Leopard Hall, de Katherine Scholes

couv159544751964. Anna Emerson, secrétaire à Melbourne, apprend que son père, qu’elle n’a pas revu depuis dix-huit ans, est mourant. Elle retourne alors sur les terres de son Congo natal pour le voir une dernière fois.
En parallèle, Dan, ancien soldat, la soixantaine, se lance comme mercenaire dans une mission secrète pour mater la rébellion des Simbas.

* * *

Je remercie Babelio et Belfond pour l’envoi de ce livre que j’ai gagné à la dernière Masse Critique.

Le concept du Cercle Belfond me séduit tout particulièrement, et je n’ai pas été déçue avec ma découverte d’un premier titre !

Leopard Hall est un véritable voyage en Afrique. On ressent bien le vécu de l’auteur – elle-même née en Tanzanie – et son amour pour le continent. Les nombreuses descriptions nous dessinent les paysages congolais, le bush, la jungle, les villages, l’activité des missionnaires… On se croirait presque dans un film ; d’ailleurs, même si cela n’a rien à voir, le roman m’a fait penser à Out of Africa.

Le roman est rondement mené et fourmille de détails et d’informations. L’auteur prend le temps de creuser son sujet et de développer son intrigue, et on sent tout le travail de recherche derrière – d’ailleurs, le petit défaut du roman serait sans doute d’avoir voulu faire passer trop de renseignements. Le début est assez lent et il y a tout de même quelques longueurs – les 600 pages pèsent leur poids !. Mais même si ma lecture a un peu trainé (surtout que je suis partie en vacances en plein milieu…), j’en ressors enchantée. J’ai été réellement transportée en Afrique pendant toute la durée du roman.

Bien qu’avec parfois trop d’insistance, l’auteur retranscrit à merveille le contexte des années 60 : la guerre froide, la situation chaotique de la récente indépendance, les nombreuses tensions et la violence qui secoue le pays, l’ambiguïté de la présence occidentale… Elle peint aussi de manière très juste la famille de missionnaires, et plus généralement, transmet bien ce que devait être la vie des « Africains blancs ».

Coïncidence, je venais justement d’étudier en cours la situation au Congo dans les années 60, ce qui m’a permis d’avoir une vision globale de l’arrière-plan du récit. Le contexte historique est énormément présent dans le roman, et je pense que cela peut-être un peu difficile à suivre par moments pour quelqu’un qui ne connait rien à l’histoire du Congo. Cela dit, cela n’empêche pas d’apprécier l’histoire !

Bien que née au Congo, Anna n’y a pas remis les pieds depuis des années, et son retour au chevet de son père va être un véritable bouleversement dans sa vie. Entre les révélations sur sa famille, le changement brutal de cadre et l’instabilité de la situation au Congo, la jeune femme n’est pas au bout de ses peines. Elle va devoir abandonner le confort de son quotidien australien et s’adapter tant bien que mal. Mais ce voyage va aussi être l’occasion de réfléchir à la personne qu’elle est et à ce qu’elle veut faire de sa vie. Au final, le roman parle peu de Leopard Hall ou des retrouvailles entre Anna et son père. C’est plutôt un entremêlement entre une histoire personnelle, une quête des origines, et l’Histoire du Congo.

Je me suis énormément attachée aux personnages d’Anna et de Dan, Ce dernier, profondément attaché à l’Afrique, souffre de sa solitude depuis qu’il a perdu sa famille et peine à donner du sens à sa vie. Lorsqu’on lui propose de prendre la tête d’un groupe de mercenaires, il saisit l’occasion de quitter les safaris qu’il organise pour les touristes et de pimenter son existences avec une mission périlleuse.  A travers son récit, c’est toute la violence de la guerre civile entre les Simbas et le gouvernement congolais et des traces de la colonisation qui transparait.

Le résumé en dit un peu trop et, de manière générale, cela manque de suspens sur l’intrigue de départ. Le découpage du roman fait qu’on devine très tôt les liens entre les personnages. Mais l’objectif était je pense moins de conserver la surprise que d’approfondir vraiment chaque personnage et de construire une attente jusqu’à la rencontre finale. Attention, cela ne signifie pas que vous allez vous ennuyer pour autant, car Katherine Scholes signe là un vrai roman d’aventure, plein de rebondissements.

* * *

En bref, un beau roman qui vous donnera à coup sûr envie de vous envoler vers d’autres contrées. Je suis passée très très près du coup de cœur, et j’ai hâte de découvrir les autres romans de Katherine Scholes qui se passent tous en Afrique ou dans d’autres pays exotiques !Verdict Un bon moment

Publicités

2 réflexions sur “Leopard Hall, de Katherine Scholes

  1. Pingback: Tag : Gâteau littéraire | Petite Plume

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s