L’ange de Marchmont Hall, Lucinda Riley

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Trente ans ont passé depuis que Greta a quitté Marchmont Hall, une magnifique demeure nichée dans les collines du Monmouthshire. Lorsqu’elle y retourne pour Noël, sur l’invitation de son vieil ami David Marchmont, elle n’a aucun souvenir de la maison – le résultat de l’accident tragique qui a effacé de sa mémoire plus de vingt ans de sa vie.
Mais durant une promenade dans le parc enneigé, elle trébuche sur une tombe. L’inscription érodée lui indique qu’un petit garçon est enterré là. Cette découverte bouleversante allume une lumière dans les souvenirs de Greta, et va entraîner des réminiscences.
Avec l’aide de David, elle commence à reconstruire non seulement sa propre histoire, mais aussi celle de sa fille, Cheska…

* * *

C’est étrange de vous parler d’un roman avec une couverture si hivernale , alors que l’on avait 20°C il y a encore quelques jours… Je tenais quand même à revenir sur cette lecture de ma PAL d’hiver, pour la simple et bonne raison qu’elle a été un coup de cœur.

L’ange de Marchmont Hall est mon premier roman de Lucinda Riley, et je suis ravie d’avoir enfin découvert cette auteur dont on parle tant. J’ai été séduite par sa plume et sa capacité à créer des histoires.

L’auteure signe ici une saga familiale de 700 pages…un bon pavé ! On va ainsi suivre les personnages sur plusieurs générations : Greta, le personnage principal maintenant âgée d’une soixante d’année ; Cheska, la fille qu’elle a eu à 16 ans avec un officier américain ; et Ava, sa petite-fille avec qui a elle a peu de lien. La demeure de Marchmont Hall va être le lieu emblématique de cette histoire. C’est l’endroit à partir duquel le récit va se dérouler sous nos yeux ; c’est le lien entre la famille de Greta et la famille Marchmont ; c’est enfin un point de rencontre, de retrouvailles et de tensions, qui joue un rôle dans primordiale pour les femmes.

L’histoire débute en 1945. Greta, jeune danseuse au Windmill, à Londres, se retrouve enceinte, sans mari, sans ressource ni soutien familial. Sur la proposition de son ami David, secrètement amoureux, elle est hébergée à Marchmont, le manoir familial occupé par son oncle Owen. Elle y mettra au monde ses enfants. Quelques années plus tard, elle quitte la propriété pour refaire sa vie à Londres avec sa fille, Cheska. A peine âgée de 4 ans, cette dernière est vite repérée par des producteurs et passe ses premières auditions, entamant sa carrière au cinéma. Au moment où l’on ouvre le roman, en 1985, Greta a perdu la mémoire. On va donc découvrir avec elle les secrets de sa famille et les drames de sa vie.

J’ai beaucoup aimé cette construction autour de trois générations, car elle nous montre comme les même schémas se répètent : l’amour non partagé, les mauvais choix de vie, la grossesse non désirée,… Et cela fait réfléchir : l’histoire est-elle écrite d’avance ? Sommes-nous marqués par les choix de nos parents ? Pourquoi finissons-nous par répéter les erreurs de nos aînés alors qu’ils ont tout fait pour nous en préserver, et nous pour l’éviter ?

Cela permet également de traiter les relations familiales et notamment la complexité de la relation mère-fille. Celle entre Greta et Cheska est marquée par le deuil d’un enfant, par le surinvestissement de la mère pour son enfant et l’ambition démesurée qu’elle a pour elle. Elle représente également le danger de projeter ses propres désirs et ses craintes sur son enfant. Pour Ava, c’est l’absence de la mère, et finalement la trouvaille d’une mère de substitution en L.J, autour d’un mode de vie au grand air, plus simple et plus sain. Et lorsque Cheska réapparaîtra dans la vie de sa fille, elle ne sera qu’une inconnue et se montrera incapable de faire passer les intérêts de son enfant avant ses propres préoccupations.

Au fur et à mesure que les années avancent, on voit les personnages évoluer, et notre appréciation des personnages évolue en même temps avec les révélations, les comportements et les défaillances de chacun. Ce qui est donc intéressant, avec ce genre de roman fresque, c’est donc le mouvement, la dimension évolutive. La Greta de 18 ans n’est pas la même qu’à 40 ou 60 ans. Avec Cheska, le contraste est frappant entre l’enfant adorable, calme et perspicace, et l’adulte qu’elle devient. C’est un personnage intéressant parce qu’il est très difficile de s’attacher à elle, en raison des actes qu’elle commet, et pourtant on ne peut s’empêcher de se dire qu’elle est le fruit d’un passé, de son enfance, et qu’elle n’est pas totalement responsable.

Je souhaite vous mettre en garde sur le fait que l’histoire est remplie de drames, parfois peut-être un peu trop : la perte d’un enfant, l’amour non partagé, l’abandon, la solitude, la maladie mentale, l’alcool et la violence, la vengeance, le conflit d’héritage… Les relations entre les personnages sont atypiques, parfois malsaines, et l’histoire cette famille est plutôt tourmentée. L’Ange de Marchmont Hall aborde plus particulièrement l’impact du monde du show-business, de la célébrité et de l’argent. La comparaison est brutale entre l’enfance d’Ava et celle de Cheska, que l’on a fait grandir trop tôt, adulée, poussée sous le feu des projecteurs. C’est aussi la preuve que même avec les meilleures intentions pour son enfant, on peut engendrer des situations malheureuses.

Je finirai sur un petit regret concernant la construction du récit autour de la perte de mémoire de Greta. Ce stratagème m’a semblé convenu, et pas nécessaire. Certes, cela permet d’alimenter le suspens et de recoller les morceaux du récit petit à petit, au fur et à mesure que la mémoire revient et que les proches comble les trous, mais l’histoire n’avait pas besoin de cet artifice pour être intéressante. La façon dont Greta retrouve la mémoire subitement en arrivant à Marchmont Hall après 20 ans d’amnésie est un peu facile. Et l’alternance entre le présent, où une Greta déjà âgée retrouve David à Marchmont après des années d’absence, et le récit du passé qu’il lui fait pour remémorer les souvenirs enfouis, a de quoi perdre le lecteur.

* * *

En bref, un roman qui nous entraine dans les affres d’une famille sur près de quarante ans et nous interroge sur le poids du passé et des générations précédentes sur sa propre destinée. N’ayez pas peur du nombre de pages, il nous tient en haleine et se lit très vite. Il réjouira les amateurs de secrets de famille et pourra vous toucher par les drames abordés et l’exploration des relations humaines et familiales. 

Verdict Coup de coeur

 

4 réflexions sur “L’ange de Marchmont Hall, Lucinda Riley

  1. J’ai aussi découvert la plume de cette auteure grâce à ce roman que j’avais beaucoup aimé malgré le fait que je ne m’étais attaché ni à Greta ni à Cheska. j’ai trouvé comme toi qu’il y avait parfois un peu trop de drama et trop de situations « malsaines ». Heureusement, l’intrigue est bien construite et m’a aussi tenue en haleine et puis David et Ava m’ont séduite!

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