Soirée Théâtre #1

Une petite innovation aujourd’hui ! Samedi soir, je suis allée au théâtre avec mon chéri, et après quelques hésitations je me suis dit « Pourquoi ne pas en parler sur le blog ? ». Malheureusement, il s’agissait de l’avant-dernier jour de représentation, donc vous ne pourrez pas aller voir la pièce ! Ce qui limite la portée de l’article (je vous rassure, ce n’est pas dans mon habitude de chercher à susciter la frustration chez les gens)… Mais bon, j’ai vraiment apprécié la pièce donc je tiens à lui rendre un peu hommage ! (et qui sait, cela vous donnera peut-être envie d’aller voir un peu ce qui se joue dans les théâtres près de chez vous !)

Trèves de bavardages…rideau !

Assez de mystères comme cela : la pièce se jouait à la Comédie française (salle du Vieux Colombier), c’était Vingt mille lieues sous les mers, adaptée du célèbre roman de Jules Verne ! Un bref récapitulatif de l’intrigue : Le capitaine Nemo a capturé à bord de son sous-marin, le Nautilus, les rescapés d’un équipage. Ceux-ci, membres de l’Abraham Lincoln (le professeur Arronax, scientifique et professeur au Museum d’Histoire naturelle, Conseil, son domestique, et Ned Land, harponneur), s’en étaient pris au Nautilus, croyant avoir affaire à un monstre marin, et se sont échoués sur le sous-marin après le choc. A partir de là, la vie des passagers s’organise à bord et le voyage se poursuit, plus ou moins contre la volonté des trois captifs.

Petite précision pour planter le décor : j’avais lu Le tour du monde en 80 jours au collège, et comme souvent pour les lectures imposées à cet âge-là, cela ne m’avait pas laissé un bon souvenir. Et en sachant que je suis globalement peu attirée par les récits d’aventure et de sciences fiction, les voyages sur la lune, au centre et autour de la Terre ou autres expéditions sous-marines me laissaient de marbre ! J’avais pour ainsi dire laissé l’œuvre de Jules Verne de côté pour le moment, tout en reconnaissant son côté visionnaire…mais un visionnaire que je n’imaginais pas fait pour moi. Deux éléments m’ont cependant décidée à aller voir la pièce : une offre de places de dernière minute pour les étudiants et l’affection de mon copain pour l’auteur. Et heureusement !

Du décor, parlons-en, justement. La première question que l’on se pose quand on va voir une adaptation de Jules Verne (même si comme moi la connaissance des œuvres s’arrête à peu près au titre) est comment vont-ils faire pour représenter toutes ces machines incroyables et ces paysages que les personnages traversent lors de leurs voyages ? Eh bien ce fut une réussite. Déjà, dès l’ouverture, on arrive à l’intérieur du Nautilus, recréé avec sa tuyauterie, ses machines électriques et ses multiples mécanismes… que l’on aura le plaisir de voir fonctionner ! Le plus original, sans doute, tient dans le large hublot judicieusement exploité, derrière lequel on voit des poissons, des plongeurs etc. On pense avoir affaire à des projections, mais il s’agit en fait de marionnettes manipulées par les acteurs, mises en lumière et en musique pour faire illusion ! Quand tout cela se met en route, on assiste à un vrai spectacle ! Et à des choses assez inédites sur scène comme par exemple un interlude fait de danse de méduses colorées sur fond de musique classique, ou encore un poulpe géant dont la tête apparaît à l’hublot et les tentacules envahissent la scène et gesticulent ! Bref, un décor grandiose, très travaillé, bien mis en scène, qui pourrait faire aimer le théâtre à n’importe qui, qui occupe un rôle à lui tout seul au même titre que les dialogues, et qui nous fait croire parfois qu’on est au cinéma ! Cela faisait longtemps que je n’avais pas vu un tel spectacle visuel et sonore au théâtre !

Grâce à cela, la pièce n’est jamais monocorde (ce qui était le risque avec des personnages enfermés dans un sous-marin). Les scènes à l’intérieur du Nautilus alternent avec quelques interludes de marionnettes ou un petit récit de l’avancée du bateau ou encore une scène où le décor est remplacé par trois hublots derrière lesquels on voit bouger et parler (en mime) les personnages, ainsi que quelques scènes presque en dehors du sous-marin !

Les deux autres points qui ont constitué vraiment une bonne surprise et m’ont fait passer un bon moment, sont les personnages et l’ambiance de la pièce. Les personnages ont vraiment chacun leur personnalité. Le personnage de Nemo, bien sûr, est le plus intéressant, celui sur lequel est centré l’histoire puisqu’il possède le fameux sous-marin. Je ne m’imaginais pas du tout que le personnage était aussi solitaire, engagé, discret et profondément marqué par la vie. A bord du Nautilus, on trouve un homme de convictions qui a fait certains choix de vie après des expériences douloureuses ; un homme cultivé, plutôt bienveillant et seulement déterminé à n’arrêter son voyage pour rien au monde. Le metteur en scène a choisi d’étoffer les autres personnages : Le Professeur Arronax, érudit de l’équipage captif et qui devient un véritable ami du Capitaine, Conseil, son fidèle accompagnant, et Ned Land, un harponneur qui ne pense qu’à s’échapper. A côté de ça, un personnage qui m’a laissée assez perplexe : Flippos, qui est en quelque sorte l’homme à tout faire et le domestique du Capitaine Nemo, qui se voit affublé de manières de benêt et de propos incohérents, voire de gesticulations dignes d’un singe, et est exploité au possible. Mais l’ambiance générale de la pièce, par l’interaction de tous ces personnages, est surtout comique, et c’est un autre point fort de la pièce ! Je ne m’y attendais pas du tout, pensant plutôt les œuvres de Jules Verne comme assez austères. Encore une fois, je ne sais pas si ce comique est déjà présent dans le livre de Jules Verne ou a été ajouté par le metteur en scène et les acteurs, mais on rit !

Un dernier mot, enfin, du rapport film/livre puisqu’on parle quand même d’une adaptation. Je n’ai pas lu le livre donc je ne peux pas en dire beaucoup si ce n’est ce qu’on m’en a dit, c’est-à-dire que les trois personnages recueillis à bord sont beaucoup plus développés dans la pièce que dans le livre et que le personnage de Flippos dans le livre n’a rien du personnage tristement (et drôlement ?) loufoque de l’adaptation ! Dites m’en plus si vous avez lu le livre 🙂

Quoi qu’il en soit, cette pièce m’a donnée envie de lire 20000 lieues sous les mers ! C’est surtout le personnage de Nemo qui m’a semblé intéressant et complexe…une personnalité assez fascinante et entourée de mystères ! Alors rendez-vous sûrement dans quelques mois pour ma chronique sur le livre 😉

20 000 lieues sous les mers,  d’après Jules Verne – Adaptation et mise en scène : Christian Hecq et Valerie Lesort –
avec : 
Christian Gonon (Ned Land),
Christian Hecq (le Capitaine Nemo),
Nicolas Lormeau (le Professeur Aronnax),
Jeremy Lopez (Conseil),
Elliot Jenicot (le Sauvage),
Louis Arene (Flippos),
– Scénographie et costumes : Eric Ruf – Lumieres : Pascal Laajili – Théâtre du Vieux Colombier – Comédie-Francaise

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Une réflexion sur “Soirée Théâtre #1

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