de suite selon moi. Ce qui ne veut pas dire que je ne lirai pas La vengeance des mères, qui peut être plaisant en lui-même !

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Leopard Hall, de Katherine Scholes

couv159544751964. Anna Emerson, secrétaire à Melbourne, apprend que son père, qu’elle n’a pas revu depuis dix-huit ans, est mourant. Elle retourne alors sur les terres de son Congo natal pour le voir une dernière fois.
En parallèle, Dan, ancien soldat, la soixantaine, se lance comme mercenaire dans une mission secrète pour mater la rébellion des Simbas.

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Je remercie Babelio et Belfond pour l’envoi de ce livre que j’ai gagné à la dernière Masse Critique.

Le concept du Cercle Belfond me séduit tout particulièrement, et je n’ai pas été déçue avec ma découverte d’un premier titre !

Leopard Hall est un véritable voyage en Afrique. On ressent bien le vécu de l’auteur – elle-même née en Tanzanie – et son amour pour le continent. Les nombreuses descriptions nous dessinent les paysages congolais, le bush, la jungle, les villages, l’activité des missionnaires… On se croirait presque dans un film ; d’ailleurs, même si cela n’a rien à voir, le roman m’a fait penser à Out of Africa.

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La chambre des officiers, Marc Dugain

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Dans les premiers jours de 14, Adrien F, lieutenant du génie, est fauché par un éclat d’obus sur les bords de la Meuse. Défiguré, il est transporté au Val-de-Grâce où il séjournera cinq ans dans la chambre des officiers. Au fil des amitiés qui s’y noueront, lui et ses camarades, malgré la privation brutale d’une part de leur identité, révéleront toute leur humanité.

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La chambre des officiers est un roman court mais ô combien poignant. D’ordinaire, je regrette que les petits livres ne traitent pas à fond leur sujet, mais pour une fois j’ai trouvé le format parfaitement adapté !

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