L’enfant de poussière, Patrick K. Dewdney

On se retrouve après une pause bien méritée, que j’ai occupée notamment à parcourir les plaines d’Ecosse. Aujourd’hui, je viens vous parler du Cycle de Syffe, une saga fantasy que j’ai peu vu passer sur les réseaux sociaux littéraires.

La mort du roi et l’éclatement politique qui s’ensuit plongent les primeautés de Brune dans le chaos. Orphelin des rues qui ignore tout de ses origines, Syffe grandit à Corne-Brune, une ville isolée sur la frontière sauvage. Là, il survit librement de rapines et de corvées, jusqu’à ce que les tempêtes qui secouent le vieux monde finissent par chavirer le sien, et que son destin fourche à tout jamais.

Je lis assez rarement de la fantasy mais de temps en temps j’aime varier mes lectures. Quand mon père m’a parlé de L’Enfant de poussière, je me suis dit que c’était l’occasion !

Après ma lecture, je m’interroge sur la classification de ce roman. En réalité, si on met de côté les lieux qui n’existent pas, il n’y a presque rien qui relève de l’imaginaire ou de la magie. Il pourrait même s’agir d’un roman historique – largement éloigné des faits historiques, certes, mais on est clairement dans une inspiration médiévale. Je me faisais la réflexion que parfois le fait de voir un livre estampillé « fantasy » peut freiner certains lecteurs peu habitués du genre, alors que l’histoire est tout ce qu’il y a de plus classique !

Cela dit, L’Enfant de poussière constitue le premier tome d’une trilogie, et comporte quelques soupçons de surnaturel qui laisse penser que cette dimension prendra une part plus importante par la suite.

Pour en revenir à l’histoire, Syffe est un orphelin de Corne-Brune, élevé chichement avec trois autres enfants à la ferme de la veuve Tarron. Livrés à eux-mêmes, ils survivent en mendiant et en chapardant à droite à gauche. Un jour qu’il est pris sur le fait, Syffe se retrouve à entrer au service du première-lame Hesse, soldat gradé de la garde de Corne-Brune, pour échapper à la sanction. Il sera ses yeux et ses oreilles à la Cuvette et dans les bas quartiers, alors que de sombres affaires de contrebande et de disparitions inexpliquées agitent la ville.

Débute alors un véritable roman d’apprentissage puisque le jeune garçon aura plusieurs vies en une : espion, apprenti-chirurgien, soldat… Son parcours sera étroitement lié au contexte instable, marqué par les inégalités sociales dans la cité, les luttes pour le pouvoir, les rivalités entre les cités et royaumes. Syffe est ballotté, malmené par le destin, le hasard le mène d’un endroit à un autre. A chaque fois qu’il croit avoir trouvé une forme de stabilité et commence à imaginer un avenir tracé, des évènements imprévisibles font dévier son chemin.

Le jeune orphelin entretiendra de belles relations avec ses mentors successifs. L’apprentissage est souvent rude, exigeant, mais on perçoit la tendresse, l’affection et la complicité qui lient l’élève et le maître.

Autant vous prévenir : malgré l’âge du héros, L’Enfant de poussière est un roman sombre et violent. Cela a été dur de le voir encaisser quand le sort s’acharne sur lui…et assez révoltant d’être témoin de toutes les injustices et les malheurs qui le frappent. Décidément, ce petit bout d’homme démarre bien mal dans la vie !

D’ailleurs, j’ai noté un vrai problème de décalage entre l’âge du personnage et son comportement. Syffe est censé avoir à peine dix ans mais il réfléchit et parle comme un adolescent, voire un jeune adulte, y compris dans son rapport aux femmes et à la guerre – c’est assez dérangeant.

Dans L’Enfant de poussière, la grande Histoire se mêle à la petite. L’intrigue est marquée par les stratégies militaires et politiques, les complots, les troubles sociaux et les tensions entre les différents peuples. Patrick K.Dewdney bâtit un univers riche, à forte connotation politique, où les enjeux de pouvoir sont forts.

En contrepartie, on se perd un peu entre les peuples, les rivalités entre cités voisines, les alliances et les conflits… J’avoue qu’au bout d’un moment, j’ai un peu laissé tomber cet aspect pour me concentrer sur le destin de notre jeune héros, sans trop chercher à comprendre qui était avec qui, qui avait trahi qui… [c’est d’ailleurs souvent cette complexité qui me gêne dans la fantasy.]

Sans surprise, j’ai donc préféré les débuts du roman, où l’on suit l’orphelin, ses relations avec les clans de la Cuvette et sa participation pour résoudre l’enquête sur les disparitions d’enfants et déjouer une conspiration, aux deux derniers livres, centrés sur la guerre. La première partie, sans doute moins linéaire, comporte plus de suspens et développe davantage les relations entre les personnages (et notamment certains personnages que j’aurais aimé voir plus présents dans le roman !).

Objectivement, il ne se passe pas grand chose, surtout dans la dernière partie du livre qui prend des airs de campagne [militaire]. L’auteur n’est pas avare de mots, il prend le temps de décrire dans le détail les pérégrinations des personnages. Il y a donc des longueurs, qui en lasseront sans doute certains, surtout que le livre fait près de 800 pages. Mais assez étonnamment, cela ne m’a pas dérangée car le style de Patrick Dewdney est agréable à lire et les pages se tournent sans difficulté.

En bref, je suis finalement contente d’être sortie de ma zone de confort avec ce roman. Malgré la complexité d’un univers imaginaire-historique très poussé, je me suis attachée au destin du jeune héros qui s’annonce tortueux.

J’ai vu que certains commentaires comparaient Le cycle de Syffe à L’Assassin royal, cela me donne bien envie de me lancer dans la saga de Robin Hobb du coup !

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3 réflexions sur “L’enfant de poussière, Patrick K. Dewdney

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