Les orphelins du bout du monde, Harmony Verna

couv7851141.jpg Début du XXème siècle. Abandonnée par sa famille dans le désert australien, Leonora est une miraculée. Confiée à un orphelinat, la fillette tisse une amitié aussi forte qu’éphémère avec un petit irlandais rebelle, James O’Reilly. Mais leurs chemins se séparent lorsque Leonora est adoptée par les Fairfield, un couple d’industriels américains.

* * *

J’avais très envie de lire Les orphelins du bout du monde depuis sa parution. Il promettait une belle aventure en Australie, un cadre plutôt inhabituel en littérature et un côté historique qui me plaisait. Mais je dois dire que j’y ai trouvé une histoire assez commune, qui fait la part belle aux clichés et est plutôt prévisible.

Pour la défense du roman, je dois dire que la quatrième de couverture a complètement gâché ma lecture. Le résumé en dit beaucoup trop ! Je connaissais l’histoire avant de la lire. A partir de là, l’intrigue ne me réservait plus de surprise et j’ai eu du mal à trouver un réel intérêt au roman.

Les orphelins du bout du monde s’ouvre sur une scène assez terrible : une fillette abandonnée en plein désert australien, sauvée in extremis d’une mort certaine. On suit ensuite ses premières années à l’orphelinat. Jusqu’ici, cela démarrait plutôt bien. Je pense qu’il y avait vraiment matière à développer la façon dont fonctionnait les orphelinats à l’époque et le personnage du prêtre qui se bat pour trouver des financements pour maintenir sa structure et venir en aide aux enfants.

Mais à mon grand regret, on quitte rapidement cette période pour faire un saut dans le temps et retrouver Leonora adoptée par une riche famille américaine. A partir de là, l’intrigue devient assez banale : famille bourgeoise où l’argent ne fait pas le bonheur et ne remplace pas l’affection, où les convenances sont synonymes d’absence de liberté et de destin tout tracé pour les femmes… Bref, le refrain traditionnel.

Parallèlement à l’histoire de Leonora, on suit la vie de James, qui a un destin diamétralement opposé, beaucoup plus pauvre et plus dur de prime abord, mais finalement pas forcément plus malheureux (là aussi, refrain traditionnel). Pour le coup, son histoire m’a beaucoup plus intéressée et je me suis davantage attachée à son personnage. J’aurais presque préféré que l’on mette de côté toute l’intrigue de départ avec Leonora pour centrer l’histoire sur lui et en faire une fresque un peu à la Colleen McCullough, qui s’appesantirait plus sur la vie pleine de labeur des fermiers, le quotidien d’une famille nombreuse, la gestion d’un ranch dans le climat très particulier de l’Australie où chaque récolte est un miracle.

Mais je vais débuter par ce que j’ai aimé, parce qu’il y a du positif. J’ai aimé voyagé en Australie, m’imaginer dans ces grands espaces, découvrir les ranchs australiens du XXème siècle. J’ai apprécié également l’aspect plutôt social du roman qui aborde les conditions de travail dans les champs et dans les mines, les fortes inégalités, la difficulté à trouver un emploi qui place les ouvriers dans une situation de détresse. Le personnage de Ghan apporte de ce point de vue une touche intéressante, même s’il manque de lien avec le reste de l’intrigue. J’ai trouvé aussi du potentiel dans la question du mariage et de la condition féminine, et j’aurais aimé que l’auteure traite un peu plus de la façon dont une épouse pouvait tenter d’exister en dehors de ce rôle-là, soit en travaillant, soit en exploitant son influence en tant que maitresse du domaine – des aspects présents dans le roman mais qui ne sont qu’effleurés.

Pour autant, Harmony Verna a voulu jouer sur trop de ficelles. Elle tombe dans des facilités, use le ressort dramatique, avec les orphelins, les drames familiaux, le mari odieux… Finalement, beaucoup de banalités qui se succèdent, alors qu’il aurait sans doute mieux valu choisir un sujet et l’approfondir. Cela manque également de finesse dans la psychologie des personnages. Les réactions des personnages et les dialogues sonnent peu naturels et m’ont empêchée d’être réellement touchée par les drames.

Enfin, la romance est trop prévisible et retire donc le suspens. Elle est finalement à l’image du roman : malgré le potentiel, un côté déjà-vu, manquant de profondeur, mais qui peut constituer un petit plaisir coupable pour ceux qui veulent voyager le temps d’une lecture.

* * *

La conclusion semble très négative à la fin de cette chronique, mais je voudrais terminer en disant que ma lecture a globalement été agréable, et l’aurait été sans doute plus sans le spoil de la quatrième de couverture. Malgré les défauts mentionnés, ce roman fera l’affaire si vous chercher un livre divertissant, facile à lire, sans prétention. 

Verdict Mitigé

 

 

2 réflexions sur “Les orphelins du bout du monde, Harmony Verna

  1. C’est tellement rageant ces quatrièmes de couverture qui gâchent notre lecture… je les parcours quand j’achète un livre mais ne les relis jamais avant de l’ouvrir (la taille de ma PAL ayant tendance à augmenter plus rapidement que le nombre de livres lus, il peut se passer un certain temps entre les deux périodes haha)

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