L’homme au complet gris, Sloan Wilson

couv62282101.jpgTom Rath est un modèle de réussite sociale : une très jolie femme, trois enfants et une maison de banlieue new-yorkaise. Mais dans l’Amérique des années 1950, seuls l’ambition et le salaire définissent la valeur d’un homme. Pour s’y conformer, le jeune trentenaire postule au service presse d’une compagnie de médias basée à Manhattan. Perdu dans cet univers d’effervescence et de profit, où tous les employés portent un complet gris, Tom cherche désespérément à concilier réussite sociale et aspirations personnelles. Et lorsqu’il croise un ancien soldat dans l’ascenseur, les traumatismes du passé refont surface…

* * *

L’homme au complet gris est un classique de a littérature américaine, réédité par Belfond et sorti en poche chez 10/18 récemment.

Le roman a notamment inspiré Mad men. Pour les amateurs de la série, ne vous attendez pas à retrouver l’agence de pub Sterling-Cooper, ni Don ou les autres personnages. Ce sont surtout le cadre et l’atmosphère qui ont été repris, ainsi que certains éléments piochés par-ci par-là : un homme marqué par la guerre, sa vie dans une petite maison de banlieue avec sa femme et ses enfants, ses aspirations déçues, son travail au milieu des hommes en costume et des secrétaires,…

Et d’ailleurs, c’est un livre qu’il faut apprécier plutôt pour l’ambiance et ce que ça nous dit de la société de l’époque que pour l’histoire en elle-même, finalement assez linéaire. Cela dit, cela ne m’a pas empêché de passer un bon moment de lecture !

L’histoire nous ramène en 1953, aux côtés de Tom Rath, Américain moyen, trentenaire, père de famille. Il réalise que sa vie ne le satisfait pas, que sa relation avec sa femme n’est plus la même, et qu’il ne supporte plus le quartier résidentiel où il habite dans le Connecticut. Le couple est décidé à quitter la prison qu’ils se sont construite et à s’offrir une meilleure situation. Tom postule alors pour un emploi au service presse d’une compagnie de médias à Manhattan, où le salaire sera plus avantageux. En parallèle, il reste marqué par son passé de soldat qui le rattrape à travers le souvenirs d’actes traumatisants et d’anciennes connaissances qui refont surface. Ces années de guerre comme son quotidien de col blanc rendent le personnage principal attachant, proche de nous par ses préoccupations, et touchant par ses insatisfactions et ses envies.

L’auteur interroge la place de l’argent dans la société américaine des années 50 et la difficile conciliation entre travail et épanouissement personnel. Tom et sa femme portent un regard nostalgique sur leur jeunesse et constatent que leurs désirs d’alors étaient bien différents de ce qu’ils sont devenus. Ils questionnent aussi leurs aspirations personnelles et sont forcés de constater que l’argent, qu’ils jugeaient sans importance à l’époque, est plus crucial que ce qu’il n’y paraissait, pour réaliser leurs rêves d’une meilleure maison, de belles vacances et d’une bonne éducation pour les enfants.

Tom est alors pris dans un dilemme : pour satisfaire son ambition, il a besoin d’argent, donc d’un travail qui paye bien, mais qui suppose d’accepter les conditions d’une entreprise telle que la United Broadcasting Corporation. Face à son patron extravagant, il ne sait quelle attitude adoptée, entre un zèle hypocrite et la cupidité honnête. Il réalise cependant qu’il ne veut pas suivre l’exemple de tant d’hommes d’affaires qui travaillent tous les soirs et week-end, renoncent à leur vie privée et sacrifient leurs loisirs et leur famille à leur travail. Il va devoir décider ce qui est le plus important pour lui : travailler pour gagner beaucoup d’argent ou passer du temps avec ses proches ?

« Je ne pourrais pas te dire ce que je cherchais quand je suis rentré de la guerre, mais en tout cas je ne voyais autour de moi rien d’autre qu’une foule de brillants jeunes hommes, en complets de flanelle grise, parcourant fiévreusement New York, en une espèce de défilé qui ne menait nulle part. Ces hommes ne me paraissaient poursuivre ni des idéaux ni le bonheur, mais se conformer à une routine tout simplement. Longtemps, j’ai pensé que j’étais sur le trottoir et que je regardais le défilé, c’est pourquoi j’ai éprouvé un certain choc à me rendre compte que moi aussi je portais un complet de flanelle grise. »

* * *

En bref, un roman qui dresse un tableau fidèle de la société américaine des années 50. A travers Tom, il interroge les aspirations de chacun, hier comme aujourd’hui, et nous renvoie à la place de l’argent et du travail.

Verdict Une bonne suprise

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3 réflexions sur “L’homme au complet gris, Sloan Wilson

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