Les cerfs-volants de Kaboul, Khaled Hosseini

Les cerfs volants de KaboulPeut mieux faire ♥

Dans les années 70 à Kaboul, le petit Amir, fils d’un riche commerçant pachtoun, partage son enfance avec son serviteur Hassan, jeune chiite condamné pour ses origines à exécuter les tâches les plus viles. Liés par une indéfectible passion pour les cerfs-volants, les garçons grandissent heureux dans une cité ouverte et accueillante. Ni la différence de leur condition ni les railleries des camarades n’entament leur amitié. Jusqu’au jour où Amir commet la pire des lâchetés…

Eté 2001. Réfugié depuis plusieurs années aux Etats-Unis, Amir reçoit un appel du Pakistan. « Il existe un moyen de te racheter », lui annonce la voix au bout du fil. Mais ce moyen passe par une plongée au coeur de l’Afghanistan des talibans… et de son propre passé.

 * * *

A lire tous les commentaires extrêmement positifs sur Livraddict, j’avoue que je ne sais pas trop comment exprimer mon avis. Je ne m’explique pas non plus la divergence de ressentis entre ma lecture et celle des autres lecteurs.

Car je n’ai pas réellement réussi à entrer dans l’histoire, à me sentir proche des événements ni à m’attacher au destin des personnages. Je suis restée un peu à l’extérieur du livre, comme si les pages se tournaient de manière assez indifférente.

C’est terrible à dire comme ça, parce que la situation de l’Afghanistan décrite dans le roman est révoltante. On retrouve une partie du drame de ce pays que l’auteur décrivait dans Mille soleils splendides. Cependant, alors que j’avais été profondément marquée par le destin tragique de Mariam et Laila et leur combat au milieu de la violence et de la souffrance, l’auteur n’a pour moi pas réussi son pari dans Les cerfs-volants de Kaboul. Khaled Hosseini était fils de diplomate et a lui-même obtenu l’asile aux Etats-Unis avec sa famille. Peut-être le récit a-t-il une part autobiographique. En tout cas, j’avais l’impression qu’il y avait quelque chose de presque trop réfléchi dans la manière dont le personnage principal nous raconte sa vie et nous parle de son pays. C’est en partie ce qui m’a empêché de ressentir autant d’émotions que pour Mille soleils splendides.

Dès le début – et tout au long du texte – l’auteur ne nous épargne pas les passages durs et violents. J’en ai été gênée à certains moments, car il m’a semblé que ces scènes étaient un peu gratuites, qu’elles faisaient moins sens que les épreuves endurées par Mariam et Laila, qu’elles étaient peut-être moins bien écrites.

Il s’agit du premier roman de l’auteur, et cela se ressent. La construction du récit est un peu brouillonne, les transitions parfois maladroites. Je me perdais entre les alternances passé/présent, sans que cela apporte une réelle dynamique. Au contraire, je lui ai trouvé quelques longueurs, et le tout manque de péripéties. Je me suis parfois ennuyée pendant ma lecture. Au final, je n’ai pas été bouleversée comme j’aurais voulu l’être.

Amir est un enfant privilégié, sûrement en manque de reconnaissance, jouissant de sa position supérieure envers son ami-serviteur Hassan. Devenu adulte, il porte en lui un fardeau : la honte et la culpabilité ne le quittent plus depuis son enfance, depuis qu’il a été le témoin passif d’un acte de violence qui a eu des conséquences désastreuses. Le personnage d’Amir enfant, cruel et égoïste, est loin d’être attachant. Mais l’on ressent une certaine affection pour l’homme adulte et on ne peut s’empêcher de trouver injuste que les gestes du passé – qui plus est de l’enfance – comptent autant. C’est typiquement un de ces comportements que l’on regrette et qu’il est impossible d’effacer.

A l’image de nombreux autres lecteurs, j’ai été touchée par le message fort véhiculé par le roman : une amitié et une estime à toute épreuve, malgré les fautes, malgré les trahisons, malgré les manquements. Seulement, l’idée m’a plus marquée que le récit. Je crois que j’aurais préféré que le roman se concentre sur l’enfance des deux garçons, alors qu’Amir « grandit » très rapidement, et c’est un adulte réfugié aux Etats-Unis que l’on suit ensuite. Néanmoins, la fin est très belle et colle parfaitement avec le sens du roman. (Vous voyez que je ne suis pas insensible !)

* * *

En bref, j’ai été un peu déçue après Mille Soleils Splendides. Sans doute avais-je trop d’attentes par rapport à ce roman. Quoi qu’il en soit, il délivre un beau message et un témoignage sur l’Afghanistan, malgré les défauts que j’ai soulignés.  

 

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s