Incontournable #4

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Le principe : chaque mois, je vous parle d’un livre que je considère comme un incontournable de la littérature, un de mes romans préférés, une oeuvre qui m’a marquée et qu’il faut absolument lire (ne serait-ce que pour me faire plaisir) !

 Bonjour à tous !

Ce mois-ci je vous retrouve avec un roman qui au départ ne m’attirait pas plus que ça. Je le connaissais de nom depuis que l’on avait fait une dictée pour le brevet blanc en 3ème. Pas folichon, donc. Je pense que l’on devait être dans le cycle autobiographies. Et puis, il y a deux-trois ans, je me suis dit qu’il était temps de découvrir ce classique. Voilà comment est né un Incontournable !

∼La promesse de l’aube, Romain Gary ∼

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  • Un récit autobiographique…qui n’est pas une autobiographie

Romain Gary a entretenu le mystère avec La promesse de l’aube. Car si beaucoup d’éléments coïncident avec sa biographie, on sent bien que le tout est romancé, remanié, sans doute exagéré par moments. L’auteur lui-même refusait de présenter son livre comme une autobiographie. A partir de là, comment savoir ce qui est vrai et ce qui relève de la fiction ? Cela donne encore plus de charme au roman. Heureusement pour nous, Gary n’a pas eu une vie banale. On découvre son enfance en Pologne et à Nice, ses débuts d’écrivain, ses études puis sa carrière militaire et son service comme aviateur durant la Seconde Guerre Mondiale.

  • Un témoignage juste et touchant sur le rapport mère-fils

Surtout, La promesse de l’aube est un très beau roman sur l’amour maternel. La mère de Romain Gary est au centre de l’ouvrage, et leur relation marque durablement la vie de l’auteur. Le point de départ du livre, c’est cette « promesse ». La promesse de l’amour d’une mère, unique et inimitable, et la promesse que l’auteur fait à sa mère d’être à la hauteur de ses exigences. Car cette mère passionnée veut le meilleur pour son fils. A travers les pages se dessine le portait émouvant d’une mère fervente, idéaliste, patriote de son pays d’adoption et portant une foi inébranlable en son fils. L’auteur décrit tout au long du récit sa peur de décevoir une mère qui en attend bien trop de lui. Pour elle, il doit être « un héros, un général, ambassadeur de France ». Dans tout ce qu’il fait, il doit être le meilleur – héros de guerre, homme à femmes, musicien virtuose, écrivain célèbre – pour lui offrir ses  victoires.

Au-delà du caractère particulier de cette femme, on retrouve un peu le rapport de chacun à ses parents : d’un côté l’amour parental qui fait vouloir le meilleur pour son enfant, quitte à lui imposer une pression ; de l’autre le désir de bien faire de l’enfant et le poids de l’ambition parentale. Cela est d’autant plus vrai, il me semble, quand les parents ont connu une situation difficile – comme la mère de Gary, immigrée russe – car alors ils reportent sur leur enfant leurs échecs et leurs espoirs déçus.

  • Une écriture à découvrir

Si le sujet ne vous a pas encore convaincu, lisez-le au moins pour la plume. J’ai été séduite par l’écriture de Gary (et ce n’est pas pour rien qu’il a gagné deux fois le Prix Goncourt). Le récit est mêlé d’humour et de nostalgie. L’auteur porte un regard tendre et affectueux sur sa mère. Il nous raconte à la fois les humiliations et la difficulté pour lui, enfant, de répondre aux rêves de triomphe et aux ambitions démesurées de sa mère. Mais on le sent aussi rétrospectivement reconnaissant de l’amour infini qu’elle lui a porté et, finalement, de tout ce qu’il a pu accomplir porté par cette croyance.

Avec l’amour maternel, la vie vous fait à l’aube  une promesse qu’elle ne tient jamais. Après cela, chaque fois qu’une femme vous prend dans ses bras et vous serre sur son cœur, ce ne sont plus que des condoléances. On revient toujours gueuler sur la tombe de sa mère comme un chien abandonné. Jamais plus, jamais plus, jamais plus. Des bras adorables se referment autour de votre cou et des lèvres très douces vous parlent d’amour, mais vous êtes au courant. Vous êtes passé à la source très tôt et vous avez tout bu. Lorsque la soif vous reprend, vous avez beau vous jeter de tous côtés, il n’y a plus de puits, il n’y a que des mirages. »

* * *

En quelques mots, ce quatrième Incontournable est un très beau livre sur l’amour d’une mère et la fidélité d’un fils. On rit des situations cocasses, de la gêne du jeune garçon et de l’exubérance de la mère. On est ému par l’hommage que rend l’adulte à cette femme hors du commun. Et, comme moi, on tombe amoureuse de l’écriture de Gary. 

PS : C’est pour l’instant le seul roman de l’auteur que j’ai lu, mais j’ai dans ma PAL, Les cerfs-volants et La vie devant soi ! N’hésitez pas à donner votre avis sur ce roman ou d’autres de Gary !

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5 réflexions sur “Incontournable #4

  1. J’ai lu «La vie devant soi» que j’avais adoré! Il m’a l’air très différent de celui que tu présentes ici par contre. Ça fait un moment que je le zieute, La promesse de l’aube, et je pense que tu viens de me convaincre de le lire !

    Aimé par 1 personne

    • Héhé 😉
      Je viens de terminer La vie devant soi (entre le moment où j’ai rédigé l’article et où il a été publié), et c’est vrai que c’est très différent ! J’ai préféré La promesse de l’aube, parce que je n’attendais pas à ca pour La vie devant soi, le thème est assez dur !

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  2. Pingback: * Bilan du mois d’avril * | Petite Plume

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