Le mystère Henri Pick, de David Foenkinos

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En Bretagne, un bibliothécaire décide de recueillir tous les livres refusés par les éditeurs. Parmi les manuscrits entreposés dans un rayon spécial de la bibliothèque, une jeune éditrice fait la découverte d’un livre qui la bouleverse. Son auteur, un certain Henri Pick décédé deux ans auparavant, se révèle être un pizzaïolo qui n’a, à en croire sa famille, jamais lu un livre de sa vie. Convaincue de la qualité du livre et de l’énorme coup de com potentiel, l’éditrice est bien décidée à le publier et à en faire un best-seller. Qui était donc Henri Pick ?

* * *

Le mystère Henri Pick me faisait de l’œil depuis quelques mois déjà, grâce à son thème particulièrement alléchant : une bibliothèque de livres non publiés pour redonner une chance aux manuscrits rejetés par les éditeurs. L’idée est séduisante, on aimerait tous l’expérimenter dans la vraie vie, un peu comme une littérature alternative qui tiendrait à la fois d’un geste philanthropique (accueillir les écrivains en manque de reconnaissance) et d’une remise en cause du système de l’édition.

Car après tout, qu’est-ce qui fait la qualité d’un roman ? David Foenkinos amorce une réflexion intéressante (et plutôt critique) sur le monde de l’édition : Qu’est-ce qui fait qu’un roman est publié ou non ? De quel droit les éditeurs décrètent-ils qu’un manuscrit mérite leur attention ou qu’il n’est bon qu’à jeter ? On se rend compte que la publication d’un manuscrit relève plutôt de l’aléatoire (la rencontre de la bonne maison d’édition au bon moment, l’intuition d’un éditeur, le contact avec les autres acteurs du marché du livre, la capacité d’un éditeur à convaincre, l’estimation des ventes possibles du livre…), voire d’une simple opération marketing. On se prend d’affection pour les écrivains anonymes dont les manuscrits sont rejetés par les éditeurs ou dont les livres ne rencontrent pas le succès qu’ils escomptaient.

J‘ai regretté cependant que le sujet soit mis de côté au profit de l’enquête sur l’identité du manuscrit retrouvé et la vie d’Henri Pick. Finalement, l’enquête littéraire n’est pas ce qui m’importait le plus dans ce roman et c’est ce qui va servir de fil conducteur. J’irais même jusqu’à dire que tout le livre tient à son idée de départ, à la fois originale et attirante pour les amoureux des livres, mais malheureusement le reste n’est pas à la hauteur.

C’était mon premier Foenkinos, et après tout le bien que j’ai entendu de l’auteur, je dois dire que je suis assez déçue. J’ai trouvé le livre plutôt mal écrit. C’est le comble pour un roman qui parle des manuscrits de mauvaise qualité refusés par les éditeurs ! L’écriture est simple, trop simple – elle me faisait penser aux écrits d’amateurs ou de jeunes qui débutent dans l’écriture. Foenkinos multiplie les commentaires et les références à l’actualité qui sortent le lecteur du récit, empêchent la fluidité et agacent plus qu’autre chose. Je n’ai pas du tout accroché aux nombreuses notes de bas de page, comme un commentaire de son propre texte par l’auteur. Encore une fois, j’ai trouvé cela très artificiel ; ça casse le rythme et n’apporte rien. Le pire est sa manie des dialogues bâclés, avec des « -… » pour indiquer les silences ! Heureusement que le tout est rehaussé par certains passages moins prosaïques et quelques jolies métaphores.

Pour ne pas rester sur du négatif, le roman aborde d’autres sujets intéressants, comme la vie de couple ou le succès (et les gens qui au contraire fuient la notoriété). Il y a toute une multitude de personnages attachants et pour la plupart sympathiques, de l’auteur dont le roman a fait un bide à la jeune éditrice prometteuse, en passant par la bibliothécaire enfermée dans sa vie monotone et le critique littéraire déchu. J’ai aimé également retrouver de nombreuses références à d’autres auteurs ou œuvres connues, même si cela s’apparente parfois à un étalage de sa science.

Qu’on ne se trompe pas, Le mystère Henri Pick est divertissant et renferme quelques surprise. Mais considérez plutôt ce livre comme la petite comédie sympa que vous allez voir au cinéma pour passer le temps. Un moment léger qui ne vous laissera pas un grand souvenir. Le souci est que Foenkinos cède un peu à la facilité : un sujet attractif, quelques histoires de couple (dont certaines arrivent un peu comme un cheveu sur la soupe et ne volent pas très hauts) et quelques scènes d’amour pour plaire au lectorat. Au moins, le livre a le mérite de se lire bien !

 

* * * 

En bref, un livre partant d’une idée intéressante et somme toute assez sympathique, mais ne vous attendez pas à un chef d’oeuvre !

Verdict Mitigé

 

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14 réflexions sur “Le mystère Henri Pick, de David Foenkinos

  1. Je suis assez d’accord avec toi. Le livre en lui-même ne m’a pas forcément déçu, mais plutôt la découverte de Foenkinos. Le livre était sympa à lire mais je n’ai pas trouvé une écriture qui se démarque (plein de phrases de vérités générales). J’ai un autre livre de l’auteur dans ma PAL, j’hésite à l’enlever ou à garder en prévision d’un voyage en train ou un truc du genre… Je serai aussi curieuse de découvrir Charlotte qui a tant encensé la critique (si j’ai l’occasion de l’emprunter).

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