Le Goût du bonheur – tome 1 : Gabrielle, Marie Laberge

couv35280389 Réunis dans leur résidence estivale de l’île d’Orléans, non loin de Québec, les Miller et leurs six enfants offrent l’image de l’harmonie et de l’aisance. La crise des années trente les a épargnés. Chez eux, le goût du bonheur l’emporte sur les conventions et les préjugés d’une société paroissiale et étouffante.
Comblée par un mari intelligent et sensuel, Gabrielle aspire a encore plus de liberté, prête à la révolte. Alors que la rumeur de la guerre enfle en Europe, s’annoncent des orages du cœur, des menaces, des trahisons, la maladie. Mais rien ne semble pouvoir briser le courage et l’énergie vitale des Miller.

* * *

Je suis heureuse de vous retrouver avec ma première chronique depuis deux long mois. Histoire de revenir dans la bonne humeur, j’ai choisi de vous parler de mon dernier coup de cœur, Gabrielle, de Marie Laberge. J’ai découvert cette trilogie grâce à Margaud liseuse, que j’ai entendu parler de la série avec enthousiasme des dizaines de fois.

Totalement par hasard, j’ai commencé Le Goût du bonheur quand mon copain et mon frère sont partis en vacances au Québec. J’aurais adoré visualiser les paysages pendant ma lecture ! Je pense que connaître la région aide à entrer plus rapidement dans le roman.

Car pour ma part, les choses ont plutôt mal débuté. Durant les premières pages, j’ai même cru que ça ne le ferait pas du tout. Après en avoir entendu tellement de bien, je ne comprenais pas et j’étais déçue de ne pas trouver le roman à la hauteur. J’ai eu du mal d’abord à cause du style et du langage des personnages. Il y a pas mal de mots québécois que l’on ne comprend pas, du patois et des tournures des phrases qui ne nous semblent pas très naturelles et ne sonnent pas très « jolies » à l’oreille d’un français. Il faut le temps de s’y habituer. Le roman s’ouvre également assez brusquement, sur une scène avec Gabrielle, ses sœurs et leurs enfants. On est d’emblée un peu perdu dans cette famille, à chercher qui est qui, resituer le contexte, et on ne voit pas tout de suite où l’auteure veut nous emmener. Le rythme est plutôt lent et il faudra s’y habituer. Marie Laberge a écrit une belle brique (plus de 800 pages), à la manière d’une fresque qu’elle déroule progressivement. Comme dirait Margaud liseuse, c’est un roman avec lequel il faut prendre son temps (il m’a occupé au moins quinze jours !). 

Alors certes, j’ai failli lâcher pendant les 100 premières pages. Mais petit à petit, s’en trop m’en rendre compte, je me suis laissée complètement embarquer par l’histoire. Je me suis attachée à cette famille que j’avais l’impression de connaitre, je voulais savoir ce qu’elle allait devenir.

Le Goût du bonheur plaira à tous les amoureux de sagas familiales et historiques, comme moi. On y suit une famille nombreuse dans le Québec des années 30, sur une dizaine d’années (d’ailleurs, ce n’est pas toujours simple de se situer dans le temps et de s’habituer aux années écoulées en quelques pages – cela peut faire bizarre de voir un membre de la famille agir comme un ado alors qu’on le visualise encore comme un enfant). L’auteure dépeint à merveille ce moment charnière en donnant une place centrale au contexte social et politique. On va vivre l’impact dévastateur de la crise économique, le développement des mouvements de revendications pour les droits des femmes, et les montées des tensions internationales qui vont mener à l’essor du nazisme et au déclenchement de la deuxième guerre mondiale. On assiste également aux premières fissures d’une société encore très conservatrice. La religion est très présente. Gabrielle elle-même, le personnage principal, est très croyante. Mais elle va progressivement remettre en cause des préceptes qu’on lui a inculqués, en redéfinissant elle-même la frontière entre le bien et le mal et la place de la femme.

La saga plaira aussi aux lecteurs en quête de personnages forts et notamment de personnages féminins. Il y a des tonnes de personnages (de ce point de vue là, vous serez servis). Sans doute un peu trop d’ailleurs – le schéma familial est assez complexe et j’ai eu tendance à me perdre entre les sœurs de Gabrielle et les cousins. Mais surtout, il y a quatre personnages principaux que j’ai adorés. Ils ont chacun leur personnalité et sont incroyablement attachants.

  • Gabrielle est une femme d’une trentaine d’année, mère de 5 enfants (eh oui, elle n’a pas chômé ! Autres époques, autres mœurs…). La façon dont elle élève ses enfants est très inspirante car elle les considère comme des êtres à part entière dont il faut respecter les besoins et la personnalité, à rebours de l’éducation de l’époque. C’est une femme simple, modeste, dévouée, prête à tout pour sa famille, attachée à ses valeurs et dotée d’un sens aigu de la justice. Elle est aussi pleine de sagesse et porte  énormément de réflexions sur la vie en général qui résonnent même aujourd’hui.
  • Edouard est un mari presque parfait et un père aimant. Il est moderne et ouvert d’esprit, laissant la place aux discussions de toute nature avec sa femme…quitte à parfois être contrarié lorsque la conscience féministe de Gabrielle s’affirme. De ce point de vue, il est intéressant de voir comment les sujets sont abordés et comment les mentalités peuvent doucement évoluer dans une société.
  • Adélaïde, leur petite fille de 7 ans au début du roman, adolescente à la fin du premier tome est une graine de femme au caractère bien trempé. Déterminée, passionnée, entêtée, spontanée et perspicace, elle a hérité de toutes les qualités de sa mère tout en sachant s’imposer. J’ai hâte de voir son évolution dans le deuxième tome !
  • Nick, enfin, est l’ami de la famille, l’éternel célibataire, riche et séduisant. Il est touchant car malgré sa réussite sociale, il est relativement seul et souffre des frasques de sa sœur. Il admire les Miller et trouve auprès d’eux la famille dont il rêve. Il fait d’ailleurs preuve de beaucoup de tendresse envers les enfants, qui lui rendent bien. Sa place auprès des Miller est assez ambigüe et va donner du relief à l’intrigue.

Je suis devenue fan du couple Gabrielle-Edouard. Ils brisent les conventions de leur temps. Mariés depuis 10 ans, toujours fous amoureux (à une époque où les mariages d’amour sont rares), extrêmement complices, ils sont l’exemple même du bonheur conjugal. Je me suis fait la réflexion qu’on voit rarement un couple marié heureux dans les romans (les auteurs craignent sans doute qu’ils soient ennuyants – mais la preuve que non !). Ce portrait d’un amour sans extravagance, sans drame, sans tromperie fait du bien.

Je terminerai avec une petite mise en garde (je l’avais entendu d’autres lecteurs et je crois que l’on accuse mieux le choc en étant prévenu !). Ne vous attendez pas à une saga toute joyeuse : il y a des événements tristes, sombres et beaucoup de drames dans cette trilogie. L’auteure n’est pas tendre avec ses personnages. De mon côté, je ne me suis toujours pas remise de la fin du premier tome…

Sur ce suspens intenable, je vous laisse filer en librairie pour découvrir Le Goût du bonheur !

Verdict Coup de coeur

Pour ceux qui en veulent encore, la vidéo de Margaud Liseuse :

 

2 réflexions sur “Le Goût du bonheur – tome 1 : Gabrielle, Marie Laberge

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