L’épouse hollandaise, Eric McCormack

Je déterre aujourd’hui une lecture du printemps dernier dont je ne vous avais encore jamais parlé. Il s’agit de L’épouse hollandaise, publié en 2006, que j’ai déniché par hasard dans une boîte à livres. La preuve qu’on y fait de bonnes trouvailles !

Rachel, la mère de Thomas, a partagé sa vie avec deux hommes. Tous deux s’appelaient Rowland Vanderlinden. Le premier, parti pour un long voyage, n’est jamais revenu. Le second, elle l’a aimé passionnément, sans poser aucune question.

Quelle est l’identité de cet imposteur ? Et qu’est-il arrivé au premier Rowland Vanderlinden ?

Thomas est déterminé à percer les secrets de ce double mystère…

L’épouse hollandaise est un petit roman d’aventure et de suspens, qui a le charme des récits à l’ancienne. L’auteur met en scène son écriture, prend fréquemment le lecteur à parti, comme dans les vieux romans d’aventure. Le roman est construit sur le principe des récits enchâssés. Le livre s’ouvre sur la rencontre entre le narrateur, écrivain, et son voisin Thomas Vanderlinden, un vieux professeur passionné de livres méconnus. Peu de temps après, le vieux monsieur est hospitalisé et va alors raconter l’histoire de sa mère, Rachel, au romancier venu lui rendre visite.

Rachel attend le retour de son mari, Rowland, un anthropologue parti en mission. Un jour, un inconnu sonne à sa porte et prétend être son mari. D’abord déboussolée, elle décide d’entrer dans son jeu. Commence alors un drôle d’accord dans lequel ils « jouent » à être mari et femme, comme si cela avait toujours été le cas. Une seule règle : ne pas poser de question sur le passé et ne jamais briser l’illusion. Le mystérieux homme ne révèlera jamais son identité. Alors pour comprendre qui il était, Thomas Vanderlinden va, à la demande de sa mère, partir à la recherche de son premier mari, le véritable Rowland, dans l’intention de le ramener auprès d’elle.

On suit la quête de Thomas sur les traces de Rowland, une véritable expédition qui le conduira au bout du monde, jusqu’à un archipel du Pacifique. L’histoire est elle-même agrémentée du récit des nombreux voyages de Rowland et de ses découvertes anthropologiques, à tel point que, comme le narrateur, on ne sait plus bien ce qui est vrai et ce qui a été imaginé ou enjolivé par Rowland ou Thomas.

Ainsi, vous l’aurez compris, plusieurs récits se mêlent dans L’épouse hollandaise. Ces allers-retours entre passé et présent, entre les différents niveaux de narration, sont l’occasion de discuter du sens de l’histoire. Le narrateur prend de la distance avec le récit de Thomas pour réfléchir aux leçons à tirer sur l’amour, sur l’honnêteté, sur la connaissance de soi et de l’autre. Grâce à l’humour de sa plume et à ses réflexions, Eric McCormack parvient en quelques pages à nous rendre attachant ce narrateur, qui devient un personnage de l’histoire alors qu’il aurait pu n’être qu’un outil du récit.

L’épouse hollandaise interroge également les coïncidences, l’idée d’un fil rouge qui relie les individus entre eux. L’auteur s’amuse à glisser des liens entre les différents personnages. J’ai aimé la façon dont l’histoire du narrateur est in fine liée à l’histoire de Thomas, elle-même liée à celle de Rowland.

J’avoue avoir eu du mal avec le personnage de Rowland, sa personnalité et sa conception de la vie guidée par sa passion pour la sociologie et le voyage, au détriment de sa femme et de sa famille. C’est un aventurier, un voyageur qui ne peut s’attacher à un endroit et finit inévitablement par repartir. De même, l’étrange marché passé entre Rachel et le faux Rowland interroge, mais nous amène, comme le narrateur, à repenser nos convictions.

Quoi qu’il en soit, L’épouse hollandaise est une histoire de famille bien menée, qui nous tient en haleine jusqu’au bout. Elle nous fait voyager et fourmille d’anecdotes passionnantes et plus incroyables les unes que les autres.

En bref, un roman d’aventure, entre récit de voyage et secret de famille, qui alimente le suspens et nous entraine de surprise en surprise, en brouillant la frontière entre fiction et réalité.

2 réflexions sur “L’épouse hollandaise, Eric McCormack

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