Saga Delirium, de Lauren Oliver

delirium tome 3.jpgLena vit dans un monde où l’amour est considéré comme une dangereuse maladie, qui fait perdre le contrôle aux individus, les empêche d’être heureux et peut menacer l’ordre de la société. A 18 ans, tous les jeunes subissent une opération du cerveau, le Protocole, qui leur enlève toute capacité à avoir des sentiments amoureux ou de réelles émotions. Peu de temps avant la date de son Protocole, Lena, convaincue du bien-fondé d’une telle procédure (rassurante, stabilisatrice), fait la rencontre d’Alex et perd ses certitudes

Comme je n’ai pas chroniqué les deux premiers tomes (que j’ai lu il y a longtemps), je vais mêler la chronique du tome 3 de commentaires sur les tomes 1 et 2.

Le tome 1 :

J’avais lu le premier tome il y a plus d’un an et j’avais bien accroché. Delirium contient tous les ingrédients pour faire une bonne dystopie :

  • une société qui craint les débordements, la perte de contrôle, les réactions excessives ou les émotions fortes, et qui décide donc de faire de ses membres des êtres totalement indifférents, passifs, ne pouvant être déçus ou blessés car ne ressentant rien, ne s’attachant à rien, n’attendant rien des autres, n’espérant rien.
  • une fille docile qui finit par se rendre compte de l’absurdité de cette vie en rencontrant LE garçon 
  • une histoire d’amour, des rencontres en secret
  • la peur d’être prise et des forces de l’ordre particulièrement cruelles et implacables
  • une meilleure amie plutôt rebelle mais dépassée par les évènements et le bouleversement que traverse Lena

 N’importe qui, même le moins romantique, se sent un fervent défenseur du droit d’aimer en lisant Delirium, tant on voit combien tout penser rationnellement et sans émotion nous éloigne de notre humanité ! On ne risque pas d’être débordé par ses émotions, certes, mais cela enlève sa valeur à beaucoup de choses ! Le concept d’avoir repris la notion de « mal d’amour » ou l’idée que l’amour apporte autant de joie que de peines (déception, amour non partagé etc) est bien trouvé et L. Oliver ne tombe pas dans le « fleur bleue » !

Le tome 2 :

Puis, dans le tome 2, une résistance organisée, des combats, des doutes, du chaos, des désillusions, des pertes, des séparations, des remises en question, des lassitudes, des retournements. On voit bien que Delirum n’est pas seulement une romance, il y a pas mal d’action et de questionnements autour de la résistance à un ordre établi.

Mais justement, je n’ai pas vraiment accroché ce tome 2. Je l’ai trouvé assez ennuyant. C’est aussi dû au fait que je l’ai relu une deuxième fois avant le tome 3, mais je me rappelais de beaucoup d’éléments de l’intrigue, ce qui me donnait des impressions de déjà-vu et enlevait la surprise. J’ai bien aimé les nouveaux personnage que rencontre Lena au fur et à mesure, en particulier Raven, Hunter et Tack. Ils ont tous leur personnalité propre.

Par contre, l’histoire entre Julian et Lena m’a vraiment posé problème. Lena perd Alex (son premier amour, celui qui lui a fait tout découvrir et qui s’est sacrifié pour elle) de manière tragique alors qu’elle tente de fuir, et quelques mois après elle file déjà une nouvelle histoire d’amour avec un garçon qui était son pire ennemi ? Soit on trouve cela pas crédible, soit Lena est totalement superficielle. On a un peu l’impression que l’auteur voulait mettre une romance pour plaire à ses lectrices et qu’elle s’est servie du premier garçon qui passait dans le récit. Quoi qu’il en soit, ça m’a vraiment agacé et je n’ai pas pu m’empêcher de détester Julian tout du long !

Le tome 3 :

Comme pour les deux premiers tomes, L. Oliver a fait reposer la dynamique de son roman sur la polyphonie, en alternant le récit de deux personnages. Dans le deuxième tome, elle alternait entre passé et présent, et dans celui-ci entre Lena et Hana, son ancienne meilleure amie. J’ai apprécié de retrouver Hana car on voit au fur et à mesure que sa situation n’est pas aussi simple que cela en a l’air, elle n’a pas seulement les pensées clichées d’un adolescent ayant suivi le Protocole et c’est intéressant de voir comment elle tente de se débrouiller. L’auteur fait résonner les pensées des deux anciennes amies qui pensent parfois l’une à l’autre, et ça fonctionne bien !

Le tome 3 est pour moi le meilleur de la trilogie (en concurrence avec le tome 1, même s’ils sont très différents). Ce n’est pas vraiment une romance, mais plutôt un roman d’action et d’introspection. On découvre comment Lena a changé et mûri. Son personnage est d’autant plus intéressant qu’elle est plus complexe : elle fait le point sur son parcours, ses réflexions, ses doutes (est-ce qu’il valait la peine de se battre pour cette vie de fuite, de faim, d’instabilité, de survie, sans bonheur ?). Elle tente de trouver sa place dans la résistance et est surtout en quête de sens. On entre dans la peau de ce personnage qui voit sans cesse son monde s’écrouler et doit tant bien que mal continuer et construire quelque chose. On ne s’ennuie pas car on suit le rythme de la vie de la résistance !

J’ai bien évidemment adoré retrouver Alex qui est un de mes personnages favoris ! Cependant, l’absence de vraies explications entre Lena et Alex m’a dérangé. La transition entre le tome 2 et 3 est particulièrement maladroite : Lena et Alex se retrouvent à la fin du tome 2 de manière totalement inattendue, et ne se parlent quasiment pas au début du tome 3. Forcément les retrouvailles sont tendues (cf Julian) mais au moment où Alex s’énerve et dit à Lena qu’il ne l’aime pas, elle le prend comme un fait sans se poser de questions, alors que c’est évident pour tout le monde que c’est de la jalousie et du ressentiment. Bref, encore un manque de crédibilité qui peut agacer le lecteur ! De la même manière, la façon dont très rapidement, Alex manifeste de l’intérêt sincère pour une autre fille, exactement comme Lena, est gros comme une maison !

Mon dernier ENORME bémol, concerne la fin ! On dit souvent que la fin d’une trilogie est rarement réussie (ou plutôt satisfait rarement le lecteur), eh bien celle-ci ne déroge pas à la règle! Le problème n’est pas tant le contenu de la fin que l’absence de fin. J’ai eu sérieusement l’impression que l’auteur ne voulait pas se casser la tête et donc a choisi la facilité en terminant abruptement son livre sans aller au bout des choses. Ce n’est même pas une fin ouverte, c’est comme ci on coupait le livre 20 pages trop tôt et à la place on nous mettait une pseudo réflexion philosophique « On ne sait pas ce qu’il va se passer mais l’important c’est de l’avoir fait. »

* * *

Bon, je me rends compte que je me suis encore énervée à la fin de ma chronique haha ! Alors comme toujours, je ne veux pas vous donner de fausses impressions ! Si la fin m’a tellement agacée, c’est que j’ai aimé le tome 3 et cette trilogie et que j’attendais quelque chose à la hauteur ! Je conseille à tous la saga Delirium : bien au-delà d’une romance, il y a de l’action et des questions qui se posent !

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5 réflexions sur “Saga Delirium, de Lauren Oliver

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