Extremely loud and incredibly close, Jonathan Safran Foer

Aujourd’hui, je reviens sur une de mes lectures ovni du mois d’avril, le best-seller Extrêmement fort et incroyablement près.

Oskar Schell est inventeur, entomologiste, épistolier, francophile, pacifiste, consultant en informatique, végétalien, origamiste, percussionniste, astronome, collectionneur de pierres semi-précieuses, de papillons morts de mort naturelle, de cactées miniatures et de souvenirs des Beatles. Il a neuf ans.
Un an après la mort de son père dans les attentats du 11 septembre, Oskar trouve une clé. Persuadé qu’elle résoudra le mystère de la disparition de son père, il part à la recherche de la serrure qui lui correspond. Sa quête le mènera aux quatre coins de New York, à la rencontre d’inconnus qui lui révèleront l’histoire de sa famille

Sur ce coup-là, j’arrive après la bataille puisque le roman a été publié en 2005 et qu’il a même été adapté au cinéma. J’en avais tellement entendu parler qu’il fallait que je le lise (et le titre m’intriguait #momentfutile). Pour la première fois depuis une éternité, je l’ai lu en V.O ! J’appréhendais un peu mais finalement ça s’est bien passé. J’avais une bonne compréhension de base, et en cherchant quelques mots, ma lecture restait plutôt fluide. Cependant, le roman a la particularité de comporter beaucoup de jeux de mots, de mots-valises, un langage imagé, ce qui est un peu compliqué lorsque ce n’est pas votre langue maternelle – je n’ai donc probablement pas tout saisi.

Au-delà d’un livre, Extrêmement fort et incroyablement près est un véritable objet littéraire et typographique. Inclassable, il se visionne autant qu’il se lit, composé de photographies, de pages contenant un mot ou une phrase unique, de typographies variables (gras, italique, capitales, mots entourés ou rayés…). C’est un ensemble d’éléments qui s’assemblent pour créer du sens.

Le roman de Jonathan Safran Foer est indéniablement étrange, énigmatique. L’auteur nous perd entre les différents points de vue et variations temporelles – j’ai été pas mal déboussolée et j’ai eu du mal avec les chapitres intitulés « Why I am not where you are » car on ne sait pas qui parle, ni où, ni quand. Mais il faut se laisser porter par la narration sans chercher à tout comprendre tout de suite, se laisser surprendre.

J’aime les histoires racontées du point de vue d’un enfant, avec ce mélange de perspicacité et de candeur qui donnent une émotion forte au roman. D’ailleurs, sur le même sujet, quoique d’un autre style, j’avais beaucoup aimé Les règles d’usage de Joyce Maynard. Le petit Oskar est touchant par son intelligence particulière, sa persévérance désespérée, sa sensibilité. Il sort de l’ordinaire, il faut entrer dans son schéma de pensée, apprendre à l’apprivoiser.

Jonathan Safran Foer écrit un livre sur le deuil, la culpabilité, la reconstruction. Il raconte l’après 11 septembre, le traumatisme des attentats du World Trade Center, renforcé par le nombre important de disparus dont on n’a pas retrouvé le corps (le livre s’ouvre d’ailleurs sur cette triste scène où on enterre un cercueil vide). Surtout, il raconte l’impensable pour un petit garçon : la perte brutale de son père. Refusant d’y croire, car y croire c’est se résigner, c’est accepter qu’il ne reviendra plus, il se bat à sa manière pour le garder vivant. Il se révolte car si un père peut mourir tout à coup, si un enfant doit vivre sans lui, rien n’a de sens.

Oskar trouve une clé, qu’il interprète comme un signe d’une énigme que son père l’invite à résoudre. Partant de ce maigre indice, il se lance sur sa piste. On va alors le suivre à la recherche de la serrure correspondante, une quête qui va l’amener à traverser tout New-York, à contacter tous les « Mr/Mrs Black » de l’annuaire et à discuter avec des inconnus. Moi qui pensais que le roman allait verser dans une enquête de type roman policier, avec des indices à décoder, j’ai été un peu déçue de la tournure des évènements. Mais qu’importe, l’auteur nous démontre avec beaucoup de justesse que finalement l’important n’est pas le but mais le chemin.

Un roman original, déconcertant, porté par un petit garçon hors norme dont la quête sera la première pierre de sa reconstruction et de celle de sa famille.

5 réflexions sur “Extremely loud and incredibly close, Jonathan Safran Foer

  1. Je n’ai jamais lu de fiction de Jonathan Safran Foer (j’ai juste lu son célèbre essai « Faut-il manger les animaux ? ») mais celui-là me donne bien envie ! Pas sûr que la forme me plaise à 100% mais c’est sûrement à essayer.

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