Un si petit oiseau, Marie Pavlenko

C’est le premier roman que je lis de Marie Pavlenko, une auteure française reconnue en littérature jeunesse/ado, notamment depuis Je suis ton soleil.

Après un accident de voiture qui l’a laissée meurtrie, Abigail rentre chez elle. Elle ne voit plus personne. Son corps mutilé bouleverse son quotidien, sa vie d’avant lui est insupportable. Comment se définir quand on a perdu ses repères, qu’on ne sait plus qui on est, que la douleur est toujours embusquée, prête à exploser ? Grâce à l’amour des siens. Grâce aux livres. Grâce à la nature, au rire, aux oiseaux. Avec beaucoup de patience, peu à peu, Abi va réapprendre à vivre.

Outre sa jolie couverture verte, j’ai choisi Un si petit oiseau en raison de la thématique du handicap, assez rarement abordée en littérature ado (ou adulte d’ailleurs).

Agée de 20 ans, Abi a été victime d’un accident de voiture qui lui a fait perdre un bras. Elle partage ses angoisses, sa colère, sa frustration, sa peur du regard des autres, ses difficultés à effectuer des gestes de la vie quotidienne. A un âge où les jeunes sortent, s’amusent et préparent leurs études supérieures, l’accident a remis en cause toutes les certitudes et les projets d’avenir d’Abi. Elle n’arrive plus à se projeter et s’enferme dans sa solitude, pleine de dégoût d’elle-même, submergée par le sentiment d’être hors course.

Un si petit oiseau est ainsi le récit d’une reconstruction. Abi est une héroïne forte mais humaine par ses moments de doute et de découragement. Elle doit faire le deuil de son ancienne vie (ses études, ses projets, ses amis), apprendre à se réapproprier son corps et redéfinir ses envies. On suit son cheminement, ses progrès, petit pas par petit pas, à mesure qu’elle réalise ses « premières fois » depuis l’accident. Grâce à la découverte de Cendrars (au passage, elle m’a donné envie de lire La main coupée), aux retrouvailles avec un ancien ami et au soutien de sa famille, Abi va peu à peu reprendre confiance en elle, s’ouvrir davantage aux autres et retrouver le goût de la vie.

Marie Pavlenko signe un roman lumineux et porteur d’espoir (et quelle plume de talent !). L’humour y tient une bonne place, grâce à l’autodérision d’Abi mais aussi aux réactions des membres de sa famille qui ne sont pas avares de blagues pour dédramatiser la situation.

Bien que je ne sois pas concernée par le sujet, j’ai trouvé beaucoup de justesse dans le récit, que ce soit dans la description du vécu d’Abi et de ses douleurs, ou de l’impact de son handicap sur l’ensemble des proches. Alors que la famille a déménagé suite à l’accident, chacun doit s’adapter à ce nouveau quotidien, ce qui ne va pas sans quelques tensions. Car le handicap est aussi une épreuve pour la famille, comme nous le montre la sollicitude de la mère qui finit par devenir pesante, la position délicate de la sœur qui ne supporte plus que tout tourne autour d’Abi ou la maladresse de ceux qui ne savent pas toujours comment réagir. Quant à Abi, elle est en proie à des sentiments contradictoires, entre la reconnaissance d’être entourée, la revendication du droit de se plaindre et la culpabilisation d’être une source d’inquiétude et de sacrifices.

Bref, je l’ai dévoré et je vous invite à faire de même ! Une belle histoire de reconstruction personnelle et familiale – juste, touchante et drôle.

Mention spéciale à la place accordée à l’observation des oiseaux, qui donne envie de s’inscrire à une sortie avec la LPO !

8 réflexions sur “Un si petit oiseau, Marie Pavlenko

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