La tresse, Laetitia Colombani

couv73540014Trois femmes, trois vies, trois continents. Une même soif de liberté. Inde. Smita est une Intouchable. Elle rêve de voir sa fille échapper à sa condition misérable et entrer à l’école. Sicile. Giulia travaille dans l’atelier de son père. Lorsqu’il est victime d’un accident, elle découvre que l’entreprise familiale est ruinée. Canada. Sarah, avocate réputée, va être promue à la tête de son cabinet quand elle apprend qu’elle est gravement malade. Liées sans le savoir par ce qu’elles ont de plus intime et de plus singulier, Smita, Giulia et Sarah refusent le sort qui leur est destiné et décident de se battre. Vibrantes d’humanité, leurs histoires tissent une tresse d’espoir et de solidarité.

* * *

[ Exception cette semaine, la chronique sort mardi au lieu de mercredi, en vue du bilan du mois ! 🙂 ]

Pour le coup, La tresse est un pur produit de la blogosphère. J’ai vu ce roman partout, et à chaque fois en termes élogieux. Cela explique sans doute ma déception et, en tout cas, mon sentiment qu’il ne méritait pas autant de compliments. Je m’attendais à une histoire de femmes beaucoup plus forte, plus intense, et un message plus élaboré. Je regrette surtout le format, beaucoup trop court pour que l’histoire soit développée. J’aurais aimé que le récit de chaque personnage soit plus creusé. Il y a un côté trop expéditif, superficiel, qui ne permet pas de s’attacher vraiment aux personnages ni de proposer une réelle analyse. En somme, je trouve que La tresse est plus une idée qu’un livre. On sent que l’auteur a des convictions, qu’elle souhaite nous présenter des femmes fortes, mais la narration derrière ne suit pas. Certains passages ressemblaient à des propos de l’auteur à peine enrobés de fiction par l’intermédiaire de la voix des personnages.

Qu’ai-je aimé alors dans tout cela ? D’abord, impossible de ne pas être touché par ces femmes, surtout les Intouchables dont la condition m’a horrifiée. Les injustices auxquelles les personnages doivent faire face sont tout bonnement révoltantes. L’auteur a le mérite de nous présenter trois femmes aux origines et aux parcours de vie très différents, qui chacune vont devoir se battre à leur manière contre les traditions et les pressions sociales. L’histoire de Smita, l’Intouchable déterminée à offrir une vie meilleure à sa fille, est celle qui m’a le plus touchée. J’ai été aussi intéressée par la casatura, une coutume ancestrale sicilienne qui consiste à garder les cheveux qui tombent ou que l’on coupe pour en faire des perruques. Giulia est prise entre ses propres désirs et l’atelier familial, fondé par son arrière grand-père, gardien d’un savoir en perdition – il s’agit du dernier atelier de ce type à Palerme – qui se transmet de génération en génération. La jeune fille est alors prête à accepter un mariage de convenance pour sauver l’usine. Enfin, on a le cas de Sarah, la quarantaine, working girl dans un cabinet d’avocat réputé, qui a fait passer son travail avant tout. Sa vie comme sa carrière s’écroulent lorsqu’elle apprend qu’elle est atteinte d’un cancer. Elle ira de désillusion en désillusion face aux comportements de ses collègues et à son évincement progressif – l’occasion de dénoncer le sexisme et un monde du travail impitoyable. Cette dernière intrigue m’a moins séduite, sans doute parce qu’elle était un peu caricaturale et qu’elle se rapprochait le plus de l’Occident qu’on connaît.

Je regrette l’aspect un peu décousu du roman qui passe d’une histoire à l’autre de manière parfois abrupte. Toutefois, il faut reconnaître le tour de force du lien subtil que le récit tisse petit à petit entre les histoires, un écho « capillaire » révélé à la fin. La boucle est bouclée !

* * *

En bref, une intrigue de départ intéressante pour donner un aperçu des combats des femmes contre les sociétés dans lesquelles elles vivent, quelles qu’elles soient. Le roman reste néanmoins superficiel, un brin caricatural dans ses personnages et trop rapide dans ses développements.

[Lu dans le cadre du Prix littéraires des chroniqueurs Web 2017]

Verdict Mitigé

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12 réflexions sur “La tresse, Laetitia Colombani

  1. Pingback: Prix littéraire des chroniqueurs Web 2017 – Je participe ! | Petite Plume

  2. Je lis de plus en plus de chronique comme la tienne, des sorte de chronique « post succès » d’un livre ^^ C’est vrai que lorsqu’on entends autant parler d’un livre, on a tendance à mettre la barre très haute et on peut être déçue … Pour ma part je ne l’ai pas encore lu mais je suis contente de lire des chronique comme la tienne qui me permettent d’avoir les points positifs et négatifs. Je partirais dans cette lecture en connaissance de cause 😉

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    • Merci ! 🙂 En fait c’est assez étrange parce quand j’ai commencé à entendre parler du livre sur la blogo, je ne voyais que des critiques ultra positives, alors que plus récemment j’ai vu d’autres avis plus mitigés comme le mien. Si j’avais su je ne me serai pas précipité pour le lire ^^

      Aimé par 1 personne

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