Endgame – tome 1 : L’Appel, James Frey

telechargementUn bon moment ♥ ♥

Douze jeunes élus, issus de peuples anciens, vont devoir se battre pour défendre leur lignée. Le sort de l’humanité en dépend. Ils sont éparpillés aux quatre coins du monde, ont entre 13 et 20 ans et ont été élevés dès leur plus jeune âge en vue d’Endgame. Quand la fin de la partie commence, le compte à rebours est lancé avant la destruction de la Terre, l’Epreuve. Celui qui résoudra l’énigme et trouvera les trois Clés survivra et sauvera les descendants de sa lignée. Les autres disparaîtront pour laisser place à une nouvelle ère, ainsi qu’en a décidé le Peuple du Ciel. Il n’y a aucune règle. Il n’y aura qu’un seul vainqueur. Ce qui sera, sera.

* * *

Endgame est une trilogie Young adult qui a eu pas mal de succès. Je l’avais aperçu plusieurs fois en librairie, mais il ne me disait trop rien. Si je l’ai lu, c’est parce que je l’ai trouvé totalement par hasard à la bibliothèque. Qu’importe ! Ce qui compte, c’est le résultat….et en l’occurrence, il est plutôt positif !

Ce n’était pas forcément bien parti. J’ai eu un peu de mal à rentrer dedans, surtout à cause de l’écriture qui me dérangeait. Des phrases courtes, sentencieuses, une espèce de solennité trop recherchée, des redondances de style comme des énumérations ou des répétitions parfois trop insistantes… J’avais l’impression que l’auteur cherchait vraiment à se donner un style et à créer son effet et c’était plutôt agaçant. Mais je suis passée outre et j’ai eu l’impression que cela s’améliorait au fil du livre (ou alors c’est que je m’y suis tout simplement habituée, qui sait ?).

L’autre point qui m’a un peu rebutée au début, c’est le côté très glauque. Il faut dire que le sujet n’est pas des plus joyeux : la fin du monde en perspective et des adolescents qui s’entretuent. Sauf que, justement, le sujet fait toute l’originalité de la saga. Elle parvient à renouveler le genre de la dystopie et du Young adult en nous proposant quelque  chose de beaucoup plus sombre que ce qu’on a l’habitude de voir. Et même si cela a pu heurter ma sensibilité, c’est un réel atout pour ce genre. L’univers dans lequel nous plonge Endgame est impitoyable. Il n’épargne ni les habitants de la planète, ni les Joueurs, ni le lecteur. D’habitude, on a un héros adolescent qui se bat contre des méchants pour rétablir un monde juste, avec en prime une histoire d’amour. Là, on est confronté à des adolescents qui n’ont rien en commun avec les enfants de leur âge : des tueurs cruels, impressionnants dans leur maîtrise de l’art de tuer et de faire souffrir, effrayants dans leur résistance physique et morale à la douleur, tous plus inhumains les uns que les autres. L’originalité tient aussi à la tonalité de l’histoire. Le récit est largement dénué d’espoir et même de toute chance d’un dénouement heureux.

Le roman est caractérisé par la force de la fatalité. Les douze adolescents ont été élevés depuis leur plus jeune âge pour devenir Joueurs, ils ont suivi un entraînement intensif en vue de les préparer à l’Epreuve. Au moment venu, chacun fait face à son destin implacable et endosse le rôle qu’on lui a imposé. J’ai bien aimé la façon dont chacun réagissait différemment à Endgame. Certains ont hâte, d’autres ont peur ; certains espèrent y échapper tandis que d’autres ont attendu avec impatience d’avoir l’âge minimum pour devenir Joueur. Certains veulent jouer de tout leur cœur, ayant parfaitement intégré ce qu’on leur a inculqué, remplis de respect pour leurs ancêtres et de fierté de représenter leur lignée. A l’inverse, d’autres voient Endgame comme un lourd fardeau qu’on leur impose et vont faire en sorte de Jouer le moins possible ou de contourner les règles.

Je disais qu’Endgame se détachait des romans de Young adult traditionnels, c’est vrai, et le seul point qui m’a dérangé est un classique du genre : les histoires d’amour. Avec une facilité et une rapidité déconcertante, plusieurs Joueurs se mettent à former des duos, voire des couples, ce qui parait quand même légèrement pas crédible et un peu redondant ! Cependant, même avec ces débuts de romance, on ne tombe pas dans la niaiserie et cela apporte un peu de positif dans cette ambiance apocalyptique très pesante !

