« Le Labyrinthe », James Dashner

A1ILVo7F2yLThomas, dont la mémoire a été effacée, se réveille un jour dans un nouveau monde où vivent une cinquantaine d’enfants. Il s’agit d’une ferme située au centre d’un labyrinthe peuplé de monstres d’acier terrifiants. Les ados n’ont aucun souvenir de leur vie passée et ne comprennent pas ce qu’ils font là. Ils n’ont qu’un seul désir, trouver la sortie. Pour ce faire, les « coureurs » parcourent chaque jour le labyrinthe pour en dresser les plans – des plans qui changent sans cesse, puisque les murs se déplacent chaque nuit. 

* * *

Comme beaucoup de monde, j’ai découvert la saga L’épreuve et son premier tome Le Labyrinthe au moment de son adaptation au cinéma. Et en tant que lectrice résistante, j’ai décidé non pas d’aller voir le film au cinéma mais de lire le livre (je lis toujours les livres avant de voir les films). Je dois avouer que le livre est resté un peu de temps sur les étagères de ma bibliothèque, car je n’étais pas dans une période où je lisais de la littérature pour Adolescents (YA). Mais voilà, je l’ai commencé la semaine dernière et je l’ai fini en seulement quelques jours ! Il faut dire que, certes, le style littéraire n’est pas exceptionnel, mais l’avantage, contrairement à la littérature classique, est que cela se lit extrêmement facilement.

L’atout premier du livre, selon moi, est son scénario ou même plus précisément l’idée de départ. Thomas reprend connaissance enfermé dans une sorte d’ascenseur, qui s’ouvre sur un monde inconnu. Il fait ainsi ses premiers pas au Bloc, accueilli par une bande de garçons. Ayant perdu la mémoire, toute une foule de questions se posent à lui et sont d’autant plus inquiétantes que les garçons refusent d’y répondre : qui est-il ? où est-il ? pourquoi ? peut-il retourner là d’où il vient ? etc Celui qu’on ne cesse d’appeler le bleu comprend vite qu’il a débarqué dans un monde plutôt cauchemardesque duquel il n’est pas prêt de sortir : tout autour du Bloc où les garçons ont aménagé un espace de vie, se dresse un gigantesque Labyrinthe peuplé de créatures effrayantes et dont, chaque jour, les garçons cherchent sans succès une sortie.

« De l’autre côté, c’est le Labyrinthe, chuchota Newt, les yeux écarquillés, comme en transe. Notre vie entière tourne autour du Labyrinthe. Chaque seconde de notre putain de vie est consacrée au Labyrinthe, à résoudre une énigme qui n’a peut-être même pas de solution, tu comprends ? Je tiens à te montrer pourquoi il faut prendre ça au sérieux. Pourquoi ces foutus murs se referment tous les soirs. Et pourquoi tu n’as pas vraiment intérêt à te retrouver coincé là-bas. »

J’ai bien aimé tout le côté énigmatique du livre. Le fait que les Blocards n’expliquent pas tout de suite à Thomas où il est et ce qu’il se passe nous met vraiment dans la peau de quelqu’un qui arriverait complètement perdu dans un lieu inconnu et très étrange. Pareil, le fait que les garçons ne soient pas du tout compatissants, ni accueillants détonne avec les histoires habituelles : au lieu d’être prévenants ou d’expliquer le fonctionnement de la communauté au nouveau, on ne fait que l’insulter ou lui reprocher son inexpérience et son incapacité, ce qui nous fait bien sentir que le personnage principal n’est pas forcément désiré, que son arrivée rejoint des problèmes graves vécus par les garçons, que tout ce qui se passe n’est pas choisi. Même sans savoir de quoi il retourne, l’auteur réussit à nous faire comprendre dès le départ qu’il y a quelque chose de sombre dans tout ça et qu’il y a une urgence.

Les garçons ont certes appris à vivre en communauté et chacun dans leur place (d’ailleurs j’ai apprécié aussi de voir le fonctionnement de ce petit groupe), mais ils sont loin d’être des garçons parfaits qui vivent en parfaite harmonie tous ensemble : tout l’intérêt est que ce ne sont pas des héros, ils ont leurs faiblesses, leur sale caractère, leurs moments où ils ont envie de tout lâcher ou de laisser l’autre se débrouiller seul, leurs appréhensions et leur méfiance, ceux qui sont plutôt leurs amis et ceux qu’ils aiment moins. Même Thomas a ses défauts, ce n’est pas le nouveau qui va soudain sauver le monde parce qu’il est plus intelligent ou plus fort. Et un des aspects du livre le mieux trouvé selon moi est le doute qui flotte autour de Thomas et ses actions passées, qui pourraient être moins glorieuses que l’on croit…

Je dresserai quand même un bémol pour le langage propre aux Blocards que l’auteur a créé : « plonk », « tocard », « maton »,  « le bleu », « medjacks »… J’ai trouvé qu’il y avait une insistance assez lourde à répéter les insultes et à répéter qu’elles faisaient partie du jargon du Bloc, et plus largement, que ce langage sonnait plutôt faux (je laisse ici le doute à la traduction, peut-être qu’en anglais cela passe mieux !)

L’autre bémol est que la description des pensées ou des sentiments de Thomas n’est pas toujours très fine. Par moment, l’auteur gagnerait à ne pas expliciter ce que l’on sentait déjà dans une réplique ou une action, ou à ne pas le répéter plusieurs fois (par exemple on nous dit au moins 4 fois que Thomas veut devenir Coureur, que c’est plus fort que lui etc).

Je pose un coup de cœur particulier pour le personnage qui apparaît dans le livre à la page 59 (je garde le mystère pour ceux qui n’ont pas lu le livre) et que j’ai hâte de voir développer dans le tome 2 !

Quoiqu’il en soit, après un début plein de mystères, la suite nous tient en haleine parce que, comme les garçons, on a envie de savoir ce qu’il se passe, pourquoi tout se dérègle, qui a mis en place tout ça et comment résoudre l’énigme du Labyrinthe pour sortir ! Le récit est bien mené, les péripéties et les retournements arrivent au bon moment pour éviter une histoire monotone ou quand cela semble trop « facile » pour les personnages. La fin est parfaite puisqu’on n’a qu’une envie : lire le tome 2 pour connaître la suite ! (j’ai trouvé l’épilogue particulièrement magistrale car elle retourne complètement toute la fin du livre et tout ce que le lecteur avait déjà imaginé de la suite de la trilogie).

Une nuance à envisager pour le tome 2, cependant : est-ce que le 2ème volet de la trilogie plaira autant que le premier, alors que tout ce qui faisait l’intérêt et le cadre de l’intrigue du 1 va changer ? En somme, est-ce que le tome 2 ne va pas être radicalement différent et donc potentiellement décevant ? Mais c’est toujours le risque, avec une trilogie

Verdict Un bon moment

Edition : Pocket Jeunesse – 408 pages – Année de parution :2009

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10 réflexions sur “« Le Labyrinthe », James Dashner

  1. Moi aussi j’avais le livre qui trainait depuis un moment sur l’étagère et je l’ai lu juste avant que le film ne sorte.
    Mon ressenti est assez semblable au tiens et je suis surtout d’accord avec toi sur ces répétitions limite fatigantes des descriptions et sentiments de Thomas. Malheureusement ça m’a un peu gâché la lecture. Mais ne m’a pas empêché de lire la suite dans laquelle James Dashner se calme un peu sur ce petit défaut.

    Aimé par 1 personne

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