Le secret de la manufacture de chaussettes inusables, Annie Barrows

9782841118724

Layla Beck, une jeune citadine fortunée, fille d’un puissant sénateur du Delaware, refuse d’épouser le riche parti que son père a choisi pour elle et se voit contrainte d’accepter un emploi de rédactrice au sein d’une agence gouvernementale. Elle doit se rendre à Macedonia pour y écrire un livre de commande sur cette petite ville. Tâche ennuyeuse au possible, mais Layla tombe sous le charme des Romeyn, excentriques désargentés autrefois propriétaires de la manufacture. Elle va alors tenter de percer les mystères de la ville…et ceux de la famille Romeyn.

 

* * *

Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’éditeur a misé sur le titre loufoque à rallonge et la  couverture originale pour attirer le lecteur ! Il faut croire  que cela a marché sur moi, puisque je n’avais aucune idée de l’intrigue avant d’ouvrir ce livre.

Pour commencer, je dois dire que la manufacture des Inusables américaines qui donne son nom au roman n’est pas vraiment au cœur du livre. Ne vous attendez pas à ce que les personnages principaux y travaillent, par exemple. En cela, l’édition française est un peu trompeuse, mais cela tient surtout à la traduction puisque le titre original, beaucoup plus fidèle à l’intrigue, est « The truth according to us ».

Cela dit, est-ce gênant pour l’histoire ? Eh bien non, nul besoin de cette manufacture pour passer un bon moment ! L’intrigue se situe dans une petite ville américaine dans les années 30 et tourne autour du Fédéral Writer Projet (programme mis en place par l’administration Roosevelt, il consistait à commander des œuvres pour créer de l’emploi pour les artistes). Au-delà de la fiction, on donc un témoignage sur la crise des années 30 aux Etats-Unis.

Layla Beck, une jeune femme bourgeoise, fille de sénatrice n’ayant jamais travaillé de sa vie, se retrouve envoyée dans une bourgade paumée à la suite d’un différend avec son père. Pour lui apprendre la vie, ce dernier a décidé de lui couper les vivres et de la mettre au travail. Elle est chargée de rédiger un livre sur l’histoire de Macedonia à l’occasion du cent cinquantenaire. Ce projet va l’amener à chercher dans les archives et à interroger les habitants de la ville. Au fil de ses recherches et de ses rencontres, Layla quitte son personnage de bourgeoise cliché particulièrement agaçante. Elle prend goût à son autonomie et s’investit dans le projet en même temps qu’elle se prend d’affection pour la ville et ses habitants. Son travail devient même subversif à partir du moment où elle se détache de l’image officielle que présente la mairie et les riches familles pour creuser les anecdotes peu flatteuses… Si le sujet de départ est intéressant, les anecdotes et les passages qui relatent l’histoire de Macedonia ne sont pas des plus passionnants et j’avoue les avoir parfois allègrement sauté (un peu comme pour Fangirl !).

Au cœur du roman,  il y a aussi et surtout la famille Romeyn qui héberge la jeune fille : Willa, l’enfant perspicace qui cherche désespérément l’amour de son père (même si elle a un côté petite peste), Jottie, la tante dévouée, pilier de la famille, et l’étrange et inquiétant Félix qui a tout du pervers narcissique et se livre à des activités douteuses. Tout cela étant bien sur lié à un drame qui s’est produit à la manufacture il y a quelques années. Suspens ! Enfin, pas tant que ça, et c’est un petit bémol que j’apporte : j’ai eu le sentiment que l’auteur tirait un peu sur cet événement pour faire durer l’attente du lecteur, alors que finalement on devine assez vite plus ou moins ce s’est passé et qui est impliqué. Le roman alterne le point de vue narratif de Willa et de Layla, ce qui donne un peu de rythme (même si l’on se perd parfois entre les deux !).

Je me suis attachée aux personnages et au destin de la famille Romeyn. J’ai eu de la peine pour les sacrifices et la tristesse de de Jottie ; j’ai frissonné face au côté malsain et manipulateur de Félix ; j’ai aimé voir le changement de Layla grâce à cette famille. Le roman nous plonge dans le contexte des années 30, les mœurs, les difficultés liées à la crise. L’ambiance générale et surtout le personnage de Willa m’ont rappelé Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur : là aussi, on a le point de vue d’une enfant intelligente, casse-cou et curieuse, et l’atmosphère d’une petite ville américaine des années 30, où les secrets sont bien gardés et où les ragots fusent.

Je regrette cependant quelques longueurs. Le roman fait quand même 600 pages et l’intrigue n’avance pas toujours très vite ! On aurait pu, à mon humble avis, se passer de certains passages qui alourdissent l’histoire et n’apportent pas grand chose. Cela dit, le livre se lit bien. Il faut simplement garder à l’esprit que le roman mise plus sur l’ambiance, la psychologie des personnages et les relations des membres de la famille Roymen que sur l’action.

* * *

En bref, un bon moment en compagnie de la famille Romeyn, au cœur de l’Amérique des années 30. Malgré quelques longueurs, j’ai suivi avec plaisir les personnages attachants et leurs relations troubles.

Verdict Un bon moment

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12 réflexions sur “Le secret de la manufacture de chaussettes inusables, Annie Barrows

  1. Je suis complètement d’accord avec ta chronique, d’ailleurs la mienne lui ressemble pas mal ^^ On dit la même chose à propos du titre et de la manufacture aussi! Sans parler du fameux secret sur lequel le mystère n’est pas vraiment à son comble … Mais comme toi j’en garde un histoire plaisante avec des personnages auxquels on s’attache facilement

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    • Je n ai pas encore lu le Cercle littéraire des Amateurs d’épluchures de patates comme ça je ne risquais pas d’être déçue ! En effet, je pense qu’ils n’ont rien à voir ! Après tout, Annie Barrows n’avait fait que terminer l’autre roman, donc considérons celui là comme celui d’un autre auteur !

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  2. C’est vrai que le titre a un effet du tonnerre, ce roman me tentait beaucoup justement pour ça et je réalise gr^ce à ton article que je n’avais pas prêté attention au résumé. Au final, celui-ci m’attire moyennement, mais je le laisse sur ma wishlist, qui sait je le laisse me titiller l’esprit. ^^

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