Les pays, de Marie-Hélène Lafon

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Je suis déjà désolée de vous faire cette chronique, car elle ne sera pas enthousiaste, loin de là ! Pour vous donner une idée,  le livre fait 145 pages et j’ai mis une semaine à le finir. J’ai été tentée à plusieurs reprises d’abandonner la lecture, mais j’ai horreur d’arrêter un livre en cours de route alors j’ai continué, avec l’espoir que mon avis s’améliorerait au fil de pages. Cela n’a pas été le cas.

J’avais reçu Les pays en cadeau et je n’avais jamais entendu parler de ce roman auparavant. Je ne partais donc avec aucun a priori, positif ou négatif.

Une fois n’est pas coutume, je vous livre le résumé de la quatrième de couverture :

« Fille de paysans, Claire monte à Paris pour étudier. Elle n’oublie rien du monde premier et apprend la ville où elle fera sa vie.
Les pays raconte ces années de passage. »

Car tout le problème est là : ce livre ne raconte rien. On a l’impression comme ça d’un roman d’initiation mais finalement on ressort avec le sentiment de ne pas bien connaître le personnage principal, de ne pas trop savoir ce qu’elle pense, ce qu’elle est, ce qu’elle veut. A force de vouloir garder une généralité pour nous tracer une soi-disant fresque de ce que serait la confrontation entre la campagne et la ville, l’auteur se perd, et nous avec. C’est comme si le roman parlait, parlait, parlait mais ne prenait pas la peine de s’arrêter pour emmener le lecteur avec lui. Même la fin du roman vient comme un cheveu sur la soupe.

Ce qui m’a surtout dérangée et agacée, c’est le manque de crédibilité de l’histoire. Je m’explique. On m’avait offert ce livre parce que j’étudie à la Sorbonne, comme le personnage principal, sauf qu’elle c’est les lettres anciennes et moi c’est l’histoire et la science politique. Or, dans tout ce qu’elle nous dit de la Sorbonne, du décor, des étudiants, des professeurs, de l’ambiance, des environs, je n’ai rien reconnu. Il n’est précisé aucune date, j’en ai donc déduis que l’histoire se passait à l’époque contemporaine. Sauf que la Sorbonne dont elle parle me semble être celle du XIXème siècle : les professeurs érudits qui invitent les élèves chez eux dans leur belle maison pour un « apéritif dinatoire » (épisode pendant lequel deux étudiantes lui récitent des poèmes en grec ancien…), la charge de travail insurmontable (un peu comme une prépa littéraire lettres classiques d’aujourd’hui) où l’élève ingurgite des tonnes et des tonnes d’auteurs anciens indigestes, les petites Parisiennes bourgeoises de la haute, et j’en passe ! Cela frisait l’insupportable ! Au fur et à mesure du roman, j’ai calculé que le personnage principal devait être à la Sorbonne à peu près dans les années 1970, mais quand même !

J’ai ressenti la même chose dans la description de la campagnarde qui découvre Paris. Il se trouve que je connais très bien la « campagne » puisque ma famille est originaire de l’Est de la France. Les pays m’ont semblé une caricature du paysan; l’auteur force le trait quand elle montre les différences entre les deux mondes. Je ne nie pas qu’il y en ait, mais là grosso modo cela se résume à : la campagnarde à Paris qui profite de chaque retour en famille pour faire le plein de pâtés et de fromage pour tout le voisinage et l’impression pour le père qu’à Paris tout va trop vite, trop de monde, et personne qui se parle.

Ce sentiment ne s’arrange pas avec l’écriture, et c’est ce qui fonde ma dernière critique. Des phrases interminables, pleines de  virgules, de points-virgules en veux-tu-en-voilà, des temps au passé dont on ne savait même plus qu’ils existaient dans la langue française, avec par-dessus une bonne dose de discours indirect libre… Cela donne une langue imbuvable, dépassée et poussiéreuse. Une mauvaise imitation de Zola qui ne marche plus au XXIème siècle, qui enlève le plaisir de lire et le remplace par la très désagréable impression que l’auteur s’écoute faire de la prose, des jolies phrases alambiquées, dignes justement de ces érudits parisiens à l’ancienne, pour se donner un « style ».

Je ne connais pas l’auteur ni ses autres romans. Je ne me risquerai donc pas à émettre un avis sur la totalité de son œuvre ou sur son talent littéraire. Est-ce sa plume qui ne me convient pas ? Est-ce simplement ce livre en particulier auquel je n’ai pas accroché ? Si vous avez lu d’autres romans de la même auteur, faites-le moi savoir !

* * *

Bref, au final surtout une grosse déception, car le sujet pouvait donner un beau roman sur comment, finalement, parler de la France ne veut rien dire puisque selon les régions et les milieux il y a des modes de vie totalement étrangers, et sur la difficulté pour des parents de voir leur fille partir, changer de vie et de milieu pour vivre une vie radicalement opposée. Mais il aurait mérité d’être réactualisé.

Verdict Sans plus

Je vous dis à bientôt avec, promis, une chronique beaucoup plus joyeuse !

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5 réflexions sur “Les pays, de Marie-Hélène Lafon

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