L’autre aspect plaisant est la diversité des personnages, puisque chacun vient d’une région du monde différente, avec sa culture, les traditions de sa lignée et son caractère. Le roman dépasse la division bien/mal. Même si certains joueurs sont totalement psychopathes (il y a un tas de passages bien flippants et bien gores !) et que d’autres ressemblent plus aux « gentils » traditionnels, ce qui est intéressant est que les personnages ne se limitent pas qu’à une seule facette. Le plus « sain » est quand même un Joueur capable de tuer pour parvenir à ses fins ; le plus cruel révèle ses souffrances ; ceux qui semblent faibles possèdent un pouvoir insoupçonné. Je me suis particulièrement attachée à Chiyoko, Jago et Sarah.

Petit bémol, le nombre de personnages. Les douze adolescents sont introduits très rapidement les uns à la suite des autres, et autant dire qu’on s’y perd. Il aurait mieux valu que l’auteur prenne le temps de présenter un peu plus l’histoire et les caractéristiques de chacun ou alors réduise le nombre de Joueurs. J’ai aussi été étonnée par le traitement très inéquitable des personnages : finalement, l’auteur consacre la majorité de l’histoire à quelques-uns des adolescents, et introduit ainsi un gros biais dès le départ. On s’intéresse forcément plus à ceux que l’on a pris le temps de connaitre, auxquels on a pu s’attacher et dont on a suivi les péripéties ! Certains personnages apparaissent dans le récit  comme un cheveu sur la soupe et on  sait peu de choses d’eux. J’ai trouvé ça dommage, comme si l’on passait à côté d’une partie des protagonistes et du coup d’une partie de l’histoire.

Mais là où l’auteur gagne à tous les coups son pari, c’est le rythme. Quelle action, ça ne s’arrête pas ! On suit les tentatives des Joueurs pour résoudre l’Enigme et la course folle pour être le premier à trouver la Clé de la Terre. Ils bougent aux quatre coins du monde, s’affrontent, s’allient, élaborent des stratégies machiavéliques, le tout avec beaucoup de catastrophes, d’explosions et de sang. Les chapitres sont très courts, passent d’un personnage à l’autre, d’un lieu à l’autre, pour petit à petit faire converger les indices et les personnages vers un même endroit. Même si je n’ai pas tout compris des indices, de cette quête de Clés et du Peuple du Ciel (une sorte de réécriture de l’origine du monde par des dieux particulièrement cruels), l’ensemble est ingénieux et regorge de mystères. Bref, le roman est complètement addictif. Honnêtement, je n’ai aucune idée de comment tout cela pourrait se terminer, donc j’ai hâte de lire la suite !

Petit plus : au-delà de l’énigme d’Endgame, le roman propose au lecteur de résoudre lui-même une énigme à partir d’indices disséminés dans le livre. J’avoue, je n’ai pas cherché, mais n’empêche que c’est une super idée !

L’Epreuve approche et elle fait partie d’Endgame. L’Epreuve détruira tout. Le vainqueur d’Endgame remporte la survie. Pour lui et pour tous les membres de sa tribu. Endgame est l’énigme de la vie, la cause de la mort. Il renferme les origines de chaque chose et la réponse à la fin de chaque chose. Trouvez les clés, dans l’ordre indiqué. Rapportez-les moi, et vous gagnerez. Quand je partirai, chacun de vous recevra un indice. Et Endgame débutera. Les règles sont simples. Trouvez les clés dans l’ordre et rapportez-les moi. A part ça, il n’y a aucune règle. »

* * *

En bref, une trilogie sombre, originale et haletante. Malgré des explications un peu compliquées et l’abondance de personnages, vous ne lâcherez pas ce livre avant la fin !

 

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7 réflexions sur “Endgame – tome 1 : L’Appel, James Frey

  1. Ton avis me rassure, un peu. J’ai Endgame dans ma PAL depuis quelques mois mais je n’ai pas encore réussi à me motiver pour le lire. J’avais peur que ça fasse un peu trop Hunger Game, alors j’ai toujours remis ma lecture à plus tard. Mais tu as l’air de trouver la façon dont est raconté l’histoire original, donc ça me rassure un peu. Après ton avis ce livre me tente plus, mais je pense que je vais quand même attendre un peu pour le lire vu que je sors déjà d’un gros livre avec beaucoup de personnages.

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  2. J’avais un avis assez mitigé sur ce roman … J’ai bien aimé le côté fin du monde et ces ado qui se battent pour sauver leur lignée. Comme tu dis, c’est intéressant de savoir comment chacun s’est préparé et donc vit ce début d’Endgame, ainsi que la façon dont ils utilisent leur culture. Mais j’ai trouvé que l’accent était beaucoup trop mis sur l’action, que le livre était plutôt fait comme un scénario de film … Du coup je me suis moins attachée aux personnages, j’ai trouvé ça dommage … Mais on a quand même envie de savoir comment tout ça va finir 😉

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