Connaissez-vous ?#8

∼ Escher ∼

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L’année dernière, lors de mon séjour aux Pays-Bas, j’ai eu l’occasion de visiter le Escher in het Paleis, un musée consacré à MC. Escher situé dans un ancien palais royal à La Haye. Je connaissais déjà l’artiste de nom, et j’ai pu découvrir mille choses passionnantes sur son oeuvre, que je voulais partager avec vous.

[Pour des raisons de droit d’auteur, je ne peux reproduire les images des oeuvres dans cet article, vous trouverez donc à la place des liens vers le site officiel consacré à Escher.]

Les débuts de l’artiste

Maurits Cornelis Escher vécut de 1898 à 1972. Génie de l’art graphique, il a réalisé 448 lithographies et gravures sur bois et plus de 2000 dessins et croquis.

Né aux Pays-Bas, il étudie à l’Ecole d’architecture et des arts décoratifs d’Haarlem (à ne pas confondre avec Harlem 😉 ). Encouragé par son professeur, il se découvre rapidement une passion pour l’art graphique, plutôt que pour l’architecture.

Après ses études, il voyage en Europe du Sud et est conquis par la campagne italienne et l’architecture espagnole (en particulier l’Alhambra de Grenade aux motifs répétitifs emboîtés). L’Italie va être une source importante d’inspiration pour l’artiste. En effet, il s’installe à Rome avec sa femme de 1934 à 1935. Il en profite pour explorer le pays, multipliant les croquis et les gravures inspirées des paysages et de l’architecture italienne.

Cette période italienne marquera durablement son travail, puisqu’on retrouve ces motifs dans des œuvres futures comme le Puddle. L’arrivée de Mussolini au pouvoir puis la Seconde guerre mondiale le contraignent cependant à déménager en Suisse puis aux Pays-Bas où il s’installera définitivement.

L’art d’Escher : artiste ou mathématicien ?

C’est durant cette deuxième partie de sa vie que son imagination et son originalité artistique se libèrent, donnant les œuvres que l’on connait. Il se détache du monde réel pour jouer avec l’espace et les dimensions. Il utilise principalement comme techniques la découpe sur bois, la lithographie et la gravure sur bois.

Pendant sa période suisse, il se passionne pour la « tessellation », c’est à dire une juxtaposition de figures qui s’imbriquent complètement sur une surface ou un plan, dans une série de travaux réunis sous le nom « Regular Division of the plane ». Autrement dit, ce sont des pavages de plan formant des motifs imbriqués. Escher se sert pour cela de plusieurs transformations géométriques : la translation (glissement d’une figure dans une direction donnée), les rotations, les réflexions (retournement d’une figure par rapport à un axe) et les homothéties (agrandissement ou réduction d’une figure). Il crée ainsi des effets de courbure et des métamorphoses. Il joue également avec les contours par des figures allant dans deux directions. Voyez plutôt ses Transformation prints.

Les mathématiques ne cessent de l’inspirer. Il travaille en particulier sur les perspectives cylindriques, mais ses œuvres les plus connues sont certainement les constructions impossibles. Il utilise pour cela des objets impossibles connus en mathématiques comme le ruban de Möbius, le cube de Necker ou le triangle de Penrose (des exemples ici). Il transpose ensuite ces phénomènes à l’architecture, avec des jeux sur les perspectives et l’espace, comme dans RelativityAscending and descending et Waterfall.

Son travail sur l’infini et les illusions d’optique est fascinant et ne cesse de m’étonner. On sent qu’Escher s’amuse avec nous, en nous faisant croire que le dessin est conforme à la réalité jusqu’à ce qu’on réalise que la disposition est impossible.

Escher, c’est donc un mélange habile de mathématiques et de fantaisie artistique, tout bonnement incroyable. Il utilise les mystères des mathématiques et la géométrie pour créer des oeuvres mêlant perspective, symétrie, infini et mouvement, suscitant perplexité et admiration. A découvrir ou redécouvrir !

 

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6 réflexions sur “Connaissez-vous ?#8

  1. En cliquant sur les liens, je me suis rendue compte que je connaissais beaucoup de ses oeuvres sans forcément savoir qu’elles étaient de lui 🙂 En même temps tu me diras, il a vécu en Suisse et il s’inspire des maths, forcément que je connais un peu 😉

    Aimé par 1 personne

  2. C’est un artiste génial que j’envie pour son talent autant comme dessinateur que mathématicien, moi qui peins en étant nulle en maths ( heureusement que cela ne m’empêche pas d’ailleurs de peindre mais la rigueur mathématique a du bon parfois … )

    Aimé par 1 personne

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