Winterwood, Shea Ernshaw

Je reviens pour vous parler de Winterwood, un roman fantasy young adult. J’en avais peu entendu parler, je l’ai surtout choisi pour son ambiance hivernale. Et en effet, il est parfait pour la saison !

Certains disent que les Wicker Woods sont magiques. Hantés, mêmes.
Nora Walker, héritière d’une longue lignée de sorcière, sait à quoi s’en tenir  : toutes les femmes de sa famille partagent un lien particulier avec la forêt. Et c’est ce lien qui met Oliver Huntsman sur sa route. Oliver qui a disparu du Camp de Redressement il y a plusieurs semaines, en pleine tempête, et qui devrait être mort. Elle comprend qu’il ache un secret. Oliver, de son côté, est prêt à tout pour ne pas se souvenir. Car il n’est pas le seul à avoir disparu cette nuit-là…

Nora Walker vit seule au cœur de la forêt, comme toutes les femmes de sa famille avant elle. Les nuits de pleine lune, elle s’aventure dans les Wicker Woods, des bois que l’on dit hantés, maléfiques, pour y récupérer des objets perdus. Mais une nuit, ce n’est pas un objet mais un garçon qu’elle trouve, inconscient, gelé. Il s’agit d’Oliver, un garçon du camp de redressement qui a disparu il y a quelques semaines. Elle le ramène chez elle pour le mettre à l’abri et tente de percer le mystère de sa disparition…

Les chapitres alternent entre le point de vue de Nora et celui d’Oliver. Les deux jeunes gens sont sur leurs gardes, se jaugent. Chacun leur tour, ils partagent leurs doutes et leurs craintes, et leur récit permet peu à peu d’assembler les pièces du puzzle.

Oliver, qui a perdu la mémoire, est déboussolé et cherche à retrouver ses souvenirs autant qu’il a peur de ce qu’ils pourraient révéler. A-t-il commis un crime ou est-il la victime ? Il sent qu’il ne peut se fier à ses camarades du camp, impossible de distinguer ses amis de ses ennemis.

Du côté de Nora, bien qu’elle sente un lien particulier avec le jeune homme, elle reste méfiante. Trop de questions restent sans réponse. Comment a-t-il pu survivre dans le froid ? Que cache-t-il ? N’a-t-il réellement aucun souvenir de cette nuit-là ou occulte-t-il ce qu’il ne veut pas voir ?

Winterwood est un roman à part, un roman de sensations, d’ambiance. L’auteure parvient parfaitement à nous plonger dans une atmosphère inquiétante et à distiller habilement des éléments fantastiques : les Bois sombres, dangereux, comme dotés d’une volonté propre, le lac sans fond et toutes les histoires que l’on racontent, les pouvoirs des femmes Walker dont on ne sait s’ils relèvent de la légende ou de la réalité… Les odeurs, les bruits, les sensations nous immergent pleinement dans le récit.

Nora est un personnage que sa solitude et sa différence rendent attachant. Sa vie à l’écart et sa filiation aux Walker suscitent la méfiance et alimentent toute sorte de fantasme. Dans le même temps, la jeune fille, dont le don de nuit ne s’est pas encore révélé, souffre de ne pas être aussi puissante, aussi spéciale que les autres Walker. Elle peine à trouver sa place, tiraillée entre le sentiment de ne pas être à la hauteur de ses ancêtres et la volonté d’être une adolescente comme les autres, avec des amis de son âge.

Entre thriller et roman fantasy, Winterwood laisse planer l’ombre d’une malédiction et fait monter l’angoisse. Le récit des personnages est marqué d’une certaine mélancolie et du pressentiment qu’un danger guette, qu’un évènement grave s’est produit ou risque de se produire – la menace des papillons cendre m’a fait frissonner ! Le suspens nous tient en haleine tout du long, pour découvrir la vérité autour de la disparition d’Oliver puis du meurtre de Max. J’avoue avoir été totalement surprise par le twist final que je n’avais pas vu venir.

Seul bémol, l’insistance sur les pouvoirs des Walker et les légendes entourant les sorcières de la famille m’ont moins intéressée.

En bref, un roman sombre et onirique qui tranche avec ce que l’on peut voir habituellement dans le young adult. J’ai particulièrement apprécié le style de l’auteure et lirai certainement d’autres œuvres pour retrouver la poésie de son écriture et cette atmosphère étrange, inquiétante, qu’elle sait si bien installer.

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2 réflexions sur “Winterwood, Shea Ernshaw

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