Beignets de tomates vertes, Fannie Flagg

couv71662525.jpgAu Sud de l’Amérique profonde, en Alabama, un café au bord d’une voie ferrée… Ninny, fringante octagénaire, se souvient et raconte à Evelyn, une femme au foyer à l’existence monotone, les incroyables histoires de la petite ville de Whistle Stop. Grâce à l’adorable vieille dame, Evelyn, qui vit très mal l’approche de la cinquantaine, va peu à peu s’affirmer et reprendre goût à la vie.

* * *

Depuis le temps que j’entendais parler de Fannie Flagg, il était temps que je lise enfin un de ses romans ! Je dois avouer que j’ai été assez surprise par Beignets de tomates vertes parce que je m’étais imaginée toute autre chose. Mais soit, ça ne m’a pas empêché de passer un bon moment de lecture !

L’histoire débute par la rencontre, dans une maison de retraite, entre Evelyn Couch, en pleine crise de la cinquantaine, fatiguée par sa ménopause et malheureuse dans son mariage, et Ninny, une personne âgée bien bavarde. Malgré la réticence initiale d’Evelyn, embêtée par cette dame qui ne cesse de lui raconter sa vie alors qu’elle ne lui a rien demandé, les deux femmes vont tisser une amitié solide. Et Evelyn, en même temps que le lecteur, se passionne progressivement pour le récit de Ninny.

Aussi, le défaut principal du roman vient de sa forme, puisque le récit, raconté par un personnage, est assez décousu. Ninny fait beaucoup de sauts dans le temps et de va-et-vient entre passé et présent, pas faciles à suivre pour nous, pauvre lecteur ! On ne sait plus trop où on en est par moment. Il y a également énormément de personnages pas toujours faciles à identifier – je vous conseille d’ailleurs de noter au fur et à mesure le nom des personnages et leurs relations, pour ne pas être totalement perdu ! De la même manière, certains chapitres se déroulent directement dans le passé, alors que d’autres évènements sont racontés par Ninny dans la maison de retraite, ce qui donne lieu à un certain nombre de répétitions – un évènement étant par exemple écrit directement dans le passé puis évoqué par Ninny dans le présent – et à pas mal d’enchevêtrements. J’avoue n’avoir pas trop saisi l’intérêt d’un tel mélange ! Il faut néanmoins reconnaître que les chapitres, très courts, donnent un bon rythme au roman.

Le récit de Ninny, agrémenté d’extraits de gazettes de l’époque que j’ai trouvé assez ennuyants à lire mais qui donnent un côté plus vivant à l’histoire, forme une chronique d’une petite ville américaine de 1929 à 1988. La vieille dame relate les histoires de sa jeunesse et fait revivre le passé à travers les gens, les petits moments et les évènements qui ont fait l’histoire de Whistle Stop. J’ai adoré le ton de Ninny, à la fois tendre, drôle et mélancolique. On a réellement l’impression d’écouter une personnage âgée nous raconter ses anecdotes et potins du passé et de voir ce que sont devenus les personnages. L’ambiance est parfaitement retranscrite et le contexte historique est présent en arrière fond, en particulier à travers le racisme et la présence du Ku Klux Klan, et la crise des années 30 qui frappe durement les familles et amène des vagabonds sur les routes. Le roman m’a d’ailleurs fait penser à Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur et Le secret de la manufacture de chaussettes inusables pour le climat de petite ville américaine des années 30, et aux Suprêmes pour la construction du récit alternant passé et présent.

Beignets de tomates vertes est empreint de la nostalgie du passé, et on se prend à s’attacher aux personnages et à cette petite ville en déclin qui se résume malheureusement dans le présent à un chemin de fer condamné, des boutiques fermées et des maisons décrépies. Au cœur de l’histoire, il y a les Threadgoode. Ninny a un lien direct avec cette famille, puisqu’elle a été recueillie par les parents quand elle était enfant et a ensuite épousé Cléo, un des fils. A ce propos, j’ai trouvé dommage que Ninny tienne ensuite si peu de place en tant que protagoniste dans l’histoire de Whistle Stop et des Threadgoode. On suit les relations entre les personnages, les histoires et les drames familiaux, la vie du quartier, les couples qui se forment, les enfants qui grandissent… Ninny rend hommage à Idgie Threadgoode, petit garçon manqué au fort caractère, et à Ruth, avec qui elle tisse une amitié inébranlable, devenues plus tard tenancières du fameux café – deux femmes formidables pas épargnées par la vie.

* * *

En bref, un roman plein d’anecdotes et de morceaux de vie, qui nous transporte tout droit aux côtés des personnages et des secrets de Whistle Stop. Malgré une construction décousue et des répétitions, il saura vous toucher et éveiller votre intérêt.

Verdict Un bon moment

5 réflexions sur “Beignets de tomates vertes, Fannie Flagg

  1. Je pense que c’était beaucoup trop décousu à mon goût, et que j’ai été largement perdu par les personnages ( donc j’approuve le fait de les noter au fur et à mesure, avec éventuellement des mots clés, ce qui les rend importants pour s’en souvenir d’un coup ) ce qui fait que je les malheureusement abandonné. Mais bon, je l’ai posé dans une boîte à livres en espérant faire un heureux !

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    • Je comprends parfaitement ! Je ne m’attendais pas non plus à ce que ce soit aussi décousu ! On est très vite perdu, et à plusieurs reprises j’ai décroché d’une intrigue avec un personnage car je ne savais plus qui c’était . Mais l’ambiance générale m’a finalement bien plu et je me suis attachée aux personnages principaux.

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  2. Pingback: * Bilan du mois d’août * | Petite Plume

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