Bilan de mes lectures printanières

Ce printemps, je comptabilise 14 romans lus, ce qui représente pour moi de bons mois de lectures. « Bons » surtout en volume car à vrai dire j’ai eu pas mal de lectures mitigées ou de petites déceptions. D’ailleurs, il y a eu peu de chroniques ou de posts instagram cette saison – certaines sont clairement très en retard, dû à mes vacances, pour les autres je n’étais pas franchement inspirée pour vous partager mon avis !

Pour mes lectures du printemps, j’ai fait la part belle aux romans adolescents/young adult, même si vous verrez que certains sont à la frontière entre les genres… Une bonne démonstration de la richesse que la littérature « jeunesse » a à offrir !

Du jeunesse/young adult

J’ai lu mon premier Marie Vareille grâce au Syndrome du spaghetti, un roman touchant sur les rêves brisés et l’enjeu de retrouver un sens à sa vie quand elle ne prend pas le chemin qu’on attendait.

Sarah Crossan est toujours une valeur sûre, et Swimming-pool n’a pas dérogé à la règle. Elle y aborde, avec tout son talent pour les vers libres, des sujets de société importants.

Marie Pavlenko, c’est de l’humour et des personnages un peu loufoques, pour aborder des sujets forts. Je pense que cela résume bien Je suis ton soleil !

Des classiques

Côté classiques, j’ai commencé par Le temps de l’innocence, qui ne m’a pas vraiment emballée. J’ai fini par me lasser de ce héros qui ne sait pas ce qu’il veut, coincé entre la réticence de mentir et la peur de blesser sa femme, entre la sécurité d’une vie respectable aux côtés de son épouse, même si son mariage le rend malheureux, et son attrait pour une comtesse sulfureuse avec qui il vivrait une vie plus exaltante. Si Edith Wharton montre parfaitement les contradictions et l’hypocrisie d’une société new-yorkaise conservatrice, le destin de son personnage qui, prisonnier des conventions sociales et de son indécision, passe à côté de sa vie, est un peu trop désespérant à mon goût !

Je vais probablement me faire des ennemis, mais tant pis : j’ai trouvé Sur la route tout bonnement illisible. J’avais vraiment envie d’apprécier ce roman, de découvrir la beat generation, et c’est d’ailleurs pourquoi j’ai persévéré jusqu’au bout au lieu d’abandonner. Mais : il n’y a pas d’intrigue et l’écriture part dans tous les sens. Je m’attendais à un grand road trip et finalement il ne s’agit pas d’un voyage mais d’une succession d’allers-retours, sans réel but, avec des personnages fauchés et misogynes au possible, qui partagent leurs réflexions un peu perchées… Si vous avez aimé, n’hésitez surtout pas à partager votre avis en commentaires car je suis curieuse de comprendre à côté de quoi je suis passée !

Daphné Du Maurier est pour moi une incontournable, et a montré une nouvelle fois avec L’auberge de la Jamaïque son talent pour créer une atmosphère sombre et inquiétante, assez caractéristique de ses romans. Malgré un début un peu long, la tension monte progressivement et nous tient en haleine, aux côtés d’une jeune héroïne qui, bien qu’un peu naïve, ne manque pas de courage.

Du drame au feel-good

Que ce soit dans un style feel-good ou un ton plus grave, je me tourne régulièrement vers des romans qui abordent des thématiques difficiles, qui nous questionnent et nous émeuvent.

La vie en chantier est un joli roman sur le deuil et l’amour, mais qui ne parvient pas à transmettre suffisamment d’émotion en raison notamment de l’apathie de son personnage principal.

Quelques années après ma lecture de Si la lune éclaire nos pas, je voulais découvrir d’autres romans de Nadia Hashimi. Je ne sais pas si ce roman est différent du précédent ou si mon regard a changé, quoi qu’il en soit j’ai eu un peu de mal à venir à bout des 500 pages de Pourvu que la nuit s’achève. Il m’a donné l’impression d’un récit assez factuel et peut-être trop pensé par l’auteure, au détriment de la construction de l’intrigue et de la narration. Le roman n’est pas parvenu à me passionner, malgré un sujet fondamental et profondément révoltant (la situation des femmes en Afghanistan face à des lois intenables et une justice implacable). Cela est sans doute dû au fait que le personnage principal se livre peu et cultive l’ambiguïté, rendant difficile pour le lecteur de vraiment s’attacher à elle, et que l’intrigue avance lentement. L’auteure montre cependant parfaitement l’absurdité des règles et les conséquences dramatiques pour les femmes d’une société dominée par les hommes où l’honneur et la réputation priment sur le reste.

Pour finir avec Et que ne durent que les moments doux, je n’ai malheureusement pas trouvé le roman de Virginie Grimaldi à la hauteur de son sujet. La thématique de la prématurité m’intéressait mais m’a semblée insuffisamment développée, d’autant qu’elle est couplée avec celle du départ des (grands) enfants du nid. J’ai eu le sentiment de rester en surface et je n’ai pas réussi à entrer véritablement dans l’histoire et à m’attacher aux personnages. Dommage.

De la SF

Avec L’enfant de poussière, j’ai fait une incursion du côté de la SF. Malgré quelques longueurs et éléments complexes dans l’intrigue, je me suis attachée au destin du héros que je prendrai plaisir à suivre dans la suite de ses aventures.

Du suspens

J’ai été contente de retrouver Joël Dicker avec La disparition de Stéphanie Mailer, même si La vérité sur l’affaire Harry Quebert reste mon préféré. L’intrigue policière fonctionne bien, les personnages se révèlent plein de failles derrière les masques et on prend plaisir à découvrir les secrets de chacun. Je reconnais que certains personnages frisent la caricature, mais c’est à mon avis voulu pour les rendre pathétiques et donner à rire – en tout cas, j’ai décidé de le prendre au second degré ! Le gros point noir réside plutôt à mon sens dans la fâcheuse tendance de l’auteur à faire trainer ses histoires et à écrire des pavés, d’autant qu’il y a beaucoup de longueurs et de répétitions.

De l’inclassable

Je finirai avec trois livres qui ont la particularité d’échapper largement à la catégorisation par genre, même s’ils sont traditionnellement classés en littérature ado.

Nous, les Déviants est un roman percutant sur un groupe d’adolescents en quête de revanche, entre thriller et roman d’apprentissage.

Je vous parlerai bientôt de Brexit romance, un roman à l’intrigue originale, mêlant enjeux politiques, humour et romance.

On reste dans l’originalité avec Lettre à toi qui m’aimes. Julia Thévenot imagine, tout en poésie, la lettre écrite par une personne aimée qui ne partage pas les sentiments de l’autre. J’ai aimé cet angle audacieux, même si j’ai trouvé les mots parfois un peu durs, et le roman un peu court.

N’hésitez pas à partager vos coups de cœur et vos déceptions de ce printemps !

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8 réflexions sur “Bilan de mes lectures printanières

  1. Je n’ai jamais lu Sur la route, mais c’est un roman dont j’ignore totalement s’il me plaira. Je pense qu’un jour, je le lirai pour me faire un avis, mais ça n’a jamais été une priorité pour l’instant. A l’inverse de Daphné Du Maurier que j’ai très hâte de découvrir ! Pour le coup, je m’attends à des coups de coeur !
    La vie en chantier a été une déception pour moi… Je l’ai trouvé bien fade. Et, personnellement, je n’ai pas été super emballée par Brexit Romance.

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  2. Pingback: Mid-year book-tag [2022] |

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