La vérité sur l’affaire Harry Quebert, de Joël Dicker

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Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est incapable d’écrire le nouveau roman qu’il doit remettre à son éditeur d’ici quelques mois. Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d’avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison. Et si Marcus pouvait à la fois innocenter son ami et sauver sa carrière d’écrivain ?

* * *

[[Si vous suivez un peu, vous vous demanderez sûrement pourquoi je chronique ce roman maintenant, alors qu’il faisait partie de mes lectures du mois de mai. A vrai dire, je me pose la même question. A l’origine, j’ai du le livre dans le cadre d’une lecture commune avec Délires et des livres. De manière assez surprenante, j’ai dévoré cet énorme pavé en seulement quatre jours (le fait que je sois tombée malade à ce moment-là a aussi aidé puisque je n’étais capable de rien à part dormir et lire). J’ai commencé un brouillon de la chronique en attendant que Délires et des livres finisse sa lecture pour que la publication de nos chroniques soient à peu près synchro. Et pour finir….j’ai totalement laissé de côté la chronique entamée, prise d’une immense flemme de la terminer, d’autant que les lectures se sont succédées et me prenaient pas mal de temps à chroniquer. Mais il n’est jamais trop tard ! La preuve.]]

Vous pouvez retrouver la chronique de Délires et des livres ici 🙂

Une des raisons pour lesquelles je ne voulais pas laisser tomber cette chronique, est que La vérité sur l’affaire Harry Quebert a été un incroyable et inattendu coup de cœur. Inattendu pour moi, sachant que le policier n’est pas vraiment mon genre de prédilection et que l’intrigue m’attirait peu. Mais à force d’entendre partout à quel point ce livre était extraordinairement génial, je me suis décidée à me lancer dans ce pavé (850 pages). (Je suis têtue, mais il y a des limites.)

Vous dire que La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert est un policier (même bon) serait réducteur. Il faudrait presque inventer un genre spécifique pour qualifier l’inclassable roman de Joël Dicker. Ce livre vit à travers l’écriture de son auteur, le foisonnement des mots et les multiples rebondissements. La plume est dynamique, pleine d’humour et intelligente. Une flopée de personnages, avec chacun sa petite histoire et son caractère propre (le personnage de la mère extravagante et couveuse est à mourir de rire).

« Alors il attendit, tous les jours et toutes les nuits. […] Il attendait avec ferveur et espoir : elle reviendrait. Et ils partiraient ensemble. Ils seraient heureux. Elle était la seule personne qui ait jamais donné du sens à la vie. Qu’on brûle les livres, les maisons, la musique et les hommes : rien n’importait pourvu qu’elle soit avec lui. Il l’aimait : aimer voulait dire que ni la mort, ni l’adversité ne lui faisaient peur tant qu’elle serait à ses côtés. Alors il l’attendait. Et lorsque la nuit tombait, il jurait aux étoiles qu’il attendrait toujours. »

Le titre et le résumé, peu inspirants, ne servent absolument pas le livre et reflètent très mal son contenu. Le génie de ce roman (et c’est sans doute pour cela qu’il a eu autant de succès) est qu’il ne se contente pas de relater une enquête policière, il mêle beaucoup de thèmes différents : l’écriture et la création, les relations amoureuses (et notamment les écarts d’âge), le regard des autres, les normes, les contraintes sociales qui pèsent sur les habitants dans une petite ville où chacun surveille son voisin…

Expliquer l’intrigue sans trop en révéler est une chose délicate, aussi serais-je brève. On suit Marcus, écrivain en panne d’inspiration, sur les traces de son mentor, Harry, un de ses anciens professeurs à l’université. Quand Harry est accusé du meurtre de Nola Kellergan, une jeune fille disparue trente ans plus tôt, les certitudes de Marcus volent en éclat. Convaincu de l’innocence de son ami, il décide de mener son enquête dans la petite ville d’Aurora pour rétablir toute la vérité sur l’affaire. Il découvre alors tout un pan du passé d’Harry qu’il ignorait et déterre d’innombrables secrets. Le récit est entrecoupé de nombreux flash-backs, nous replongeant à l’époque de Nola et d’Harry.

Si vous n’êtes pas encore convaincus, laissez-moi vous dire que ce roman est totalement ADDICTIF. Joël Dicker nous prend aux tripes et nous embarque avec lui, révélations après révélations. Et plus on en apprend, plus on a envie d’en savoir. Aux côtés de Marcus (et de Harry), on s’immisce de plus en plus loin au cœur d’Aurora, et on comprend que cette petite ville tranquille renferme en réalité de sordides horreurs… L’auteur s’amuse clairement avec son lecteur et nous mène par le bout du nez. A plusieurs reprises, on croit que l’affaire est terminée, le coupable trouvé et le tout bouclé…jusqu’à la prochaine découverte. D’ailleurs, à partir de la page 500, je me demandais sérieusement ce que l’auteur pourrait bien encore trouver à dire pendant 350 pages, puisque tout me semblait fini. Eh bien il reste de la matière, croyez-moi ! Les suspects s’enchaînent et le lecteur s’engouffre la tâte la première dans les fausses pistes. A quelques détails près que j’avais deviné, le suspens a été total jusqu’au bout. Les événements se succèdent, on ne voit pas le temps passer, impossible de s’ennuyer !

« Vous savez ce qu’est un éditeur ? C’est un écrivain raté dont le papa avait suffisamment de fric pour qu’il puisse s’approprier le talent des autres. »

L’originalité du roman est enfin la mise en abyme. Le titre du roman est également celui du roman qu’écrit Marcus à propos de l’affaire Nora Kellergan. Les chapitres sont numérotés de façon décroissante et portent chacun un conseil d’écriture qui résonne avec l’intrigue. Le processus d’écriture est donc au cœur du roman, on en apprend beaucoup sur ce qu’est d’être écrivain et le milieu particulièrement cynique de l’édition (Joël Dicker n’épargne pas les éditeurs !). Marcus se confond étrangement avec l’auteur, au point qu’on finit par se demander : mais qui est vraiment Joël Dicker…?

« Un bon livre, Marcus, ne se mesure pas à ses derniers mots uniquement, mais à l’effet collectif de tous les mots qui les ont précédés. Environ une demi-seconde après avoir terminé votre livre, après en avoir lu le dernier mot, le lecteur doit se sentir envahi d’un sentiment puissant ; pendant un instant, il ne doit plus penser qu’à tout ce qu’il vient de lire, regarder la couverture et sourire avec une pointe de tristesse parce que tous les personnages vont lui manquer. Un bon livre, Marcus, est un livre que l’on regrette d’avoir terminé. »

 * * * 

En bref, ne faites pas comme moi : n’hésitez pas, sortez de chez vous, allez dans la librairie la plus proche, achetez La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert et lisez-le sur le chemin du retour. D’ailleurs, rien qu’en écrivant cette chronique j’ai déjà envie de m’y replonger 😉

Verdict Coup de coeur

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17 réflexions sur “La vérité sur l’affaire Harry Quebert, de Joël Dicker

  1. Je suis TO-TA-LE-MENT convaincue ! On dit énormément de bien sur cet ouvrage, que cela soit dans la blogosphère ou dans mon entourage. C’est un signe, il faut que je le lise. Et ta chronique ne fait que confirmer ce que je pensais. J’ai encore plus hâte de découvrir cet ouvrage maintenant (je crois que le père Noël va un peu tirer la tronche quand il voir ma liste d’idées cadeaux longue comme le bras avec … des livres, presque que des livres ^^)

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